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Genre : Horreur (Interdit aux - 18 ans)

Année : 1979

Durée : 1h28

Synopsis : Dans un quartier malfamé de New York, un peintre sombre dans la folie à cause d'un groupe de rock installé juste au-dessus de chez lui et devient un dangereux meurtrier.

La critique :

Comme la plupart des cinéphiles, j'ai souvent entendu parler de Driller Killer comme d'une oeuvre extrême, sanglante et dérangeante. Pour rajouter à cette réputation, le film a longtemps été interdit en Angleterre ainsi que dans plusieurs autres pays. D'ailleurs, c'est William Friedkin lui-même qui, impressionné par le film d'Abel Ferrara, convaincra les dirigeants du studio Warner Bros de produire l'oeuvre suivante du cinéaste, à savoir L'Ange De la Vengeance.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, Driller Killer n'est pas le premier essai du cinéaste puisque celui-ci avait déjà signé une oeuvre sous le pseudonyme de Jimmy Boy L., mais c'est avec son second long-métrage que Abel Ferrara se fera réellement remarquer.

L'histoire est assez simple : Reno est un peintre sans le sou qui vit dans un quartier miteux de New York, avec sa compagne et la maîtresse de celle-ci. Un jour, un groupe de rock s'installe juste au-dessus de l'appartement de Reno. Dès lors, la vie du peintre devient un enfer. A cause du bruit, il peut difficilement travailler ou dormir. L'homme commence à devenir fou et en vient à tuer les clochards traînant dans son quartier, à coup de perceuse électrique.
Il faut l'admettre. Regarder un film aussi unique que Driller Killer est une drôle d'expérience. Pour ma part, j'ai presque eu l'impression de visionner un documentaire amateur, tant Abel Ferrara prend son temps pour montrer le quotidien des gens de la rue d'un quartier qu'à l'évidence, il connaît bien.

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Ces scènes ne concernent pas franchement l'histoire, mais rajoutent une ambiance étrange au film. Au moins, on sent clairement qu'Abel Ferrara sait de quoi il parle. Je tiens tout de même à prévenir ceux qui s'attendent à une oeuvre très sanglante, ce ne sera vraiment le cas que dans la dernière demi-heure du film où, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le personnage central ne s'en prend absolument pas au groupe de rock habitant au-dessus de chez lui, mais à son ancienne compagne qui vient de le quitter. On ne peut pas dire que le film soit bien joué, les acteurs sont tout de même assez mauvais et Abel Ferrara, qui s'est octroyé le rôle principal, est sans doute un bon metteur en scène, mais absolument pas un comédien valable. Au final, Driller Killer est un objet assez étrange, qui oscille entre le cinéma d'auteur (il y a énormément de scènes de remplissage) et le film d'horreur, encore une fois porté par une ambiance urbaine ou règne une violence omniprésente. 
Bref, le film ne plaira pas à tout le monde, mais reste le témoignage d'une époque pas si lointaine. Une oeuvre trash qui divise, mais mérite tout de même sa réputation d'O.V.N.I du cinéma. Mais attention, âmes sensibles s'abstenir !

 

Note : 16/20

titi Vince