Another Day In Paradise (1)

Genre : road movie, drame, policier (interdit - 16 ans)

Année : 1998

Durée : 1h45

Synopsis : Les Etats-Unis au début des années 70, un adolescent à la dérive vit de petits larcins... jusqu'à sa rencontre avec un truand charismatique qui devient son mentor. Ensemble, ils mettent au point un gros coup qui réussit. Mais le truand insiste pour recommencer, ce qui leur sera préjudiciable.

La critique :

Larry Clark a la réputation d'être un cinéaste plutôt anticonformiste, ce qui se vérifie grandement à la vision d'Another Day in Paradise, réalisé à la fin des années 1990. A cette époque, le cinéaste sort de cinq années d'absence, durant lesquelles il a été énormément courtisé par les grands studios hollywoodiens. Mais Larry Clark ne trouve pas, dans les scénarios envoyés et les propositions qui lui sont faites, de quoi le contenter. C'est la raison pour laquelle il décide de repartir sur un projet indépendant. Il y réunit James Woods (par ailleurs, producteur du film), Melanie Griffith, Vincent Kartheiser et Natasha Gegson Wagner, mais également Lou Diamond Phillips pour un petit rôle de trafiquant de drogue et tenancier d'un bar gay. Pour l'anecdote, Larry Clark aura beaucoup de difficulté à diriger Melanie Griffith sur le tournage, car les méthodes du cinéaste, et notamment sa volonté de laisser beaucoup d'improvisation aux acteurs, perturbent pas mal la comédienne.

Pour corser l'addition, cette dernière ne s'entend guère avec James Woods, son partenaire à l'écran. Par la suite, elle dira d'ailleurs de lui à l'issue du tournage : "Au début, on est content de jouer avec lui et plus on avance, moins on le supporte". Charmante ambiance. L'histoire d'Another Day In Paradise est donc centrée sur Bobbie, un jeune délinquant sans grande envergure. Il vit dans un appartement minable en compagnie de sa copine, Rosie, de petits trafics. 
Un jour, il est gravement blessé après avoir tenté de voler une somme d'argent dans une école. Revenue chez lui, un de ses copains lui propose d'appeler Mel, son oncle, qui pourra le soigner. Dès la première rencontre, les deux personnages commencent à établir un lien très fort, semblable à celui d'un père pour son fils.

 

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Mel décide alors de prendre le jeune garçon sous son aile et de lui apprendre quelques "trucs". Car l'homme est un voleur et trafiquant de drogue avec pas mal d'expérience et de réussite. C'est ainsi que Bobbie et Rosie quittent leur appartement pour une longue virée en compagnie de Mel et sa nana, Sid, une toxicomane à la quarantaine bien sonnée. Si les débuts se passent sans encombre, les problèmes arrivent assez rapidement quand Mel se trouve en possession d'une forte dose de came à refourguer. Another Day In Paradise est donc un road movie constitué de personnages tous assez allumés. 
Mais le plus atteint est sans doute Mel, un type colérique, qui ne supporte pas qu'on remette en cause son autorité. Dans le rôle, James Woods est tout simplement excellent et livre une prestation de folie. 

Acteur sous employé à Hollywood, le comédien est parfait dans la peau de ce personnage peu fréquentable, mais auquel on finit malgré tout par s'attacher. A ses côtés, Vincent Kartheiser est assez juste dans le rôle de Bobbie, tandis que Natasha Gregson Wagner est assez sexy dans son personnage de compagne très portée sur le sexe. Seule Melanie Griffith ne semble guère à l'aise dans l'univers du cinéaste, même si elle joue son personnage correctement. 
Le film est rempli de dialogues truculents et de scènes parfois drôles, notamment lorsque Mel se retrouve face à deux adolescents tentant de marchander sur le prix de la drogue. Ils ne sont pas vraiment à l'aise, ce qui va pousser le personnage incarné par James Woods à les remettre un peu en place en leur montrant sa détermination. Je terminerai la chronique en parlant de la prestation courte de Lou Diamond Phillips, qui incarne un dealer tatoué et patron d'une boite homosexuelle, et qui drague ouvertement tous les mecs à sa portée. Le comédien semble prendre beaucoup de plaisir à interpréter ce personnage, totalement à l'opposé de ses rôles habituels, et sa jubilation est souvent communicative. 
Au final, Another Day In Paradise est un road movie envoûtant sur fond de tubes de rhythm'n blues, une oeuvre très bien menée aux personnages totalement barges mais extrêmement attachants, et qui prend une résonance particulièrement tragique.

 

Note : 16/20

titi Titi