paranormal activity 2

 

Genre : épouvante, horreur 
Année : 2010
Durée : 1h31

Synopsis : L'esprit démoniaque du premier Paranormal Activity est de retour, et c'est une nouvelle famille fraîchement installée dans une belle demeure qui va en faire les frais. 

La critique :

Il fallait s'en douter. Suite au succès colossal et commercial du premier Paranormal Activity en 2009, un second chapitre, donc Paranormal Activity 2, est rapidement envisagé et même tourné dans la foulée. En outre, Paranormal Activity 2 fait à la fois office de suite et de préquelle puisque le film se déroule 60 jours avant la mort de Micah et se termine après la mort de l'infortuné.
Pour le reste, Oren Peli, réalisateur du premier opus, a cédé sa place à un certain Tod Williams, mais officie toujours derrière le scénario du film. Quant à son successeur, ce dernier s'est surtout distingué avec Lignes de Vie, en 2004. Toutefois, Tod Williams est essentiellement connu pour ses accointances avec l'actrice Famke Janssen de 1995 à 2000. A l'instar de son illustre devancier, Paranormal Activity 2 est conçu, pensé et réalisé comme un film d'horreur indépendant.

Une chimère en dépit, il est vrai, de son budget famélique pour ce genre de production. Toutefois, le long-métrage est estampillé et sponsorisé par la Paramount et Dreamworks. Ces deux grandes sociétés capitalistes ont parfaitement cerné l'ampleur de ce nouveau phénomène. En effet, le premier Paranormal Activity a ameuté les foules dans les salles. Surtout, il signe l'avènement et le grand retour du found footage dans le cinéma d'épouvante.
Paranormal Activity 2 n'a donc pas pour vocation de bouleverser les codes et les préceptes établis par son auguste épigone. En outre, on prend les mêmes ou presque... Et on recommence ! Malicieux, Tod Williams a bien l'intention d'appliquer à la lettre la formule de son devancier.

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De facto, le scénario de ce second chapitre brille avant tout par sa vacuité et son inanité. Attention, SPOILERS ! Une famille s’installe dans une nouvelle demeure. Les caméras sont là, les esprits aussi... La nuit, quand chacun dort, il se passe d’étranges phénomènes. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout ! En vérité, Paranormal Activity 2 pourrait presque s'apparenter à un quasi remake du premier.
Seules différences notables, Tod Williams et ses prosélytes se focalisent sur une autre famille tout en reprenant les deux principaux protagonistes du premier volet. Pour le reste, le film reste peu ou prou identique avec les mêmes dynamiques démonologiques et comminatoires qui ne tardent pas à se manifester à l'intérieur et à l'extérieur de la maisonnée.

Déguisé en suite et/ou en préquelle (finalement, on ne sait plus très bien...), le film s'ouvre sur la fin du premier opus. Puis, la caméra subjective, véritable "star" de la franchise, se centre sur des événements antérieurs mais annonciateurs de cette présence méphistophélique. Dès lors, Paranormal Activity 2 se focalise sur la famille de Kathie, l'héroïne possédée du premier.
Pour Tod Williams et ses scénaristes, le "mal" semble trouver ses fondements et ses origines dans la généalogie familiale. 
Toutefois, le cinéaste et ses ouailles éludent prestement ce dernier aspect pour se concentrer à nouveau sur plusieurs caméras (six au total). Certes, ici et là, le spectateur médusé sera convié à sonder et à analyser plusieurs phénomènes dits "paranormaux" : une porte qui s'ouvre et qui claque inopinément, un canidé qui aboie et qui semble suspecter une présence démoniaque, des individus en mode somnambulique qui arpentent et sillonnent les longs-couloirs de la maisonnée...

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Finalement, Paranormal Activity 2, c'est un peu l'interprétation du vide. Ou comment, à partir de quelques aboiements ou objets qui se meuvent discrètement dans l'habitat hanté, susciter la peur, l'effroi ou des cris d'orfraie ? A l'instar de son modèle, ce second chapitre provoquera lui aussi son lot d'atermoiements et d'interrogations, sans néanmoins apporter de réponse.
Sagace, Tod Williams reprend la recette de Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999), mais sans posséder le génie ni le talent de son modèle. D'où la sensation (désagréable) d'assister à un spectacle relativement fastidieux (pour être gentil...). Mais Paranormal Activity 2, c'est aussi cette formule gagnante. L'objectif n'est pas d'innover mais de flagorner un public déjà conquis à l'avance. Ici, on se fout royalement de la qualité du montage et de la mise en scène.
L'ingéniosité et l'inventivité sont totalement évincées au profit d'une production obsolète qui prend ses fans pour de vulgaires histrions. La saga Paranormal Activity est en marche avec sa pléthore de navets. Et le phénomène commercial n'est pas prêt de s'estomper.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver