Murder_Set_Pieces_2004

 

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans) 
Année : 2004
Durée : 1h31

Synopsis : Un photographe de mode est atteint de pulsions meurtrières envers les modèles qu'il rencontre au hasard. La soeur de sa petite amie développe des soupçons prononcés envers cet être cynique et froid, jusqu'à mettre sa jeune vie en péril. 

La critique :

Indiscutablement, c'est un parfum d'hérésie et de scandale qui nimbe Murder Set Pieces, réalisé par Nick Palumbo en 2004. Précédé d'une réputation sulfureuse, voué à l'opprobre et aux gémonies, le long-métrage ne sortira en France qu'en 2007, direction le bac à dvd. Dans d'autres pays, notamment en Irlande, en Norvège et au Royaume-Uni, Murder Set Pieces est carrément banni.
D'une durée initiale d'une heure et 31 minutes (pour être précis), le film se voit écourté de 23 précieuses minutes, pour un format (cut) de 68 minutes au final. La raison ? Murder Set Pieces ne fait pas dans la dentelle et montre plusieurs séquences réalistes de tortures, de meurtres et de viol sur des jeunes femmes et même des adolescentes. A l'origine, le long-métrage est conçu comme le remake de Maniac (William Lustig, 1980).

Pour mémoire, le film de William Lustig fait désormais partie des grands classiques du cinéma horrifique. Cette plongée dans les ténèbres et dans la psyché d'un psychopathe marque durablement les persistances rétiniennes. Au moment de sa sortie, Maniac suscite lui aussi les invectives et les quolibets. Joe Spinell, plus terrifiant que jamais, interprète le sociopathe et ce prédateur qui torture et supplicie des jeunes femmes anonymes dans les bas-fonds de la ville.
Avec Murder Set Pieces, l'objectif de Nick Palumbo est de proposer une nouvelle lecture de cette figure machiavélique, tout en déployant d'autres thématiques, notamment le nazisme, l'antisémitisme et les attentats du 11 septembre. Ce mal semble incarné par les tares de notre société consumériste et hédoniste. 

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Telle est l'idéologie prégnante de Murder Set PiecesHélas, le long-métrage est taxé de "raciste" par ses nombreux contempteurs. Ce qui explique toute la controverse et la censure autour de cette oeuvre scandaleuse et polémique. Reste à savoir si cette pellicule est bel et bien l'uppercut annoncé. En outre, la réponse est plutôt pondérée. Une thèse que nous développerons par la suite.
La distribution du long-métrage réunit Sven Garrett, Tony Todd, Cerena Vincent, Gunnar Hansen, Edwin Neal et Jade Risser. En outre, le scénario de Murder Set Pieces est de facture classique et conventionnelle. Attention, SPOILERS ! Un photographe de mode est atteint de pulsions meurtrières envers les modèles qu'il rencontre au hasard. La soeur de sa petite amie développe des soupçons prononcés envers cet être cynique et froid, jusqu'à mettre sa jeune vie en péril.

Certes, sur la forme comme sur le fond, Murder Set Pieces est bien le digne épigone de Maniac. Mais William Lustig, réalisateur du film initial, tance et vilipende la pellicule de Nick Palumbo. Non, Murder Set Pieces ne deviendra pas et ne sera pas le remake officiel de Maniac. En l'occurrence, il faudrait plutôt parler d'un remake officieux. Nick Palumbo est fustigé par son idole et doit se résoudre à sortir le film sans l'aval de son mentor. Et pourtant, les 45 premières minutes de Murder Set Pieces sont plutôt mitigées. Contre toute attente, le long-métrage n'est pas le festival de gore et de tripailles annoncées, tout du moins, dans sa première partie, assez fastidieuse, il faut bien le dire.
Ainsi, cette première section se centre sur le quotidien et les activités professionnelles de son tueur en série.

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En outre, le psychopathe du film ne ressemble pas vraiment à Leatherface, le "maniac" de Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974). Bien au contraire. L'homme est même régulièrement aguiché par de belles jeunes femmes. Ensuite, le criminel les entraîne chez lui pour des prétextes futiles, à chaque fois pour prendre des clichés de leur joli minois. Puis, la série de photographies se transforme en viol puis vers une descente inextinguible vers les limbes de l'enfer, plus précisément dans la cave ensanglantée du forcené. Alors que ce dernier s'adonne à son exercice favori, à savoir ses longues séances de musculature, plusieurs cadavres de femmes gisent et exhalent leur dernier soupir.
C'est la seconde partie du film, cette fois-ci beaucoup plus sanguinolente. En l'occurrence, Nick Palumbo fait preuve d'ingéniosité dans les meurtres et les tortures infligées aux victimes.

Murder Set Pieces brille surtout par son nihilisme et son réalisme brut de décoffrage, Nick Palumbo ne nous épargnant aucun détail morbide. Les activités sexuelles et meurtrières du sociopathe inquiètent une jeune éphèbe qui se retrouve dare-dare entre plusieurs dépouilles atrocement mutilées. Chaque meurtre est régulièrement entrecoupé par des flashbacks, puis par des images des attentats du 11 septembre. Le psychopathe du film voue une véritable fascination pour les exactions perpétrées par les nazis. Hélas, on ne comprend pas très bien le rapport, à priori intrinsèque, entre ses activités psychopathiques et cette fantasmagorie sous-jacente.
De surcroît, l'interprétation de Sven Garrett en maniaque sexuellement aboulique n'aide pas vraiment le film à déployer ses thématiques eschatologiques. D'où une impression assez mitigée lors du générique final. Si en matière de gore et de séquences extrêmes, le long-métrage tient les promesses annoncées, il n'atteint jamais la quintessence de Maniac ni de Massacre à la Tronçonneuse, deux oeuvres déjà précitées. En outre, Frank Khalfoun, le réalisateur du remake officiel et homonyme sorti en 2015, rendra une copie bien plus éloquente. Ce qui méritait d'être souligné.

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver