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Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 1994
Durée : 1h31

Synopsis : Tandis que Wes Craven écrit dans le plus grand secret un nouvel épisode de la série Freddy, l’actrice Heather Langenkamp reçoit de terrifiants coups de fil anonymes. Son fils Dylan souffre de troubles du comportement et lui révèle qu’il est poursuivi en rêve par un croquemitaine muni de griffes. Heather commence à penser que seul Freddy peut être à l’origine de tous ces incidents. 

La critique :

Comme une évidence. Après un premier chapitre, Les Griffes de la Nuit (Wes Craven, 1986), en apothéose, la saga consacrée aux meurtres perpétrés par Freddy Krueger était appelée à se déliter sous la caméra tremblotante de vulgaires tâcherons. Certes, La Revanche de Freddy (Jack Sholder, 1985) et Les Griffes du Cauchemar (Chuck Russell, 1986) permettront de maintenir vaguement l'illusion. Une chimère. Impression corroborée par les volets suivants.
Dès Le Cauchemar de Freddy (Renny Harlin, 1986), l'absoute déjà était pérorée par les producteurs d'Hollywood. Pourtant, Rachel Talalay tentera à son tour de s'approprier la figure méphistophélique dans un ultime chapitre, justement intitulé La Fin de Freddy : l'Ultime Cauchemar (1989). Nouvelle désillusion.

Les fans fulminent et réclament, à juste titre, le retour du célèbre démiurge, Wes Craven. Un nom qui semble sortir d'outre-tombe tant le cinéaste s'est confiné, depuis plusieurs années, dans la décrépitude, comme l'attestent les sorties de La Colline A Des Yeux 2 (1984), L'Amie Mortelle (1986) ou encore Shocker (1989). Le maître de l'épouvante doit sortir de cette impasse inextricable en ressuscitant ce mythe de naguère. Wes Craven entend alors la requête des fans désappointés.
Ce sera Freddy - Chapitre 7 : Freddy Sort de la Nuit (1994). Exempt les fans de la série, personne n'attend rien (ou presque...) de ce septième opus. Conscient de l'inanité et de la vacuité de la franchise, Wes Craven décide de signer un nouveau film plus personnel et surtout plus introspectif. 

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Freddy Sort de la Nuit doit évacuer ce brouillard, celui qui a obombé son croquemitaine dans des productions stériles et mercantiles. Il est donc nécessaire de détourner les codes et les préceptes établis par la saga. C'est sûrement pour cette raison que Wes Craven décide de réaliser un film dans le film. Sans le savoir, le maître de l'épouvante tient déjà le script d'une autre saga à succès : Scream. Wes Craven retrouve donc ses interprètes de jadis, en particulier Heather Langenkamp, héroïne infatigable (ou presque...) du premier, John Saxon et évidemment Robert Englund.
Viennent également s'ajouter Miko Hughes et Robert Shaye. Même Wes Craven vient participer aux inimitiés en jouant son propre rôle. De facto, Freddy Sort de la Nuit ne sera pas seulement un film dans le film, mais aussi un script dans le script.

Autant dire que le scénario s'annonce plutôt séduisant. Reste à savoir si le long-métrage tient (ou non) les promesses annoncées. Réponse dans les lignes à venir. Attention, SPOILERS ! Tandis que Wes Craven écrit dans le plus grand secret un nouvel épisode de la série Freddy, l’actrice Heather Langenkamp reçoit de terrifiants coups de fil anonymes. Son fils Dylan souffre de troubles du comportement et lui révèle qu’il est poursuivi en rêve par un croquemitaine muni de griffes.
Heather commence à penser que seul Freddy peut être à l’origine de tous ces incidents. 
Cette fois-ci, le spectateur est carrément convié à sonder et à analyser les coulisses du prochain Freddy. Lorsque la fiction vient se mêler à la réalité... A moins que ce ne soit l'inverse. 

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Au moins, Freddy Sort de la Nuit se démarque par sa sagacité et son ingéniosité. Pourtant, ce n'est pas forcément ce concept alambiqué qui séduit lors du visionnage de ce septième chapitre, mais à nouveau ce déclin parental et familial. A l'instar de ses propres parents, Heather Langenkamp, ancienne victime de jadis, voit son propre fils arborer les griffes acérées de Freddy. Le croquemitaine, toujours aussi pernicieux et cupide, se nourrit des propres failles et des rêves ensanglantées de ses futurs souffre-douleurs. Certes, par d'habiles subterfuges, Wes Craven brocarde toutes ces figures méphistophéliques du passé. A son grand regret, tous ces monstres de naguère sont devenus obsolètes et désincarnés.
Hélas, Freddy Krueger n'échappe pas à la règle. Narquois, Wes Craven reprend les ingrédients qui ont signé l'avènement du démon incube.

Ainsi, le long-métrage s'attarde longuement sur la conception de la créature. Plus que jamais, la naissance ou la résurrection de cette dernière n'appartient qu'au bon vouloir de son maître. Au grand dam de Heather Langenkamp. Vous l'avez donc compris. On tient là un vrai scénario, assez complexe et nébuleux qui nécessite, probablement, plusieurs niveaux d'analyse. Hélas, dans ce carcan scénaristique, le croquemitaine brille surtout par ses maigres apparitions.
Contre toute attente, Wes Craven se montre assez pingre et timoré en matière de séquences horrifiques. Il faudra donc s'armer de patience avant de voir la gueule de Freddy s'entrouvrir pour tenter de dévorer un jeune gosse éploré. Peine perdue. Le célèbre croquemitaine semble condamné à rester dans sa tanière et Wes Craven avec ! Une semi déception ou une semi réussite. Vous choisirez.

Note : 11.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver