paranormal activity 3

Genre : épouvante, horreur 
Année : 2011
Durée : 1h24

Synopsis : Les origines des phénomènes paranormaux qui poursuivent la jeune Kate, à travers un prequel qui revient sur sa jeunesse..

La critique :

Comme une vague impression de déjà-vu. Après le succès colossal de Paranormal Activity (Oren Peli, 2009), il était logique que le premier chapitre se transforme en saga cupide et lucrative. La recette ? Toujours la même antienne. Un budget impécunieux, des acteurs méconnus du grand public, un film tourné comme un documentaire et une caméra subjective qui filme des événements surnaturels. 
Oren Peli ne fait qu'appliquer à la lettre et à la virgule près la formule de Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999), à la seule différence que les inimitiés ne se déroulent plus dans une forêt démoniaque et ensorcelée, mais dans une demeure opulente et habitée par un couple lambda. A son tour, Paranormal Activity 2 (Tod Williams, 2010) réitère le même procédé, donnant l'impression d'une franchise déjà redondante et obsolète.

A peine un an plus tard, c'est au tour de Paranormal Activity 3 de hanter nos écrans effarouchés. A l'instar des deux premiers chapitres, le long-métrage est nanti d'un modeste budget (à peine cinq millions de dollars) et se solde par un succès triomphal, engrangeant à nouveau des recettes faramineuses. Pour ce troisième avatar, changement à nouveau de réalisateur sous l'égide d'Henry Joost et Ariel Schulman. Les deux compères se sont essentiellement illustrés dans des courts-métrages et des documentaires. Petite piqûre de rappel. Dans Paranormal Activity 2, le scénario se centrait sur les événements antérieurs au premier volet. A ce titre, Paranormal Activity 3 fait figure de préquel et a pour vocation de sonder la genèse de ces activités démonologiques. 

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Bref, on prend les mêmes et on recommence... ou presque ! A fortiori, le but de Paranormal Activity 3 n'est pas spécialement d'innover. Pourtant, ce troisième chapitre est souvent considéré comme le meilleur film de la pentalogie. Reste à savoir si sa réputation est bel et bien justifiée. Réponse dans les lignes à venir. Inutile de mentionner les acteurs, à moins que vous connaissiez les noms de Lauren Bittner, Christopher Nicolas Smith, Chloe Csengery, Jessica Tyler Brown et Dustin Ingram, mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! (1) L'histoire se déroule en 1988, bien avant les événements du premier opus.
Katie et Kristi, deux sœurs, ainsi que leur mère Julie et leur beau-père Dennis, emménagent dans une nouvelle maison et deviennent témoins de phénomènes plus qu'étranges.

Pour tirer les choses au clair, Dennis décide d'installer des caméras dans la maison ; ce que les bandes enregistrent semble se concentrer autour de Katie et Kristi et dépasse de loin tout ce qu'ils pouvaient imaginer. Vivre ou mourir, un choix que Dennis va devoir faire pour tuer le démon (1). 
Alors, quoi de neuf sous le soleil ? La réponse est simple. Si vous avez adoré le premier Paranormal Activity, vous pouvez vous précipiter sur ce troisième opus !
En revanche, si le premier volet vous a laissé un sentiment d'amertume, merci de passer votre chemin et d'aller faire un petit tour ! En l'état, Paranormal Activity 3 réussit là où échouait lamentablement son prédécesseur. 
Cette fois-ci, plus question de jouer la carte de la suggestion via une ombre qui semble arpenter les couloirs de la maisonnée entre 3h12 et 3h13 du matin. 

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En l'occurrence, Henry Joost et Ariel Schulman jouent à fond la carte de la caméra subjective. Mieux, la caméra opère un mouvement de gauche à droite (et inversement) dans la demeure hantée. Si la trame scénaristique est de facture classique et laconique, le long-métrage propose plusieurs séquences de frousse savamment troussées. Au détour d'une saynète élusive, c'est la nourrice qui est tarabustée par une présence fantomatique et drapée d'une toge de couleur d'albâtre.
Puis, le jeu se transforme en chansonnette effrayante ("Bloody Mary ! Bloody Mary ! Bloody Mary !") et en exercice d'autoscopie mentale. Clairement, Henry Joost et Ariel Schulman ne manquent pas d'imagination. Enfin, la franchise exploite tout le potentiel de ses présences démoniaques, jusqu'à se transmuter en nouvel avatar de Rec (les zombies en moins), notamment dans ses vingt dernières minutes. A ce titre, la conclusion finale manque singulièrement d'éloquence, annonçant évidemment un inévitable quatrième chapitre. Qui en doutait ?
L'objectif est donc de pousser toujours plus loin un concept qui montrait déjà ses limites dès le second chapitre. A réserver aux fans invétérés de la franchise, donc.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paranormal_Activity_3