ring 1998

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)

Année : 1998

Durée : 1H32

L’histoire : Une rumeur court sur une cassette vidéo maudite qui, une fois visionnée, provoque la mort horrible du spectateur 7 jours plus tard. Une journaliste visionne la vidéo et reçoit un mystérieux coup de téléphone. Elle a désormais sept jours pour enrayer la malédiction.

 

La critique :

Ces dernières décennies, les meilleurs films d’épouvante horreur nous sont incontestablement venus de l’est. Pourquoi ? Probablement parce que le cinéma asiatique sort des conventions et des formatages établies par Hollywood. Ensuite, c’est parce que ce cinéma parvient avec brio à allier modernisme et vieux contes de fantômes asiatiques. A ce niveau là, Ring, réalisé par Hideo Nakata en 1998, s’est hissé au rang de film culte et de référence en matière d’épouvante. Et pour cause, le film est tiré d’une nouvelle de Koji Susuki surnommé le Stephen King japonais. 
Attention SPOILERS ! Au Japon, un soir, deux jeunes étudiantes s’amusent à se faire peur en évoquant la légende d’une cassette vidéo maudite qui provoquerait la mort 7 jours après l’avoir visionnée. Mais ce soir là, quelque chose d’étrange se passe.

Plus tard, l’une des deux étudiantes est retrouvée morte avec une expression de tétanie sur le visage. Cette mort surprend, ce qui pousse une journaliste, Reiko Asakawa, tante de la victime, à mener une enquête. Les étudiants qu’elle interroge la dirigent vers cette fameuse rumeur de cassette vidéo maudite. Selon eux, après l’avoir visionnée, on reçoit un coup de téléphone mystérieux pour vous annoncer que vous mourrez dans sept jours. En enquêtant, Reiko découvre que d’autres étudiants amis de la victime sont morts mystérieusement au même moment avec cette même expression de tétanie sur le visage. 
Elle finit par découvrir que la vidéo, a été visionnée par les jeunes personnes décédées, dans un chalet de location. En s’y rendant, elle met la main sur la vidéo en question et la visionne. Elle reçoit alors un mystérieux coup de fil. Bien vite, elle comprend que la malédiction est sur elle et qu’elle n’a que sept jours pour l’enrayer.

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Pour cela, elle va faire appel à son ancien mari. Mais la situation s’envenime quand le fils de Reiko visionne à son tour la vidéo. Reiko va alors tenter de sauver toute sa famille. Le scénario reprend donc la nouvelle de Susuki. En réalité, Hideo Nakata n’est pas le premier à adapter cette nouvelle, puisqu’une série télévisée avait déjà vu le jour. Cependant avec cette adaptation cinéma, le réalisateur a bien l’intention de renouveler le genre. Et on peut dire qu’il réussit son coup. 
Clairement, Ring s’impose comme un des films les plus terrifiants jamais réalisés. Cette réussite est due, entre autres, à ce mélange de modernisme et de vieux films de fantômes japonais, appelés Yurei EigaRing nous situe donc dans une banale histoire de fantôme et de malédiction fantastique. Le modernisme vient du fait que cette malédiction est liée à la technologie, en l’occurrence une cassette vidéo.

Pour information, cette histoire est directement tirée d’une véritable légende urbaine japonaise concernant une cassette vidéo maudite qui ferait mourir de peur quiconque la visionne. Et autant dire que c’est un régal pour les cinéphiles et une idée originale qui touche directement les amateurs de films d’épouvante. Ainsi, Ring ne s’articule pas comme un film d’épouvante classique, l’histoire étant avant tout construite comme un labyrinthe sur la base de l’enquête menée par la journaliste dans le film. Une enquête qui aura ses moments de terreur absolue, mais également ses temps morts, histoire de laisser le spectateur décompresser un peu. Car clairement, Ring impose une tension de tous les instants. Ainsi, le réalisateur alterne certaines scènes de la vie quotidienne avec des moments de terreur incroyable. Comment ne pas citer la scène dans le puits où la journaliste mène une véritable course contre la montre avant le délai accordée par la malédiction ? Ou encore la scène ou la jeune femme se réveille en pleine nuit découvrant son fils en train de visionner la maléfique vidéo.

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Mais la palme revient sans conteste au final o% le mari voit littéralement l’esprit vengeur de la vidéo apparaître sur sa télévision pour se diriger droit vers l’écran et passer au travers. En réalité? ces scènes doivent beaucoup à la mise en scène de Nakata? qui parvient à saisir mille petits détails pour créer une sensation de malaise et de terreur chez le spectateur. Ainsi pour rendre la démarche du fantôme surnaturelle, le réalisateur a filmé l’actrice en train de marcher en reculant, puis il déroule la séquence à l’envers, donnant ainsi à son fantôme une démarche spectrale et surnaturelle. Un détail qu’on ne peut deviner bien évidemment, mais que vous percevez inconsciemment. 
Et c’est cela l’essence de la mise en scène de Ring. Sur ce dernier point, le Spectre de Sadako pose sa marque dans la culture populaire. Ce fantôme de fillette à la robe blanche et à la chevelure démesurée cachant littéralement son visage s’inscrit à la fois dans la tradition du Yurei, mais également dans celle du théâtre kabuki.

D’ailleurs, Nakata est très malin et prend bien soin d’entourer son personnage de mystère ne dévoilant que très très peu de chose. On ne verra même pas le visage de Sadako, si ce n’est un œil et on ne connaît au final quasiment rien de son passé. Et c’est ce qui rend le personnage terrifiant, son côté énigmatique. Par ailleurs, le personnage de Sadako fait référence à la culture populaire, si bien que même dans les cours d’écoles japonaises, s’était développé le « jeu de Sadako », un jeu interdit dans toutes les écoles. Parmi les autres personnages, on trouve la mère de Sadako, qui est basée sur une personne ayant réellement existé et qui, selon certains, avait le don de voyance. 
Quant aux personnages principaux, ils sont pour le moins attachants. Nakata met en scène une famille disloquée (une obsession chez le réalisateur). Les acteurs, Nanako Matsushima, Hiroyuki Sanada et Rikiya Otaka entre autres, livrent de très bonnes prestations, contribuant largement à rendre leur personnages réalistes.

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On peut aussi parler de la fameuse vidéo maudite que le spectateur verra aussi. Une vidéo en noir et blanc qui parvient vraiment à dégager une certaine étrangeté. Là encore, le réalisateur a recours à des animations ingénieuses. Cette vidéo paraît tellement réaliste avec son aspect à la fois amateur et surnaturel. On peut également évoquer le décor du film. Nakata nous place dans un décor qui se veut le plus proche possible du quotidien. C’est aussi ce qui fait la force de Ring, le fait que cette histoire se déroule dans un décor quotidien parfaitement crédible et habituel. 
Le spectateur se sent totalement immergé. Pour autant, ce décor quotidien n’empêche pas le réalisateur de mettre en place une ambiance glauque et comminatoire. Et que dire de la musique ? Pour la bande originale du film, Nakata a fait appel au compositeur Kenji Kawai. Ce dernier crée une musique totalement angoissante qui repose davantage sur les ambiances sonores. En effet, Kawai a lui-même affirmé qu’il refusait de composer une mélodie pour un film d’horreur craignant que celle-ci détourne l’attention du spectateur. Ainsi il joue davantage sur les détails sonores qui créent un climat véritablement angoissant. 
Il est clair que Ring nécessiterait une analyse beaucoup plus approfondie tant le réalisateur s'appesantit sur chaque menu détail. Hideo Nakata signe donc un monument de l’épouvante et un authentique chef d’œuvre. Le film aura une énorme influence, donnant lieu à plusieurs suites et remakes qui ne l’égaleront jamais. 

 

Note : 18/20

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P.S. = Si vous visionnez ce film, pensez surtout à en faire une copie pour quelqu’un d’autre avant sept jours sous peine de mort !