avengers

Genre : science-fiction
Année : 2012
Durée : 2h23

Synopsis : Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l'organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents. Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d'autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité. 

La critique :

Il fallait s'en douter. Après l'immense succès du premier X-Men (Bryan Singer) en 2000, les super-héros signaient leur grand retour dans les salles de cinéma. Mieux, cette renaissance devait se transmuter en hégémonie lucrative. Tous les super-héros Marvel ou de divers comics (entre autres, ceux de DC Comics et ceux griffonnés par Frank Miller) devaient connaître leur quart d'heure de gloire et de notoriété, via de nouvelles sagas mercantiles, de préquels et/ou de spin-off répétés à satiété.
Que ce soit Iron Man, Les Quatre Fantastiques, Batman, Superman, Spider-Man ou encore Deadpool, tous, sans exception, sont prédestinés à ériger (et à exalter) une Amérique libertaire et menacée par les forces du mal. Mais cette fois-ci, point de terroriste ou d'attentat post-11 septembre.

En outre, la menace prend souvent la forme de vils extraterrestres ou de bad guys aux intentions bellicistes. Que la plèbe se rassure, elle peut compter sur la vaillance et l'abnégation d'un milliardaire féru de robotique et de numérique (Tony Stark), d'une chauve-souris au costume corseté protégeant les rues de Gotham (Bruce Wayne) ou encore d'un kryptonien déjouant les plans machiavéliques de Lex Luthor (Clark Kent alias Superman). Mieux, tous ces super-héros doivent former des groupes ou des ligues de justiciers pour ferrailler contre ces forces démoniaques et incoercibles.
Telle est la rhétorique d'Avengers, réalisé par Joss Whedon en 2012. Vers le milieu des années 2000, la saga X-Men est au faîte de sa gloire. Ce véritable armada de super-héros inspire évidemment les producteurs vaniteux et cupides.

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Dans un premier temps, les studios Marvel et Paramount Pictures envisagent plusieurs films, chacun devant s'attarder longuement sur chaque super-héros. Mais le projet est finalement abandonné. Qu'à cela ne tienne, suite au succès du premier Iron Man (Jon Favreau, 2008), l'homme de fer doit s'empoigner avec de nouveaux compagnons de fortune. Ils se prénomment Hulk, Captain America, Thor, la Veuve Noire et Oeil de Faucon. A l'instar des X-Men, les "Vengeurs" sont eux aussi appelés à s'allier pour combattre les turpitudes et les projets diaboliques d'un certain Loki.
Blockbuster oblige, Avengers est nanti d'un budget colossal, soit 220 millions de dollars. Que les producteurs se rassurent, cette somme faramineuse sera justement récompensée, le long-métrage se soldant par un succès mondial.

Le budget est même amorti lors de sa première semaine d'exploitation. La distribution du film réunit Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Stellan Skarsgard et Gwyneth Paltrow. Viennent également s'ajouter, mais dans des rôles et/ou des apparitions très secondaires, Harry Dean Stanton, Lou Ferrigno (qui vient prêter sa voix à Hulk), Paul Bettany et Josh Brolin.
Avengers, c'est donc un casting prodigieux pour une production gargantuesque qui a pour vocation de sonner le tocsin et la quintessence des super-héros au cinéma. Il n'est donc pas très étonnant de retrouver Walt Disney derrière ces inimitiés. Ou lorsque Marvel et consorts doivent (à tout prix) flagorner le grand public. 

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Non, Avengers et ses prochains succédanés ne seront pas seulement des foucades passagères. Comprenez bien : vous allez en prendre... en manger... en bouffer pour dix... quinze... même vingt longues années, juste le temps que le public se lasse ou se délite au fil des Captain America : Civil War (Joe et Anthony Russo, 2016) ou autres productions infatuées. Attention, SPOILERS ! 
Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l'organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents. Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d'autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité.

Inutile de revenir sur les fondements et les intentions d'Avengers, cette nouvelle surper grosse production qui a bien l'intention d'estourbir Hollywood et même le monde entier. Au moins, Joss Whedon a le mérite de ne pas prendre le public pour de vulgaires benêts. Les Avengers ne sont pas là pour une mission de routine ou une petite peccadille. Leur mission ? Sauver le monde des plans machiavéliques ourdis par Loki via son cube cosmique, l'objet se transmutant soudainement en une sorte de trou de ver, et ouvrant ainsi une porte unidimensionnelle à de vils extraterrestres.
Une simple frivolité pour ce colosse de Hulk qui enchaîne les bourre-pif à profusion sous le regard hébété de ses acolytes. Toutefois, Joss Whedon élude l'écueil du gros film d'action dégénéré au profit d'une trame scénaristique crédible et qui privilégie chacun de ses protagonistes.
 

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Dans ce véritable carcan d'explosions, de conflagrations et de déflagrations ad nauseam, cette nouvelle ligue de justiciers s'empoigne, s'admoneste mais parvient tout de même à se coaliser, au grand dam de Loki. Oui, le spectacle condescendant et grandiloquent est bel et bien au rendez-vous, toujours (évidemment) sous l'égide du consumérisme et au nom de la bannière étoilée, production Marvel et Paramount oblige. Bien sûr, les contempteurs chercheront, probablement, certains menus défauts.
Par exemple, Loki, le grand bad guy de l'histoire, paraît un peu timoré face à ces Vengeurs qui ne manquent pas de vaillance ni de pugnacité. Clairement, Avengers marque une nouvelle rupture rédhibitoire dans l'univers étriqué des super-héros. Désormais, ces derniers doivent non seulement s'allier pour vaincre les forces du mal, mais ils doivent aussi pulluler sur nos vastes écrans et même se colleter jusqu'à satiété et provoquer la nausée. Malicieux, Joss Whedon multiplie les séquences d'action homériques, tout en rajoutant une bonne dose d'autodérision.
Enfin, tout semble possible et permis sur pellicule, jusqu'à la fin du monde. Une formule qui sera à nouveau appliquée à la lettre avec un inévitable second chapitre, Avengers : L'Ere d'Ultron en 2015, et toujours sous la férule de Joss Whedon, mais sans réitérer la performance de son auguste modèle.

Note : 14/20

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