arton4181173

 

Genre : Thriller, policier, érotique (interdit aux - 16 ans)

Année : 1992

Durée : 2h10

 

Synopsis :

Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d'une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu'il faisait l'amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romancière. Au cours de son enquête, il s'aperçoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu'enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

 

La critique :

Voici encore une chronique alternative avant la fin de cette série de films japonais en l'honneur de Tsukamoto pour un des grands films des années 90 qui aura définitivement marqué le monde du cinéma. Un film au parfum de scandale signé Paul Verhoeven, réalisateur néerlandais n'ayant jamais hésité à aller à contre-courant du cinéma hollywoodien déjà dans ses prémices de standardisation et de recherche du profit avant la qualité. Un réalisateur qui aime le scandale et a déjà déclenché, à de nombreuses reprises, l'hostilité des critiques bien-pensantes en raison d'une grande violence, pour l'époque, affichée dans des titres tels que Robocop ou Total Recall , ou encore érotiques avec Showgirls et le film qui va vous être présenté aujourd'hui, soit Basic Instinct, ou l'un de ses plus grands films, considéré par beaucoup comme le point culminant de sa carrière. Opinion face à laquelle je ne sais dire grand-chose vu que je n'ai pas encore visionné beaucoup de films (à peine 3).
Un point culminant qui aura suscité la controverse avant même sa sortie en raison de nombreuses scènes de sexe explicites et d'une esthétisation de la violence.

Ainsi, les activistes de la LGBT vont violemment critiquer le film pour la manière dont sont décrites les relations homosexuelles et le portrait d'une femme bisexuelle associée à une meurtrière sociopathe. Vous n'avez rien compris à leurs critiques et leurs intentions ? Moi non plus mais il n'empêche que cette stupide ligue perturbera à de nombreuses reprises le tournage et feront pression à tel point que le scénariste voudra modifier certaines lignes de son script. Intention strictement refusée par Verhoeven qui obligera le scénariste à se retirer du projet après que celui-ci ait touché 3 millions de dollars, soit la somme la plus élevée jamais payée pour un scénario. L'une des modifications pensées était de remplacer Nick Curran par une lesbienne en montrant que la meurtrière pouvait aussi bien tuer des hommes que des femmes. Vous trouvez cette possible modification absolument risible et incompréhensible ?
Moi aussi mais heureusement, cela ne restera qu'à l'état d'intention. Cel qui ne fera que redoubler les perturbations durant le tournage ainsi que durant le lancement du film. Pour couronner le tout, le film sera amputé de certaines scènes afin de lui éviter le classement NC-17 tandis que la version intégrale sera visible en Europe.

Comme dit avant, à sa sortie, les critiques seront mitigées voire parfois même mauvaises. Les reproches pleuvent en qualifiant le film de pornographique, misogyne et homophobe. Vous ne comprenez pas ces reproches ? Moi non plus. Fort heureusement, les critiques internationales, qui accueilleront le plus favorablement le film, saluent la qualité du film et la performance de nos acteurs principaux. Cela propulsera la carrière de Sharon Stone au rang de star du cinéma et de sexe symbole international. Malgré tout ce fatras, le film sera un gigantesque succès commercial en se plaçant comme film ayant réalisé le plus d'entrées en 1992 et comme l'un des films les plus rentables des années 90.
Deux nominations pour 2 Oscars et 2 Golden Globes sont aussi à mentionner. Trois paragraphes autour de la riche histoire de ce film et maintenant passons à la chronique.

basic-instinct_414757_22622

ATTENTION SPOILERS : Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d'une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu'il faisait l'amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romancière. Au cours de son enquête, il s'apercoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu'enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari. FIN DES SPOILERS.
On peut dire que ce film, qui lança la mode du thriller érotique, peut se targuer d'afficher un synopsis riche en mystères et n'a pas démérité son statut de film appelé à devenir culte s'il ne l'est pas déjà. Verhoeven affiche ainsi sans le moindre complexe une relation en apparence fusionnelle de 2 personnages que tout oppose.

Alors que Nick Curran est un inspecteur de police lambda aux moyens financiers limités et au passé trouble gangréné par l'alcoolisme et la drogue, Catherine Tramell est une femme raffinée et possédant une richesse considérable provenant de l'héritage de ses parents tués dans un accident de bateau suspect. Un antagonisme superbement mis en scène et cassant le stéréotype de la femme vénale (mais à part ça, le film est misogyne et blablabla...). Les relations sexuelles sont omniprésentes sans jamais bouffer le film et détruire le scénario en le transformant en vulgaire film érotique pseudo-intelligent. Les scènes érotiques sont rendues belles, sensuelles et volontairement esthétiques sans jamais trop d'artifices. Le réalisateur a eu l'intelligence de balayer toute forme de voyeurisme pour apporter une intensité et une sensualité difficilement supportables pour le sexe masculin.

1-mxvpy11xrxixb6fw96yccy6di9ody64lf83gtgvst0

Ainsi, Basic Instinct sera rendu davantage célèbre par la fameuse scène mémorable au commissariat de police dans laquelle Catherine Tramell, habillée d'une robe blanche courte, sera interrogée en compagnie d'inspecteurs aux yeux difficilement contrôlables. Celle-ci décroisant et recroisant très lentement ses jambes pour constater à cet instant que l'actrice ne porte pas de culotte. Une séquence qui ne sera apprise par Sharon Stone qu'à la projection des rushes où elle sera choquée de voir que l'on voyait clairement à l'écran qu'elle ne portait pas de culotte.
Le réalisateur lui ayant sorti le prétexte que la culotte ferait apparaître une tâche claire à l'écran. Qu'à cela ne tienne, cette scène plutôt émoustillante est un témoignage de la grâce de ce film ne sombrant jamais dans le vulgaire et le putassier. 
A ce sujet, la prestation de Sharon Stone en mante religieuse manipulatrice est impeccable tant l'actrice est investie dans la peau de son personnage. Michael Douglas n'est pas en reste en étant aussi très impliqué dans la peau de son personnage d'inspecteur paumé. Son implication ira jusqu'à la poursuite en voiture où il assurera lui-même la séquence. 

Basic_Instinct-1473282107-726x388

Les autres acteurs, bien que forcément éclipsés, apportent une certaine forme de charisme. On pourra à juste titre mentionner le personnage de Roxie incarnée par Leilani Sarrelle, elle aussi à la fois sensuelle et dangereuse. Néanmoins, Sharon Stone restera la grande vedette de ce film et c'est en grande partie grâce à elle que ce duo est souvent considéré comme l'un des plus marquants vus dans le cinéma, bien que je ne dénigre pas Michael Douglas avec son charisme et sa très bonne prestation. Basic Instinct a aussi été rendu célèbre par sa fin volontairement ouverte et dupant complètement le spectateur, en l'espace d'à peine 3 secondes, et qui ne mérite bien évidemment pas d'être racontée ici par respect pour, j'espère, les rares qui n'auraient pas vus ce film. Au-delà de ça, difficile par contre d'être conquis par l'architecture du film somme toute assez banale et sans réelle artifice, qui fait que l'on bave devant les décors restant bien sûr toujours bien filmés, avec une fréquence régulière de plans panoramiques sur la côte est et la ville de San Francisco. De toute façon, le film n'est pas sujet à ça et reste avant tout une incroyable machination orchestrée de main de maître et conférant au spectateur un ennui absent en raison d'un scénario bien développé et surtout mystérieux, où Verhoeven s'est admirablement amusé à brouiller les pistes.

Qui dit la vérité ? Catherine Tramell est-elle bien le meurtrier ? Ces questions resteront en suspens et il faudra attendre la dernière partie pour ça si encore, on est parvenu à comprendre la fin, ce qui n'est pas si évident. J'ai moi-même été glaner quelques théories ici et là sur Internet pour faire de l'ordre dans ma tête. En conclusion, Basic Instinct est sans nul doute un très bon film, à mi-chemin entre le film de grande envergure et le film d'auteur. La patte de Paul Verhoeven est là sans oublier son talent qui fait qu'il se débrouille aussi bien dans la science-fiction, le drame et le thriller.
Multipliant les fausses pistes à foison pour surprendre dans les règles de l'art le spectateur avec une vraie fin, il nous offre une intrigue pensée et intelligente balayant sans le moindre souci les critiques de faibles d'esprit, reprochant au film d'être une "immonde bouillie pornographique misogyne". Bien que ce film est sujet à controverse en raison de sa réputation de chef d'oeuvre absolu du réalisateur, il n'en reste pas moins qu'on tient là un thriller brillant, sous fond de machination et de sensualité.
Je vous ferai grâce d'éviter la suite, inutile et désastreuse, sortie en 2006 par les rapaces de Hollywood.

 

Note : 16/20

 

orange-mecanique Taratata