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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2013
Durée : 1h26

Synopsis : Apprenti top model, Katie court les castings. L'un d'entre eux tourne au cauchemar. Violée, torturée et laissée pour morte, la jeune femme entreprend alors de se venger

La critique :

1972. La sortie de La Dernière Maison sur la Gauche, réalisé par Wes Craven, marque l'avènement d'un nouveau genre : le rape and revenge. Pourtant, d'un point de vue scénaristique, le long-métrage de Craven s'inspire déjà de La Source (Ingmar Bergman, 1960), souvent considéré comme le tout premier film de genre. Mais La Dernière Maison sur la Gauche est auréolé d'une réputation outrageante et sulfureuse, si bien que le film s'impose durablement parmi les chocs frontaux et extrêmes.
C'est dans ce contexte qu'il engendre une nouvelle vague de productions de vindicte au féminin. En 1974, Crime à Froid (Bo Arne Vibenius) raconte aussi l'histoire d'une jeune femme violée, torturée et suppliciée par d'ignobles tortionnaires. Puis en 1978, c'est au tour de Day of the Woman (Meir Zarchi) de marquer durablement les persistances rétiniennes.

Ce dernier film sort sous plusieurs intitulés, notamment Oeil pour Oeil dans nos contrées hexagonales, mais surtout sous le titre de I Spit On Your Grave. Le long-métrage s'inspire également d'un terrible fait divers. Très vite, Day of the Woman s'octroie le statut de film culte et de classique du rape and revenge. Puis, dans les années 2000, avec la profusion de remakes horrifiques et notamment le succès de Massacre à la Tronçonneuse, sous l'égide de Marcus Nispel et Michael Bay en 2003, la machine hollywoodienne réitère ses succès de jadis.
C'est dans ce contexte qu'un remake de Day of The Woman est rapidement envisagé. Le métrage est produit et réalisé par Steven R. Monroe. Ce sera I Spit On Your Grave (2010). 

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Plus qu'un remake, le film s'inscrit dans la mouvance du torture porn et reprend les grandes lignes du matériel original à travers l'histoire de cette cacographe rudoyée et violée par une bande de tortionnaires. Sa vengeance sera terrible et sanglante. Si le film ne bénéficie pas d'une sortie dans les salles de cinéma, il se solde néanmoins par un succès commercial en vidéo. Sous l'égide de la censure, le long-métrage suscite les invectives et la controverse.
Paradoxalement, Steven R. Monroe jubile. Une suite, donc I Spit On Your Grave 2, est rapidement envisagée en 2013. Cette fois-ci, changement de casting. Sarah Butler, la star du premier volet, est évincée par le joli minois de Jemma Dallender, inconnue au bataillon. Viennent également s'ajouter Joe Absolom, Yavor Baharov, Aleksandar Aleksiev et Mary Stockley.

Quant au scénario, peu ou prou de surprises. On prend les mêmes (ou presque) et on recommence ! Attention, SPOILERS ! Apprenti top model, Katie court les castings. L'un d'entre eux tourne au cauchemar. Violée, torturée et laissée pour morte, la jeune femme entreprend alors de se venger. Jusqu'ici, le scénario est de facture basique et conventionnelle. Toutefois, c'est dans sa seconde partie que I Spit On Your Grave 2 se démarque de son auguste épigone.
Visiblement, Steven R. Monroe affectionne la surenchère et les lubricités. Alors, autant signer un scénario ubuesque et amphigourique. 
En outre, le producteur et réalisateur aurait dû intituler cette suite : "J'irai cracher sur ton script ", tant le scénario brille par son amphigourisme et sa vacuité. 

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Comprenez bien. La nouvelle héroïne de ce second chapitre doit être inlassablement violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée, violée... encore violée et toujours violée.

Donc, autant prévenir les âmes sensibles et même les associations féministes. Hélas, vous risquez souvent de lire les mots "viol" et "violée" durant cette chronique. Inlassablement. Invariablement. Inexorablement. Tout commence dans l'appartement de Kathie, dans un premier temps violée par une sorte de pervers lubrique et incontrôlable. Puis, sous l'effet de la drogue, elle est kidnappée et se retrouve quelque part en Bulgarie. A nouveau violée - juste histoire de - elle doit alors subir les foudres et les impudicités de plusieurs agresseurs, qui la violent à leur tour. 
Malheureusement, son supplice n'est pas terminé. Loin de là. Probablement destinée à la prostitution, elle est encore violée par un cinquantenaire libidineux et sadomasochiste. Conspuée, répudiée, torturée et morigénée, elle est alors enterrée mais parvient à se libérer de ce joug au masculin.

Kathie peut enfin entreprendre sa terrible quête de vengeance. Dès lors, I Spit On Your Grave 2 accumule les séquences les plus outrancières, notamment une émasculation dans les règles. Rarement, un torture porn n'aura montré autant de cancrerie, d'arrogance et de condescendance, le tout concentré et martelé sur une heure et 25 minutes de bobine, générique y compris. D'ailleurs, la censure ne se leurrera pas. I Spit On Your Grave 2 sera délesté, lors de sa sortie en dvd, de plusieurs séquences outrageantes. In fine, I Spit On Your Grave 2, c'est surtout un programme spécieux et turpide : deux fois plus... pardon... trois fois plus... pardon... cinq fois plus... pardon... 10 fois plus de viols, dix fois plus de tortures, dix fois plus de gore au service d'une pellicule au mieux famélique.
Conscient de ce désastre filmique, Steven R. Monroe vaquera à d'autres occupations mercantiles, laissant le soin à R.D. Braunstein de réaliser un inévitable troisième chapitre, I Spit On Your Grave 3 : Vengeance Is Mine, en 2015.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver