The_Demented

 

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013
Durée : 1h32

Synopsis : Après une attaque terroriste, 6 amis étudiants vont devoir lutter pour survivre et fuir une ville devenue totalement hostile… 

La critique :

Depuis le succès de La Nuit des Morts-Vivants en 1968, les zombies se sont rapidement imposés dans le cinéma horrifique. Si George A. Romero confère à ses créatures une aura à la fois comminatoire, politique et idéologique, d'autres réalisateurs jouent davantage la carte du gore et/ou de l'autodérision, comme l'attestent les sorties de Braindead (Peter Jackson, 1993) et de Shaun Of The Dead (Edgar Wright, 2004).
En outre, The Demented, réalisé par Christopher Roosevelt en 2013, ne joue dans aucune de ces catégories. Cette modeste série B horrifique s'inscrit plutôt dans la dialectique et la rhétorique de 28 Jours Plus Tard (Danny Boyle, 2002), un autre film de macchabées à succès.
C'est le grand retour de l'Apocalypse sur fond de virus et d'une infection à priori inextinguible.

D'ailleurs, ce n'est pas un hasard. En France, The Demented est sorti directement en vidéo sous le titre - laconique - d'Infection. La distribution du film réunit Richard Kohnke, Ashlee Brian, Sarah Butler, Michael Welch et Kayla Ewell. En l'occurrence, certains acteurs se sont distingués dans des séries télévisées ou productions notoires. C'est par exemple le cas de Sarah Butler, que l'on a pu voir dans I Spit On Your Grave (Steven R. Monroe, 2010) et I Spit On Your Grave 3 : Vengeance Is Mine (R.D. Braunstein, 2015). Pour le reste, The Demented n'a pas pour vocation d'innover ni de changer radicalement le petit univers étriqué des macchabées.
Cette série B impécunieuse marche à la fois dans le sillage et la continuité de 28 Jours Plus Tard et de La Nuit des Morts-Vivants, deux longs-métrages déjà précités.

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On pense aussi à la série The Walking Dead. Attention, SPOILERS ! Six amis embarquent pour un week-end de débauche. Alors que tout va pour le mieux et que l’alcool coule à flot, les trois couples se retrouvent confrontés à des infectés aussi rapides que violents après une attaque terroriste. Ils tentent alors de se rendre au lieu de rapatriement. Vous l'avez donc compris.
The Demented ne brille pas vraiment par l'ingéniosité de son scénario. Le long-métrage de Christopher Roosevelt s'adresse avant tout aux fans irréductibles de macchabées agressifs. Par certains aspects, le film n'est pas sans rappeler La Nuit des Fous Vivants (George A. Romero, 1973). Là aussi, les créatures courent, se déplacent à une vitesse fulgurante et se regimbent continûment contre leurs assaillants.

De surcroît, le schéma narratif de The Demented est lui aussi prévisible. Ainsi, la première partie se centre sur les accointances entre les divers protagonistes. Il faudra donc se contenter d'étudiants qui batifolent, s'acoquinent et s'énamourent dans une immense demeure. Hélas, les festivités sont rapidement contrariées par l'arrivée d'un canidé aux crocs acérés. Non, le cabot ne souffre pas de la rage. Sur ce dernier point, Christopher Roosevelt se montre volontairement élusif.
Le film évoque alors une attaque terroriste et tente de s'approprier notre triste actualité, hélas sans réellement convaincre. C'est la seconde partie de The Demented. Cette fois-ci, le long-métrage se transforme en huis clos étouffant et anxiogène.  

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Conscient de la vacuité et de l'inanité de son script, Christopher Roosevelt poursuit les animosités à l'extérieur de l'habitat. Plusieurs protagonistes se sont déjà métamorphosés en zombies dégingandés. La solution ? S'escarper, prendre la poudre d'escampette et trouver un endroit à l'abri des assauts des zombies. Malheureusement, l'épidémie semble avoir infecté la totalité de la population mondiale. Information corroborée par des messages radios.
Toujours la même antienne. Certes, coté effets spéciaux et maquillages, un certain effort a été déployé. Toutefois, rien de neuf sous le soleil. Côté réalisation, Christopher Roosevelt opte pour un montage caméra à l'épaule et vise un réalisme brut de décoffrage, un peu à la manière des récents found footage
Hélas, le cinéaste ne parvient jamais à transcender son récit. Niveau interprétation, c'est aussi le minimum syndical. En résumé, les acteurs font le job. Guère plus.
Pour le reste, The Demented se démarque avant tout par l'absence de toute idéologie sous-jacente. Inutile d'attendre le moindre discours politique ou diatribe idéologique, dans la grande tradition de Zombie (1978) et des autres films de George A. Romero. 
Bref, sans être réellement un navet et/ou une production déshonorante, The Demented laisse un arrière goût d'inachevé, la faute essentiellement à un budget famélique. Chronique courte et peu inspirée aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver