le cauchemar de freddy

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1989
Durée : 1h39

Synopsis : Bien décidé à exterminer les descendants des parents qui l'avaient brulé dans le passé, l'épouvantable Freddy, à nouveau ressuscité, s'apprêtent à revêtir les tenues les plus perverses pour pénétrer dans les rêves de ses prochaines victimes. Mais c'était sans compter sur Alice, elle aussi capable de s'introduire dans les rêves de ses amis pour faire face au redoutable croquemitaine

La critique :

Suite à l'immense succès de Freddy - Chapitre 3 : Les Griffes du Cauchemar, la saga se poursuit avec un inévitable quatrième opus, justement intitulé Freddy - Chapitre 4 : Le Cauchemar de Freddy. Nous sommes à la fin des années 1980 (1989 pour être précis) et le public est toujours friand de slasher et surtout du croquemitaine griffu. Freddy Krueger appartient désormais à la culture populaire américaine. Pour ce quatrième épisode, changement à nouveau de réalisateur - le quatrième tout de même - en la personne de Renny Harlin. Principalement connu pour ses films d'action (58 Minutes Pour Vivre et Cliffhanger : Traque au Sommet en particulier), le cinéaste a déjà sévi dans le registre de l'épouvante. En 1988, Renny Harlin réalise Prison, une série B horrifique qui se distingue dans divers festivals.

C'est dans ce contexte que les producteurs lui confient la réalisation de Le Cauchemar de Freddy. Pour le scénario du film, Renny Harlin fait appel à l'érudition de Wes Craven, le créateur du célèbre boogeyman. Ce quatrième chapitre doit rester fidèle aux préceptes établis par la franchise. Pas question de changer une formule gagnante et lucrative. D'ailleurs, le public ne se leurrera pas et le long-métrage se soldera à nouveau par un succès colossal.
Sur ce dernier point, Le Cauchemar de Freddy reste l'épisode le plus rentable de la saga. Bientôt, ce quatrième chapitre se transmutera en véritable opération marketing et capitaliste, avec son lot de tee-shirt et de produits dérivés. Paradoxalement, les fans se délitent et commencent sérieusement à se lasser des aventures de Freddy. 

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A juste titre, Le Cauchemar de Freddy est souvent considéré comme les premières prémisses d'un certain erratisme. La distribution du film réunit Lisa Wilcox, Robert Englund, Andras Jones, Tuesday Knight, Danny Hassel et Brooke Theiss. Attention, SPOILERS ! Après avoir été ressuscité, Freddy Krueger entreprend de décimer les jeunes survivants de ses précédentes attaques.
Alors que ses amis succombent tous, un à un, sous les assauts répétés du croquemitaine, Kristen décide de s'embarquer dans une dangereuse mission : douée de pouvoirs télékinésiques, elle se doit de détruire le Maître des Rêves et libérer les âmes tourmentées de ses victimes. En vérité, le scénario de Le Cauchemar de Freddy sera maintes fois modifié. Dans un premier temps, Brian Helgeland est chargé de griffonner les premières lignes.

Puis, insatisfait par les directions spinescentes de ce premier script, Renny Harlin fait appel à Jim et Ken Wheat. Enfin, c'est Wes Craven qui vient apporter sa petite touche à l'édifice. 
Même Renny Harlin vient s'ajouter aux inimitiés. Mais tous ces changements d'infortune modifient largement les prises, le tournage ainsi que certaines séquences oniriques. D'où l'impression parfois d'assister à un scénario nébuleux et alambiqué. De surcroît, Le Cauchemar de Freddy est victime de sa propre formule mercantile. L'objectif n'est plus forcément de déployer un scénario intelligible, mais surtout de flagorner le grand public. Ainsi, la première partie du film se traduit par une succession de meurtres perpétrés par le croquemitaine griffu. En outre, le speech (voir le synopsis) se résume simplement à une nouvelle bande d'étudiants victimes du terrible boogeyman

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Seule réelle nouveauté, la jeune Kristen (Lisa Wilcox) semble douée de pouvoirs télékinésiques. Dès lors, le long-métrage brille surtout par sa vacuité et son inanité. En gros, comprenez : rien de neuf à l'horizon. A aucun moment, Renny Harlin ne parvient à se distinguer de ses illustres épigones ni à imprimer son propre style. Certes, on relève ici et là plusieurs séquences insolites. C'est par exemple le cas lorsque le croquemitaine au visage tuméfié se délecte de l'une de ses proies sur une pizza gargantuesque. Ensuite, c'est un champion de karaté qui est agressé puis noyé par une sirène, son lit se transformant inopinément en gigantesque bain de sang.
Si on se surprend encore parfois à virevolter de son siège, la recette se révèle rapidement obsolète. En l'état, Le Cauchemar de Freddy s'adresse essentiellement aux fans irréductibles de la franchise. Ainsi, ce quatrième "cauchemar" suscite au mieux un ennui poli. Hésitant entre le slasher classique, l'épouvante et des séquences humoristiques voire cartoonesques, Le Cauchemar de Freddy ne parvient jamais à transcender son récit, ainsi que ses thématiques fantaisistes et fantasmagoriques. Bref, un épisode correct, guère plus.
Par la suite, la franchise confirmera cette décrépitude avec les deux épisodes suivants : L'Enfant du Cauchemar (Stephen Hopkins, 1989) et La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar (Rachel Talalay, 1992).

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver