concrete encased high school murder cased

Genre : horreur, trash, drame (interdit aux - 18 ans)
Année : 1995
Durée : 1h10

Synopsis : Le calvaire de Junko Furuta une étudiante de 16 ans, kidnappée, agressée, violée puis assassinée par quatre adolescents.

La critique :

Sur ce blog, nous avons déjà évoqué le cas de Junko Furuta, une adolescente japonaise de 16 ans, kidnappée, torturée, violée, suppliciée puis enterrée dans un bidon de ciment par quatre étudiants. Si ce fait divers barbare et sordide n'a eu aucun écho dans nos contrées hexagonales, il a néanmoins suscité le choc, le scandale et la polémique au pays du Soleil Levant. Furibonds, les médias s'emparent de l'affaire et retracent l'atrocité des tortures perpétrées.
Un calvaire qui durera et s'étalera durant 44 jours, quelque part dans une maison de banlieue et sous la complicité de parents couards et débonnaires, incapables de tirer la sonnette d'alerte. La longue enquête et les analyses effectuées permettront de relever des excisions et des brûlures nimbant le corps de l'infortunée et se situant à des endroits pour le moins incongrus (notamment au niveau uro-génital).

Hélas, le supplice ne s'arrête pas là. Junko Furuta aurait subi plus d'une centaine de viols durant son kidnapping. Dans cette affaire, point de somme d'argent réclamée par les bourreaux. En outre, la jeune Junko Furuta devient l'objet de leurs impudicités et par ailleurs leur punchingball sur lequel les ravisseurs peuvent se défouler. Plusieurs objets brûlants et contondants seront assénés dans le corps de la jeune éphèbe. Quant aux quatre décérébrés, ils seront évidemment interrogés, jugés puis condamnés à une lourde peine de prison. La dépouille méphitique de Junko Furuta sera retrouvée dans un bidon en ciment et abandonnée quelque part dans les rues sordides de la capitale.
Pourquoi un tel déferlement de violence ? 

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Telle est la question posée par Concrete Encased High School Murder Case (CEHSMC), réalisé par Katsuya Matsumura en 1995. Toutefois, ce terrible fait divers inspirera deux autres longs-métrages japonais, Concrete (le remake de CEHSMC, Hiromu Nakamura, 2004) et Juvenile Crime (Gunji Kawasaki, 1997). Dans le cas de CEHSMC, le long-métrage adopte, dès ses premières minutes, un ton quasi documentaire. En outre, inutile de rappeler le scénario du film puisqu'il retrace les grandes lignes de l'affaire.
Néanmoins, l'introduction de CEHSMC nous présente un homme anonyme (probablement un enquêteur) qui relate l'impact de ce fait divers dans les médias et sur la population japonaise. Puis, la caméra tremblotante de Katsuya Matsumura suit les pas frénétiques de Junko Furuta.

La lycéenne ne se doute pas un seul instant qu'elle est suivie par quatre adolescents. Alors qu'elle revient chez elle en vélo, une voiture la renverse. Ebaubie, la jeune femme se réveille alors dans la chambre d'une maisonnée. Dans un premier temps, elle est rouée de coups par ses ravisseurs. Ici, point d'explication sur ce kidnapping. En l'occurrence, les crimes abominables qui vont bientôt se dérouler sont juste prétexte aux railleries, aux quolibets et au simple divertissement de quatre jeunes paumés. 
Après avoir subi les foudres de ses agresseurs, Junko Furuta est violée à plusieurs reprises. La séquence, d'une violence inouïe, se déroule sous les yeux ulcérés mais complices de parents qui n'ont plus aucun impact sur leur progéniture. Via ce procédé, Katsuya Nakamura montre aussi tout ce processus d'indifférenciation qui s'est peu à peu installé dans la société japonaise. 

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Katsuya Matsumura ne fustige pas seulement le comportement sociopathique de ces quatre bourreaux azimutés. Il vitupère la société nippone toute entière. Ainsi, après seulement vingt petites minutes de bobine, CEHSMC se transmute en un huis clos sordide et mortifère. Affamée, réduite à quia, Furuta doit se contenter de cafards "généreusement" prodigués par ses kidnappeurs. Hélas, ces insectes putrides arpentent également les plaies béantes et l'intimité de la jeune éphèbe.
Puis, au cours d'une longue partie de débauche et de bacchanale, durant laquelle Junko Furuta est à nouveau violée et rudoyée, les psychopathes jettent de l'essence sur les membres inférieurs de l'adolescente. La suite ? Est-il réellement nécessaire de s'appesantir plus longuement sur les sinistres détails ?

Brûlures, brimades, coups de poing à répétition, sévices sexuels avec une barre de fer et même certains objets électriques seront introduits dans les parties intimes de la victime... Voilà pour le programme des tristes réjouissances ! A aucun moment, un des assaillants ne fera preuve d'humanité, de magnanimité ou d'une once de bienveillance, laissant la malheureuse agonir lentement. 
L'inexorable finira par se produire. Junko Furuta exhalera son dernier soupir, laissant ses meurtriers pantois. Désormais, il faut se débarrasser du cadavre. Encore une fois, la dépouille clapira dans un bidon rempli de ciment, puis enseveli quelque part dans la ville. Contrairement aux apparences, Katsuya Matsumura choisit de ne pas trop s'attarder sur les lubricités. En l'occurrence, les parties de tortures sont surtout suggérées, le cinéaste préférant s'étendre sur les stridulations de la victime.
Sur ce dernier point, Concrete et Juvenile Crime se montreront beaucoup plus pointilleux sur la totalité des sévices infligés, quitte parfois à verser dans la surenchère et la complaisance. D'une durée plutôt courte (à peine une heure et dix minutes de bobine), CEHSMC va directement à l'essentiel, délivrant au passage, l'uppercut annoncé. En l'état, impossible de noter objectivement un tel OFNI (objet filmique non identifié), tant le film estomaque et désarçonne.

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver