total recall 1990

 

Genre : science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1990
Durée : 1h53

Synopsis : 2048. Doug Quaid rêve chaque nuit qu'il est sur la planète Mars à la recherche de la belle Melina. Sa femme, Lori, s'efforce de dissiper ce fantasme. Doug va bientôt s'apercevoir que son rêve était artificiel et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental. Il se souvient d'un séjour réel sur Mars, à l'époque où il était l'agent le plus redouté du cruel Coohagen. Il décide de s'envoler sur Mars à la recherche de son énigmatique passé.

La critique :

A la rigueur, seuls les cinéphiles avisés et les fans irréductibles de Paul Verhoeven se souviennent de sa période hollandaise, qui peut se targuer de plusieurs chefs d'oeuvre, hélas méconnus du grand public. Turkish Délices (1973), Katie Tippel (1975), Spetters (1980) et Le Quatrième Homme (1983) sont autant de réussites. En outre, La Chair et le Sang (1985) est sa toute première grosse production européenne. Hélas, le long-métrage essuie une rebuffade au box-office et se solde par un bide commercial. Sous les précieuses instigations de Steven Spielberg, Paul Verhoeven s'expatrie aux Etats-Unis. Toujours sous les prodigalités de "Tonton Spielby", il obtient les ferveurs des producteurs hollywoodiens. Ces derniers lui confient alors son tout premier long-métrage américain.
Ce sera Robocop (1987).

Peu enthousiaste, Paul Verhoeven s'attelle néanmoins à la tâche et découvre un script éminemment complexe. Matois, le cinéaste décide d'opacifier son récit et de conférer à son cyborg une aura christique, spirituelle et eschatologique. Cette fois-ci, le film conquiert le grand public, pour le plus grand bonheur de la firme Orion Pictures. Les producteurs lui font confiance et le chargent de réaliser Total Recall en 1990, une adaptation d'une nouvelle, Souvenirs à vendre, de Philip K. Dick. 
Ce mélange de science-fiction, de réminiscences du passé et de fantasmagories martiennes séduit immédiatement Paul Verhoeven. Nanti d'un budget dispendieux (65 millions de dollars tout de même), le film se solde à son tour par un succès colossal. Voilà Paul Verhoeven solidement intronisé sur la planète Hollywood.

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Le cinéaste dispose aussi d'un casting prestigieux : Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone (actrice qu'il retrouvera deux ans plus tard dans Basic Instinct), Rachel Ticotin, Ronny Cox, Michael Ironside, Marshall Bell et Mel Johnson Jr. En outre, Total Recall engendrera un inévitable remake, par ailleurs homonyme, et réalisé par les soins de Len Wiseman, en 2012. Premier constat, cette première version se distingue par un scénario à la fois original et alambiqué, qui décontenance lors de son premier visionnage. Attention, SPOILERS ! 2048. Doug Quaid rêve chaque nuit qu'il est sur la planète Mars à la recherche de la belle Melina. Sa femme, Lori, s'efforce de dissiper ce fantasme.
Doug va bientôt s'apercevoir que son rêve était artificiel et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental.

Il se souvient d'un séjour réel sur Mars, à l'époque où il était l'agent le plus redouté du cruel Coohagen. Il décide de s'envoler sur Mars à la recherche de son énigmatique passé. A l'origine, le scénario de Total Recall remonte au milieu des années 1970. Dan O'Bannon et Ron Shusett se chargent de griffonner les premières ébauches du script. Mais aucun producteur ne souhaite financer une telle production. Le projet est donc prorogé jusqu'en 1982.
A l'époque, Dino de Laurentiis est intéressé par la nouvelle de Philip K. Dick. Le scénario est encore modifié. Plusieurs réalisateurs sont envisagés, notamment David Cronenberg. Le cinéaste souhaite aborder le personnage de Doug Quaid sous un angle schizophrénique. Peu enthousiaste, Dino de Laurentiis évince David Cronenberg du projet.

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Le scénario subit alors de nombreuses rectifications. Finalement, c'est Paul Verhoeven qui est chargé d'adapter une version pour le moins nébuleuse. Le cinéaste a pour vocation de se centrer sur la psyché en déliquescence de Doug Quaid, tout en proposant un film d'action et de science-fiction démesuré, se divisant en deux parties bien distinctes : un segment terrien et un segment martien.
Chaque planète recouvre une réalité intrinsèque. Sur Terre, Doug Quaid n'est qu'un vulgaire quidam et un époux heureux en compagnie de sa femme à la beauté vénéneuse, Lori (Sharon Stone). Sur Mars, il incarne Hauser, un chef de la Résistance qui lutte activement contre le joug de Vilos Cooagen. Pour réussir sa mission et réveiller les vieux souvenirs du passé, Doug Quaid doit s'adjoindre les obédiences de mutants tuméfiés par les rayons mortels de la planète rouge.

Parallèlement, il doit aussi retrouver la piste d'un certain Kuato, une créature certes répugnante, mais qui semble connaître les plus grands mystères de la planète martienne. Pour Arnold Schwarzenegger, Total Recall constitue une véritable aubaine. Cette fois-ci, l'acteur musculeux et athlétique interprète un personnage complexe et très éloigné de ses rôles de cyborg impavide (Terminator) ou de guerrier quasi invincible (Conan le barbare).
Pour Paul Verhoeven, un tel long-métrage constitue également une véritable opportunité. En effet, le cinéaste hollandais peut déployer tous ses fantasmes sur pellicule. La violence, le cynisme et le sang atteignent ici leur paroxysme. 
Ainsi, les carcasses humaines explosent sous les balles. Doug Quaid doit ferrailler avec un robot-taxi et revêtir le masque robotique d'une femme ventripotente, le tout sous le regard hébété de son pire ennemi, Richter (Michael Ironside).

 

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Narquois, Paul Verhoeven s'ébaudit de ses protagonistes. Ainsi, Doug Quaid passe d'un citoyen lambda en libérateur des opprimés. Quant au capitalisme, il n'est plus seulement international mais aussi interplanétaire. Toutes les planètes du système solaire sont devenues des sites touristiques. Contre l'avis de ses pairs, Doug Quaid choisit le chaos martien. Un autre destin l'appelle. Indubitablement, Paul Verhoeven maîtrise son sujet et livre une copie débridée.
Toutefois, Total Recall n'atteint pas non plus la quintessence d'un Robocop, la faute à des maquillages un brin obsolètes et à des effets spéciaux eux aussi surannés. Néanmoins, Paul Verhoeven n'oublie jamais sa principale trame scénaristique, à savoir cette frontière ténue entre l'onirisme et la réalité. 
Une thématique que Len Wiseman maîtrisera avec beaucoup moins d'élégance dans le remake de 2012.

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver