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Genre : Action, thriller (interdit aux - 16 ans)

Année : 2011

Durée : 1h30

 

Synopsis :

Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta, se trouve une citadelle imprenable dans laquelle se cache le plus dangereux trafiquant du pays. Une équipe de policiers d’élite est envoyée donner l’assaut lors d’un raid secret mené aux premières lueurs du jour. Mais grâce à ses indics, le baron de la drogue est déjà au courant et a eu amplement le temps de se préparer. A l’instant où le groupe d’intervention pénètre dans l’immeuble, le piège se referme : les portes sont condamnées, l’électricité est coupée et une armée d’hommes surentraînés débarque. Piégés dans cet immeuble étouffant, les policiers vont devoir se battre étage après étage pour avoir une chance de survivre.

 

La critique :

Nous serons tous d'accord pour dire que les films de combats sont un des genres cinématographiques regroupant le plus de débilités et de navets actuellement. Si les films de l'âge d'or du cinéma de Hong Kong ont popularisé un genre avec une mise en scène maîtrisée et des combats bien synchronisés, on sera forcé de dire que ce n'est pas le cas de ce que l'on peut voir actuellement du côté de l'Occident, du moins pas en partie. Difficile d'innover dans ce type cinématographique. Gareth Evans le sait et a fait en sorte de renouveler un genre trop souvent oublié et pauvre, en sortant en 2011, son petit bijou du nom de The Raid, film indonésien d'un réalisateur gallois.
Définitivement, ce film le propulsera et le fera gagner en renommée après le méconnu Merantau sorti en 2009. Au moment de sa sortie, le film s'attire des critiques généralement élogieuses le remerciant d'apporter une énorme bouffée d'air frais dans ce style d'oeuvre. Mentionnons aussi qu'il sera couronné de plusieurs récompenses, 3 pour être précis.

Maintenant, ne nous emballons pas car nous savons tous que des films soit disant "cultes" pour beaucoup ne se sont pas révélés aussi emballants que ce que nous ne pensions. Ensuite, nous sommes bien forcés de dire que des prix, lauréats et autres nominations ne sont pas nécessairement un gage de qualité. De plus, quand nous voyons écrit en gros sur la pochette "90 minutes d'action culte", on s'interroge sur la véracité des propos. Est-ce que l'on peut voir en The Raid, la révélation tant attendue et en Gareth Evans, un nouveau réalisateur apportant un sursaut d'énergie dans le monde des films de combat ? Réponse dans la chronique. ATTENTION SPOILERS !
Le quartier général de la mafia de Jakarta est situé dans un immeuble réputé imprenable. Il abrite un labo de fabrication de drogue et chaque chambre sert de refuge aux hors-la-loi. Progressant d'étage en étage, des policiers d'élite, dont c'est la première mission, essuient de lourdes pertes. Ils s'aperçoivent qu'ils ont été envoyés à l'abattoir sans que leur hiérarchie n'ait été mise au courant. Malgré cela, les survivants décident de terminer la mission coûte que coûte en affrontant les pires criminels qui existent, dealers, tueurs à gages mais aussi un puissant baron de la drogue.

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Une fois que vous aurez inséré le DVD (ou cliquer sur votre fichier .avi sur PC), préparez-vous à être tenus par la peau du coup par Gareth Evans vous larguant dans cet immeuble hostile durant 90 minutes. The Raid mérite-t-il sa réputation de révolution du cinéma d'action ? Oui et de très loin même. Le réalisateur nous offre un montage d'une énergie rare et ne laissant aucune minute de répit au spectateur voyant s'enchaîner les chorégraphies toutes plus dantesques les unes que les autres d'un sport de combat inédit à ce moment-ci. Son nom ? Le silat, un art martial indonésien qui se montre d'une brutalité assez impressionnante en plus de nous gratifier de diverses techniques très complexes.
Rarement, un film n'aura eu une mise en scène aussi efficace et sans réels temps morts. On ne peut que souligner l'énorme talent de Evans à avoir mis en scène d'une aussi belle manière, un art martial méconnu du grand public et passionnant à voir. Pour la petite anecdote, pour mettre les acteurs qui interprètent les forces d'élite dans l'état d'esprit de leurs personnages, tous ont été envoyés à la marine indonésienne pour un entraînement intensif d'une semaine afin de leur permettre d'acquérir des automatismes typiques des véritables forces d'élite.

Evidemment, qui dit sport de combat dit aussi violence et The Raid n'échappe pas à cette règle en se montrant, de plus, beaucoup plus violent que ce que l'on a l'habitude de voir dans les films de combat. On aurait bien du mal à cracher sur l'interdiction aux moins de 16 ans tant certaines séquences nous affectent physiquement du dealer balancé du haut d'une rembarde pour avoir la colonne vertébrale brisée en atterrissant sur un muret, à la fameuse séquence du personnage tué sur une porte enfoncée dans une chorégraphie majestueuse, si l'on peut dire.
Certes, c'est bien beau d'offrir des prouesses physiques, sachant que le personnage principal reçoit vraiment les coups, mais encore faut-il bien servir cela et ne pas obtenir une bouillie épileptique ne filmant que peu de choses visibles à l'écran. Fort heureusement, Evans a aussi pensé à ça et nous offre un montage clair et précis où l'action est toujours bien visible à travers des espaces, certes restreints, mais toujours suffisamment ouverts. Les coups sont filmés de manière chirurgicale pour éviter que rien ne soit hors champ ou que le résultat ne devienne trop brouillon. En clair, vous pourrez vous languir des combats en ne manquant rien d'une miette grâce à une caméra ouverte et ne bougeant qu'en de bonnes circonstances.

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Bon après qui dit film de combat, dit forcément défauts rédhibitoires qui ne plairont pas à tous. Pour commencer, le scénario tient à peine sur une demi feuille de papier toilette bien que l'originalité du film et le lieu soient diablement efficaces. Du coup, les amateurs de films au scénario travaillé seront donc priés d'aller faire un petit tour car The Raid ne joue pas dans cette cour et n'est en fin de compte qu'un très gros défouloir. Deuxièmement, si certains personnages parviennent à tirer leur épingle du jeu notamment, bien sûr, Iko Uwais dans le rôle principal, ainsi que Yayan Ruhian et Joe Taslim dans le rôle des grands méchants, on ne peut pas en dire autant des autres.
Les personnages secondaires n'offrent que très peu de charisme et ne sont là que pour être mis en bouillie. Certes, cela fera titiller certains mais l'objectif des personnages profonds n'est une fois de plus pas scandé par ce long-métrage.

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Il faudra bien avouer que ce n'est pas du tout le style de films qui plaira à tout le monde mais la jouissance est aux abonnés présente et nous tient en haleine de la première seconde à la dernière en démarrant directement les hostilités sans mettre 20 minutes avant de voir le bâtiment. En conclusion, on ne va pas se mentir en disant que The Raid est sans nul doute l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années. Multipliant les prouesses physiques via un sport de combat réellement passionnant à voir, Evans crée un film plaisant où malgré le scénario inexistant, le film se suit sans temps morts.
L'avantage étant aussi de remarquer que la mise en scène nous apporte toujours un beau rendu de l'action étant à chaque fois parfaitement visible. Vous aimez les sports de combat et les films de ce genre ? Alors n'attendez plus et jetez vous dessus en sachant qu'une suite est sortie en 2014 et nous offre une qualité similaire voire même supérieure par moment. Un film qui nous donnerait presque envie de pratiquer le silat.

 

Note : 16/20

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