049080

Genre : Action, thriller (interdit aux - 16 ans avec avertissement)

Année : 2014

Durée : 2h30

 

Synopsis :

Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission. Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de Yuda, un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d'Uco, le fils d'un magnat du crime indonésien, son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.

 

La critique :

Après avoir chroniqué il y a quelques jours, le premier épisode de cette, désormais, franchise du nom de The Raid, il était logique de passer désormais à la suite. Il faut le dire, le premier film a eu l'effet d'un coup de semonce dans l'industrie cinématographique en rehaussant un genre de film délaissé ou laissé entre les mains de réalisateurs incompétents, incapables d'apporter un nouveau souffle, ou plus simplement de la qualité. Bien des choses se sont passées entre le Hong Kong des années 70 et maintenant. C'est peu dire que le cinéma asiatique est le représentant majeur du cinéma d'arts martiaux sauf que Gareth Evans, réalisateur gallois, est passé par là et est, en l'espace d'un seul film, devenu le nouveau représentant de ce style. Néanmoins, The Raid 2, aussi appelé Berandal, a la lourde tâche de succéder à l'explosion du premier volet.

Avant sa sortie, les spectateurs et autres fans conquis du premier volet multipliaient les inquiétudes quant à l'utilité d'une suite et avait peur que la franchise ne sombre dans le tout public face à des actionnaires mercantiles dont le profit est l'unique but d'un film. On le sait, les suites horripilent souvent car elles sont très fréquemment inférieures à l'oeuvre initiale. Pour certains, l'idée de savoir que The Raid 2 n'a été simplement que sélectionné au festival du film de Sundance et empoché moins de récompenses, faisait peur. Mais la curiosité et l'inquiétude ont fait place à l'engouement face à la pochette avec écrit, en grand, "L'un des meilleurs films d'action de tous les temps".
Vrai ou faux ? Réponse dans la chronique. ATTENTION SPOILERS : L'histoire commence à la suite de l’assaut du premier volet qui a fini par un fiasco. Rama est récupéré par un petit groupe de policiers qui tente de lutter contre le crime organisé et la corruption des flics véreux. Il accepte une nouvelle mission qui est d'infiltrer le syndicat du crime et faire tomber les dirigeants. Pour cela, il doit abandonner sa famille et se faire emprisonner dans la même prison qu'Uco, le fils d'un chef de la mafia de Jakarta. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l'empire du crime.

3445919_orig

Cette fois-ci, fini le quasi huis-clos et place à un monde ouvert où notre grand Rama évoluera dans l'immense ville de Jakarta avec un scénario somme toute assez basique, où il s'agit d'un flic surpuissant balancé dans le syndicat du crime surarmé pour tout casser. Evidemment, on est en droit d'avoir peur mais The Raid 2 confirme tous les espoirs que l'on attendait de lui et écrabouille sauvagement les inquiétudes en se montrant du même niveau, voire parfois supérieur à son modèle. Les reproches adressées au film à cause d'un scénario tenant au maximum sur un timbre-poste peuvent être effacées car, cette fois-ci, le réalisateur nous livre une vraie trame et se montre plus ambitieux dans son projet.
Certes, on ne pourra pas dire que la narration est d'un bon calibre car elle est même, au contraire, semée de quelques confusions. Rassurez-vous, la trame confuse reste suffisamment simple à suivre et ne nécessite pas une attention permanente.

Cependant, je défie quiconque ne pas être attentif durant ce film et ne pas être captivé. Souvenez-vous des combats sans pitié et d'une énergie rarement vue qui étaient le fer de lance majeur du premier opus. Maintenant transposez tout ceci dans un film de grande envergure et vous obtenez The Raid 2. Il y a quand même un revers car la présence du scénario induit inévitablement des pauses entre les combats là où The Raid premier du nom proposait de l'action non-stop. Néanmoins, on serait bien difficile que de ne pas être bouche bée devant une mise en scène encore une fois d'une énergie, plus posée mais tout aussi fulgurante. Gareth Evans enchaîne les combats et les chorégraphies régulièrement avec toujours la même efficacité et la même violence dans les coups donnés.
A ce sujet, soyez sans crainte, l'action est omniprésente et toujours aussi efficace pour une durée coriace de 150 minutes.

Raid-2-Hammer-Bat

Pour parler de la violence, Evans a poussé le vice à la rendre davantage plus radicale, ce qui fait que Berandal est beaucoup plus extrême et à même de choquer un public n'étant pas habitué à un déchaînement de violence comme ici. Les coups pleuvent, le sang gicle lors des passages à armes à feu, certaines prises finales sont particulièrement vicieuses. On n'oubliera pas non plus les combats à armes blanches d'un rendu assez époustouflant comme le massacre à coup de marteaux dans un métro bondé. Le réalisateur ne censure rien et filme sans retenue.
On aboutit forcément à une interdiction aux moins de 16 ans parfaitement justifiée même si la mention "avertissement" reste un peu trop exagérée. Peut-être la courte séquence suggérée d'un porno déviant tourné clandestinement avant que ça ne dégénère complètement qui fait ça ?

Concernant les combats, une grande qualité présente dans le premier épisode était le fait d'avoir une action visible grâce à une caméra filmant l'ensemble et sans être susceptible de donner des nausées. Encore une fois, haut les coeurs, car la même recette a été prise ici et tout est correctement filmé. La manière de filmer est toujours aussi chirurgicale dans la lisibilité de chorégraphies toujours plus violentes. Et qui dit film de grande envergure, dit souvent film avec beaucoup de personnages. On retrouve bien sûr Iko Uwais dans le rôle de ce flic surentraîné mais aussi Yayan Ruhian dans le rôle de Prakoso. Idée un peu incohérente quand même. Comme nouveaux individus, on mentionnera entre autres Arifin Putra, Oka Antara, Cecep Arif Rahman et Ryuhei Matsuda.
Ainsi, beaucoup de ces acteurs apporteront une prestation charismatique à leur personnage qui augmente la qualité du film. On se souviendra aussi de ces 2 psychopathes, l'un avec une batte de baseball et l'autre, une femme aux lunettes de soleil et se battant avec 2 marteaux.

maxresdefault

De nombreuses séquences mémorables seront présentes même si, cruelle déception, la séquence "Gang War" de 5 minutes fut supprimée pour des raisons obscures. Cette scène aurait pu justifier pleinement la mention "avec avertissement" tant elle est d'une brutalité et d'une intensité à couper le souffle. Des rumeurs courent qu'elle serait disponible pour le 3ème et dernier volet qui devrait sortir cette année, chose que je ne pense pas car 2018 me semble plus cohérent. En conclusion, Gareth Evans signe ici une suite de qualité faisant plus que honneur au premier épisode qui allait déjà très loin en terme de qualité. Plus violent mais aussi plus sombre, The Raid 2 abandonne l'action non-stop pour une vraie trame, certes très basique, et cela se ressent dans une mise en scène moins épileptique mais qui déverse vraiment la marchandise dans de remarquables scènes d'action.
On ne peut qu'applaudir le fait d'avoir une vraie suite tout aussi efficace dans des combats à couper le souffle et qui font passer comme une lettre à la poste, la longue durée du film. L'un des meilleurs films d'action de tous les temps ? Difficile à dire mais il ne fait aucun doute que l'on se situe dans le très haut niveau du panier. La seule chose qui nous viendra à l'esprit après le visionnage, c'est "Vivement le 3 !!".

 

Note : 16/20

 

orange-mecanique Taratata