slaughter

Genre : Pornographie, trash, fantastique (interdit aux - 18 ans)

Année : 2005

Durée : 1h30

 

Synopsis :

Mike est tellement passionné par les films pornos qu'il en perd toute vie sociale. Un jour, il reçoit un dvd chez lui et découvre un film étrange et sordide.

 

 

La critique :

Souvent, on a tendance à critiquer les films d'horreur actuels ne se résumant souvent qu'à une succession d'oeuvres au scénario ridicule, aux influences beaucoup trop importantes bouffant le film, aux retournements de situation invraisemblables, à l'ambiance ne se basant que sur des screamers douteux ou, dans le cas des torture porn, à du gore sans fond. Sauf que l'on oublie fréquemment l'industrie pornographique actuelle qui est encore pire car on navigue dans le vide le plus intersidéral qui soit.
Cependant, de temps en temps, arrive un réalisateur qui a bien l'intention de mettre un scénario derrière son étron et se décide même de le rendre davantage déviant en intégrant du gore. Le mélange gore et pornographie est définitivement l'un des fers de lance du cinéma extrême où les scènes les plus outrageantes ou les plus ridicules s'accumulent pour combler les amateurs friands de ce type de cinéma peu catholique.

A ceci, on pourra rajouter Slaughter Disc réalisé par les soins de David Quitmeyer pour une commercialisation d'à peine 1000 exemplaires, ce qui en fait un film très rare (mais que j'ai su trouver sur mon site de prédilection spécialisé dans les oeuvres sulfureuses et expérimentales). Inutile de vous dire que le réalisateur n'est que très peu connu dans le monde cinématographique et le restera à n'en point douter. Maintenant, le fait de voir qu'il y a un scénario derrière tout ceci, nous fait dire qu'on tiendra là, peut-être, quelque chose de convenable à défaut d'être excitant.
Après le générique du début, il ne nous faudra que 5 secondes pour savoir que visionner ce film sera un calvaire. ATTENTION SPOILERS : Scotché devant sa télévision, Mike se masturbe en regardant des DVD pornos. Cela finit par énerver sa petite amie qui le laisse tomber après lui avoir défoncer les balloches d’un coup de genou. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que Mike est bien ennuyé, mais cela ne l’empêche pas pour autant de reprendre son travail manuel.
Par curiosité et en quête de sexe toujours plus extrême, il commande par correspondance un DVD mettant en scène la mystérieuse Andromeda Strange…

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Dans le fond, l'idée n'était pas complètement stupide en lisant le synopsis et aurait pu nous larguer un petit film intriguant mâtiné de mystère où la frontière entre la réalité et l'impensable, un peu à la manière du très bon 8MM, aurait été brouillée. Sauf que tout court à la catastrophe et que, à aucun moment, le réalisateur ne parvient à gérer correctement son film ou tout du moins à le sauver. Ainsi, est mis en scène un plouc aux cheveux gras et à l'air blafard du nom de Mike, jeune addict à la masturbation, à un point tel qu'il en a perdu toute vie sociale. Son quotidien est ainsi rythmé de façon métro-boulot-branlette et ses seuls contacts avec la société se résumeront à la location de films louches interdits aux enfants, à l'image du film "Porn Clown", où des filles habillées en clown se font ramoner le clitoris.
C'est beau et ça casse notre jeunesse. On sent déjà que notre Mike, aussi apathique qu'un chou-fleur en décomposition, n'est déjà pas très sain dans sa tête mais sa rencontre avec la mystérieuse Andromeda Strange va tout changer. 

Toujours en quête de sexe plus déviant et extrême, Mike va faire face à une étrange porn-star vouant un goût sans limite au sang (ou à la sauce tomate parce que l'aspect rappelle bien plus cela que du sang) qu'elle s'amuse à lécher et à boire, qu'il provienne de son ventre, de son bras ou de son vagin, ce qui est assez répugnant dans le dernier cas. Que soit, le sexe mélangé au sang n'est pas spécialement excitant à mon sens mais visiblement Mike a l'air d'apprécier cela jusqu'à ce qu'elle se tranche les veines d'un de ses poignets et s'ouvre la gorge en rigolant.
Un grand moment de solitude devant la crédibilité du film dont j'inviterai David Quitmeyer à lire un peu mon ancien cours de physiologie cardiaque car les veines des poignets sectionnées ne lâchent pas quelques gouttes de sang par-ci par-là mais bien un flot continu (ce n'est pas pour rien que c'est un moyen de suicide rapide). Deuxièmement, j'inviterais ce cher David à se renseigner sur ce qui se passe lorsque les jugulaires sont sectionnées. En soi, le réalisateur ne s'embarrasse pas de rendre intelligent son film et le fait sombrer dans la stupidité la plus stratosphérique en multipliant les incohérences les plus fines, mais en s'accumulant, soulignent la débilité de l'oeuvre.

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Pour commencer, dans chaque entreprise technique, on laisse son bleu de travail sur le lieu de travail. Ca me semble assez logique. Secundo, un DVD transparent est impossible à lire sur un lecteur DVD. Certes, je cherche la petite bête mais on se rend vite compte que le concept même du film est une gigantesque absurdité lorsque le film plonge en plein cauchemar où Andromeda se transmute en une sorte de démon omniscient ayant ciblé Mike pour le tourmenter et au finir le tuer.
Au fur et à mesure du visionnage du DVD, celle-ci prend un trait de plus en plus maléfique et finit par kidnapper un des rares amis de Mike que Mike, lui-même, visionnera sur le même DVD. La question qui se pose est : Comment est-il possible que cette séquence puisse se retrouver sur un DVD acheté auparavant et mis en vente sur Internet ? 

D'ailleurs, comment est-il même possible qu'un tel genre de DVD soit disponible sur l'Internet tout public ? Comment est-il également possible de voir des revues de la démoniaque Andromeda Strange en vente dans un sex-shop paumé et que celle-ci soit recommandée par le vendeur ? Non mais clairement, le scénario est impensable et incohérent. Alors, on se dit que Slaughter Disc va délivrer la marchandise et au moins sauver l'intérêt du film avec des effets spéciaux recommandables mais ça, c'est ce qu'on se disait juste au commencement du film car le visuel est absolument dégueulasse.
Je me doute fort bien que le film ne fut pas financé par Hollywood mais la caméra à 30€ trouvée dans un déstockage miteux, ça fait un peu tâche sans compter les décors très succincts limités à l'appartement de Mike et à une mystérieuse chambre gothique, où Andromeda siège en impératrice des lieux. On observera dans la dernière partie du film, une séquence dans le parc et un tour en voiture pour souligner l'"action" mais ça ne changera rien.

Que soit, on savait, à partir de ce moment précis, qu'il n'y aura rien et la vacuité réside aussi dans le gore curieusement absent qui fait davantage sombrer le long-métrage à la durée éprouvante de 90 minutes dans les abysses. Retenez que le choc est absent et que l'on se fait franchement chier. Les performances d'Andromeda se limitant à s'insérer des godes, à faire des fellations, à avoir des rapports sexuels plutôt sages, à tuer ses victimes sans trop d'artifices et à se mutiler affreusement mal. Il n'y a rien qui pourrait sauver l'honneur du film à ce niveau, même pas son cannibalisme quasiment inexistant et résumé à une seule séquence de dégustation d'entrailles.
Même la séquence du fracassement de crâne de John, le pote de Mike, à coups de marteau ne sauve rien car elle est suggérée. Forcément, quand le salaire se résume au budget mensuel d'un petit chinois...

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A ce sujet, il faudra aussi souligner la prestation dantesque dans la nullité de Mike car on atteignait du haut niveau à ce sujet. Pour commencer, si j'étais au fond du trou, donc dans ton cas cher Mike, et que je voyais l'un de mes potes séquestré par cette tarée, je ne resterais pas prostré devant la TV avec une bouche de carpe, ni à détourner ma tête et la mettre contre un coussin. Tu oublies que dans ces conditions, appeler le 911 me semble plus que nécessaire. Je ne dirais pas non plus de John qu'il a de la chance de forniquer avec cette sauvage car je me serais douté très rapidement qu'il aurait subi le même sort que la précédente victime. Et enfin, je ne l'encouragerais pas à "tenir la cadence".
Enfin, lorsque je me retrouverais face à Andromeda venue pour me tuer, je ne me laisserais pas embrasser et quasiment violer, la bave au coin de la bouche et des étoiles dans les yeux. Je passerais les dialogues ridicules à base de "fuck", "fucking" et autres "motherfucking" ponctuant le récit, même de la bouche des policiers. N'ayez crainte si vous avez du mal avec l'anglais, tout est compréhensible.

Alors, on pourrait jouer 30 secondes au cinéphile "intello" et dire que Andromeda n'est que le reflet d'un désir incontrôlable de la pornographie rendant fou ceux qui ont sombré dans cette spirale infernale. On pourra dire que Andromeda, s'étant égorgée et étant néanmoins en vie après avec une plaie béante, souligne que le désir pornographique ne meurt jamais. On pourrait finalement dire que Mike, malgré le climat malsain et le premier meurtre, et replongeant à chaque fois dans le visionnage toujours plus "extrême" du DVD montre que l'homme ne peut se passer de la déviance sexuelle, une fois plongé dedans.
Ceci dit, je doute fort que Quitmeyer a pensé à délivrer un quelconque message et que toute son oeuvre racoleuse ne se résume qu'à de la pornographie se voulant violente mais n'atteignant jamais la moindre once de dégoût.

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On évitera aussi de parler des 90 minutes qui composent le film car, même pour cette durée, le temps passe très lentement et certaines scènes sont d'une inutilité record comme la succession suivante : Mike sort dans un bar mais se retrouve seul car John ne vient pas, Mike enchaîne cependant les shot et rentre bourré chez lui. Le lendemain, Mike se lève, met 2 Dafalgan dans son verre d'eau, va uriner, va se doucher, va vomir et se fait engueuler par son boss car il n'est pas au boulot. Mais quel intérêt de filmer ce vide scénaristique ?? La prochaine fois que je ferai une soirée un peu trop chargée, je demanderais auparavant à un réalisateur débile de me filmer.
Ca sera toujours plus crédible que l'état secondaire de Mike tout sauf pertinent. Néanmoins, soyons honnête, tout n'est pas non plus à jeter. La bande sonore est de très bonne qualité si on aime l'EBM et la tonalité de ce genre est en bonne adéquation avec le style gothique du DVD. Dernier bon point (Oui déjà !), Quitmeyer essaie l'esthétisme dans son film en larguant des effets psychédéliques de couleur rose-mauve fonctionnant lors de certaines danses, mais transmutant le visionnage en une bouillie infâme durant d'autres.

On pourrait dire que c'est un semi-bon point car, même là, Quitmeyer n'arrive pas à faire la part des choses. En bonus, j'avoue avoir eu un petit faible pour le physique d'Andromeda mais c'est plus mon attirance pour les filles percées qui parle. Ceci dit, son jeu d'acteur vulgaire et ses 3 piercings au clitoris (zone sensible et interdite aux piercings pour moi) parviendront à me freiner. En conclusion, Slaughter Disc est la mise en image d'une fosse à merdes où il n'y a que très peu de choses à sauver. Que ça soit le scénario, la mise en scène, le jeu d'acteur, les cadrages ou les décors, tout se pète la gueule dans un titanesque brouhaha qui ne pourra qu'agacer profondément le spectateur, au point que celui-ci n'aura jamais autant réfléchi si couper le film et supprimer le fichier de son PC n'est pas la meilleure chose à faire.
La crédibilité du récit est aux abonnées absentes et je ne pourrais que trop rappeler à David Quitmeyer que le temps de pause entre 2 orgasmes masculins n'est pas le même que celui entre 2 orgasmes féminins car la séquence de Mike finissant son affaire et recommençant 10 minutes après intrusion du livreur est i-llo-gi-que. Bref, si vous aimez l'EBM, le film plaira auditivement mais, dans tous les cas, Slaughter Disc est un naufrage intégral qui vous pompera 1h30 de votre vie à défaut de vous avoir filé le gourdin. Et dire qu'hier soir, ils passaient Raging Bull à la TV et que j'ai choisi de visionner cette purge...
Qu'est-ce que l'on ne ferait pas pour le blog !

 

Côte : Navet

 

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