à l'intérieur

 

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2007
Durée : 1h23

Synopsis : Depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, Sarah est seule et malgré une mère omniprésente, c'est seule qu'elle passera son réveillon de Noël. Seule et enceinte. Cette nuit est la dernière que la jeune femme passera chez elle. Le lendemain matin, celle-ci doit entrer à l'hôpital pour accoucher. Dans sa maison, tout est calme. Jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l'enfant qu'elle porte en elle.

La critique :

Très jeune, Alexandre Bustillo se passionne déjà pour le cinéma horrifique. Ses références ? Toujours la même antienne. Halloween, la nuit des masques (John Carpenter, 1978), Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975) et Les Innocents (Jack Clayton, 1961). Tout d'abord projectionniste puis journaliste pour le magazine Mad Movies, Alexandre Bustillo décide enfin de passer derrière la caméra au milieu des années 2000. Son premier long-métrage se nomme A l'Intérieur, sorti en 2007, et réalisé avec la collaboration de Julien Maury. Depuis la sortie du remake de Massacre à la Tronçonneuse (Marcus Nispel) en 2003 et l'avènement du torture porn (à la fois au cinéma et en vidéo), le cinéma français se fourvoie à son tour dans cette mouvance gore et horrifique.
En effet, la sortie de Haute Tension, réalisé par Alexandre Aja en 2003, marque une rupture rédhibitoire.

Jadis, le cinéma français n'avait jamais montré de réelles velléités pour le cinéma d'épouvante. Qu'à cela ne tienne, les sorties de Frontière(s) (Xaviers Gens, 2007), Martyrs (Pascal Laugier, 2008), Sheitan (Kim Shapiron, 2006) et de La Horde (Yannick Dahan et Benjamin Rocher, 2010) modifient largement les données. Vient également s'ajouter A l'Intérieur, dont l'objectif est clairement de bouleverser le climat horrifique français. Oui, avec un modeste budget (à peine 2.5 millions d'euros), il est possible d'égaler voire de dépasser la plupart des pellicules trash américaines.
Tout du moins, c'est ce que croient ingénument Bustillo et son fidèle comparse. La distribution du film réunit Allysson Paradis, Béatrice Dalle, Nathalie Roussel, François-Régis Marchasson, Jean-Baptiste Tabourin et Dominique Frot. 

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En outre, le scénario d'A l'Intérieur est plutôt laconique et se résume donc en quelques lignes. Attention, SPOILERS ! Depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, Sarah est seule et malgré une mère omniprésente, c'est seule qu'elle passera son réveillon de Noël. Seule et enceinte. Cette nuit est la dernière que la jeune femme passera chez elle. Le lendemain matin, celle-ci doit entrer à l'hôpital pour accoucher. Dans sa maison, tout est calme.
Jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l'enfant qu'elle porte en elle
. En vérité, A l'Intérieur s'inscrit à la fois dans ce cinéma gore et grand-guignolesque, et donc dans le sillage et la continuité de Saw 3 (Darren Lynn Bousman, 2006).

Impression corroborée par la sortie quasi simultanée de Frontière(s), déjà précité. Visiblement, Alexandre Bustillo et Julien Maury affectionnent surtout les situations extrêmes et rocambolesques. Ici, point de focalisation sur le scénario qui se résume, finalement, à une banale histoire de vengeance. Dès l'introduction, le ton gore et funambulesque est donné. Tout commence par un accident de voiture. Puis, la caméra des deux cinéastes se focalise sur la vie solitaire et fastidieuse de Sarah, une jeune femme encore éplorée par la mort de son époux suite à ce triste carambolage. 
Enceinte, elle attend impatiemment un heureux événement. C'est d'ailleurs tout le paradoxe du film. Cette naissance, à priori heureuse, est marquée par le deuil, la perte et la mort.  

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Or, la menace se trouve à l'extérieur et est symbolisée par la présence d'une femme anonyme (Béatrice Dalle) et munie d'un opinel. Très vite, Alexandre Bustillo et son acolyte ont le mérite de présenter les inimitiés. La femme anonyme ne tarde pas à se manifester et à exercer une pression comminatoire. Médusée, Sarah alerte la police. S'ensuivent une série de meurtres et d'étripages dans les règles. Sarah devra lutter seule, claustrée dans sa salle de bains.
Hystérique, la meurtrière vindicative s'en prend directement au ventre de la malheureuse. C'est donc bien le bébé qui est clairement la cible de la sociopathe furibonde. Dès lors, bienvenue dans une série d'égorgements, d'éventrations et d'effusions sanguinaires dans les règles ! Reste à savoir si Bustillo et Maury auront l'outrecuidance de s'attaquer réellement à la progéniture.

La réponse est hélas positive... En l'état, difficile d'en dire davantage. Mais c'est aussi cette cicatrice indélébile qui semble nimber ce film trash, cette volonté farouche de rompre avec un cinéma français beaucoup trop timoré. Au moins, A l'Intérieur va jusqu'au bout de ses belligérances sans jamais casser cette dialectique sanguinolente. En dépit de ses bonnes intentions, difficile de dire ce qui reste du film après son générique final. Certes, les amateurs de sensations fortes priseront cette pellicule courageuse et extrême. Les autres risquent de se demander quel est le véritable intérêt de cette production un brin racoleuse. Si on relève quelques moments réussis (en particulier les scènes de tension et de huis clos), les séquences gore se révèlent curieusement obsolètes, comme si la profusion de sang desservait finalement ce long-métrage outrancier.
On navigue sans cesse entre une sériosité implacablement affichée et une bisserie à peine assumée. 
A l'image de l'épilogue final, lui aussi grand-guignolesque par ailleurs. Hormis cette extraction utérine sans péridurale, pas grand-chose à retenir de ce film d'horreur anomique.

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver