the dark knight

 

Genre : action
Année : 2008
Durée : 2h05

Synopsis : Avec l'appui du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur de Gotham, Harvey Dent, Batman vise à éradiquer le crime organisé qui pullule dans la ville de Gotham. Leur association est très efficace mais elle sera bientôt bouleversée par le chaos déclenché par un criminel extraordinaire que les citoyens de Gotham connaissent sous le nom de Joker.

La critique :

En l'espace d'une quinzaine d'années, Christopher Nolan est devenu un réalisateur incontournable dans le petit univers hollywoodien. C'est à partir des années 2000 que le cinéaste s'illustre avec Memento, un thriller sur fond d'amnésie et d'enquête policière, nous conviant à sonder la psyché d'un homme en pleine autoscopie mentale. Son film suivant, Insomnia (2002), se veut moins expérimental et plus accessible au grand public. Mais l'année 2003 marque la consécration de Christopher Nolan.
Le metteur en scène est chargé de réaliser Batman Begins et de revisiter la genèse du super-héros de Gotham. Un justicier pour le moins en déliquescence depuis le malheureux Batman et Robin (1997), sous l'égide de Joel Schumacher. En outre, Batman Begins est un projet ambitieux puisque Nolan affirme sa volonté de réaliser une trilogie.

Suite au succès commercial de ce premier chapitre, le film est logiquement suivi par The Dark Knight, le Chevalier Noir (2008) et The Dark Knight Rises (2012). Aujourd'hui, c'est le cas du deuxième opus, The Dark Knight, le Chevalier Noir, qui nous intéresse. Le long-métrage se doit d'ériger la quintessence du super-héros au cinéma. Nommé aux Oscars, le film obtient plusieurs récompenses, notamment l'Oscar du meilleur second rôle à titre posthume pour Heath Ledger dans le rôle du Joker et l'Oscar du meilleur montage sonore. Côté distribution, viennent également s'ajouter Christian Bale qui revêt à nouveau les oripeaux du justicier de Gotham, Michael Caine, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Gary Oldman, Morgan Freeman, Cillian Murphy, Eric Roberts et Michael Jai White.
The Dark Knight, c'est avant tout un casting onéreux et prestigieux. Mais pas seulement.

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Le film est non seulement marqué par la mort de Heath Ledger mais aussi par "le décès d'un technicien (Conway Wickliffe) lors d'une répétition à bord de la Batmobile" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Dark_Knight_:_Le_Chevalier_noir). Un tournage qui se déroule donc sous les oraisons funèbres... A l'origine, David S. Goyer, scénariste du film, envisageait deux suites sous l'égide du Joker et de Double-Face (alias Harvey Dent).
Toutefois, Christopher Nolan souhaite davantage se centrer sur la folie du Joker et la menace qu'il représente pour Gotham. Il souhaite également un bad guy très éloigné de celui décrit par Tim Burton dans le tout premier Batman en 1989. Nolan complexifie son récit et décrit la ville de Gotham comme une cité en plein marasme et en proie à une criminalité exponentielle.

Attention, SPOILERS ! (1) Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker (1). Le premier chapitre, Batman Begins, marquait une rupture fatidique avec l'univers "burtonien". Avec Christopher Nolan, pas de place pour la fantaisie et les goguenardises !
Le cinéaste déploie un univers contemporain très proche de notre société moderne et gangrénée par la criminalité. The Dark Knight s'inscrit donc dans le sillage et la continuité de son auguste prédécesseur. 

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En outre, le Joker vient carrément voler la vedette au justicier de Gotham. Le visage tuméfié et transfiguré, le gangster s'apparente à un véritable psychopathe. Mais ce nouveau tortionnaire a parfaitement compris les roueries de Gotham et de ses politiciens qui la dirigent. Seul Harvey Dent apparaît comme le sauveur de la veuve et de l'orphelin. En guerre contre le grand banditisme, cet édile incorruptible représente le nouvel espoir de Gotham. Hélas, cette probité, à priori sans faille, est contrariée par une schizophrénie sous-jacente.
Cette duplicité va bien se transmuter en un double factieux et et pernicieux.
Finalement, le Joker et Double-Face se ressemblent et sont voués à la même destinée funèbre. A l'instar du sociopathe, Harvey Dent est lui aussi appelé à revêtir le masque de la "Terreur", celle qui massacre et assassine des innocents dans Gotham.

The Dark Knight a donc une vraie consonance politique, psychologique et presque eschatologique. Chaque personnage, même subalterne, possède ses propres failles. Evidemment, Batman n'échappe à cette didactique. Bientôt, les choix opérés par le justicier vont conduire le super-héros à devenir le paria de Gotham. C'est le prix à payer pour rétablir la justice dans une ville chaotique. Dès lors, Christopher Nolan sort l'artillerie lourde et signe un blockbuster ambitieux et un brin grandiloquent. Presque deux heures et demie de séquences d'action, de conflagrations, de rebondissements inopinés et d'enjeux politiques. Sagace, Christopher Nolan plonge le spectateur dans une cité crépusculaire.
On se croirait presque chez Michael Mann avec son
Collatéral (2004) et ses plongées spectaculaires dans une cité exsangue. A l'instar de son épigone, Nolan propose plusieurs vues panoramiques, ainsi que des gros plans obombrés sur une cité en déliquescence. Quant au Joker, le bandit cupide préfigure tout ce que Batman répudie et admoneste : le cynisme, l'amoralité, l'outrecuidance et cette fascination pour la destruction et la violence. Bref, on tient là le meilleur épisode de la trilogie, en tout cas, le plus abouti.

Note : 17/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1)  Synopsis du film sur : http://www.avoir-alire.com/the-dark-knight-le-chevalier-noir-la-critique-test-blu-ray