vendredi 13 - 2009

 

Genre : horreur, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 2009
Durée : 1h37

Synopsis : Un groupe d'adolescents découvre le camp de Crystal Lake en même temps que le terrifiant Jason Voorhees et ses intentions meurtrières

La critique :

Au début de sa carrière cinématographique, Marcus Nispel s'illustre et se distingue essentiellement à travers les clips vidéo. Il réalise alors plusieurs vidéos musicales pour le compte de Mylène Farmer (L'instant X, Comme j'ai mal et XXL, entre autres), d'Etienne Daho (Mon manège à moi) et de Pascal Obispo (Où est l'élue). Marcus Nispel travaille aussi sous l'aval d'augustes musiciens américains dans les années 1980, notamment pour George Michael, Janet Jackson et Billy Joel.
C'est dans ce contexte qu'il s'accointe et s'acoquine avec Michael Bay. Le célèbre producteur, scénariste et cinéaste américain le choisit pour réaliser le remake de Massacre à la Tronçonneuse en 2003. Marcus Nispel a donc la lourde tâche de succéder à Tobe Hooper. Certes, le metteur en scène ne parvient pas à transcender cette nouvelle version vers des sommets de noirceur et de nihilisme.

Néanmoins, Massacre à la Tronçonneuse (2003) se solde par un succès triomphal dans les salles obscures et signe l'avènement des remakes horrifiques au cinéma. Après avoir signé Pathfinder en 2007 (lui aussi un remake), Marcus Nispel est à nouveau sommé de réaliser une nouvelle version de Vendredi 13, le slasher cultissime de Sean S. Cunningham, sorti en 1980.  A la base, le matériel originel sort dans un contexte défavorable. Conspué et répudié par les critiques, le long-métrage de Cunningham est, à l'inverse, plébiscité par les fans, engrangeant plus de quarante millions de dollars de recettes. 
La suite, vous la connaissez. Vendredi 13 engendre de nombreux épisodes et toute une pléthore de succédanés, notamment Meurtres à la Saint-Valentin (George Mihalka, 1981), Massacre au camp d'été (Robert Hilzik, 1983), Carnage (Tony Maylam, 1981), Douce Nuit, Sanglante Nuit (Charles E. Sellier Jr., 1984), ou encore Rosemary's Killer (Richard Einhorn, 1981), pour ne citer que ces exemples.

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Evidemment, Vendredi 13 premier du non s'inscrit dans le sillage et la continuité de Halloween, la nuit des masques (John Carpenter, 1978). Si le film de Sean S. Cunningham se solde par un immense succès commercial, il suscite, à contrario, les invectives et les causticités. En effet, certaines critiques jugent ce slasher ridicule et surestimé. C'est probablement pour cette raison que Michael Bay et Marcus Nispel décident d'apporter leur modeste pierre à l'édifice.
D'ailleurs, Sean S. Cunningham lui-même vient s'ajouter aux inimitiés en tant que producteur exécutif du film. Vendredi 13 version 2009 n'a pas pour vocation de renouveler le slasher, un genre pour le moins en désuétude depuis de nombreuses années, mais de séduire avant tout un public boutonneux et pré-pubère.

Un choix judicieux de la part de Michael Bay et de ses fidèles prosélytes puisque Vendredi 13 (2009) s'octroie les faveurs du box-office et devient le film le plus rentable de la franchise. A contrario, le métrage récolte des avis plutôt mitigés. Nanti d'un budget de 19 millions de dollars, le long-métrage réunit le casting suivant : Jared Padalecki, Danielle Panabaker, Amanda Righetti, Travis Van Wickle, Derek Mears, Aaron Yoo, Julianna Guill et Arlen Escaparta.
Attention, SPOILERS ! (1) Juin 1980, la nuit du Vendredi 13, Jason Voorhees, un petit garçon difforme, assiste à la décapitation de sa mère psychopathe, Pamela Voorhees. Donné pour mort, il déambule dans la région abandonnée de Crystal Lake. Au fil des années, il acquiert une force surhumaine et une rage aveugle envers tous les adultes.

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Aujourd’hui, 20 ans plus tard, un groupe d’adolescents décide de passer un week-end près du lac de Crystal Lake, et vont déclencher la folie meurtrière de Jason. Par la suite, le frère d'une victime va enquêter pour retrouver la trace de sa sœur disparue (1). Premier constat, Vendredi 13 (2009) s'inscrit dans la dialectique et la rhétorique de tous ces remakes infatués des années 2000. Son objectif n'est donc pas de changer une formule gagnante et bien connue du grand public, à savoir un affreux croquemitaine qui assaille une jeunesse apathique et insouciante.
Impression corroborée par la séquence d'introduction, plutôt efficace par ailleurs, sans vraiment se démarquer de la concurrence litanique. Des étudiants partis en camping sont attaqués par Jason Voorhees.

Au programme : des nichons, une séquence de coït sous une tente, des étudiants massacrés un par un et une jeune femme kidnappée. Cette dernière semble entretenir un lien indicible avec le célèbre boogeyman
Puis, la caméra de Marcus Nispel se centre sur un nouveau groupe d'étudiants. Finalement, nos héros sont interchangeables. Eux aussi ne pensent qu'à festoyer et à ripailler sous l'effet de l'alcool et de différentes substances illicites.
De facto, difficile de se passionner pour les péripéties de notre bande de débauchés. Dans ce scénario famélique, Jason Voorhees se distingue néanmoins par sa célérité. 
Désormais, le croquemitaine court, se hâte dans la forêt, tel un prédateur à la recherche de sa future proie. Il est même muni d'une machette, d'un arc et de flèches. C'est la seule réelle nouveauté de ce slasher de facture conventionnelle. Certes, Marcus Nispel respecte à la lettre et à la virgule près les fameux préceptes ânonnés par la franchise. Hélas, la recette finit peu à peu par s'étioler. Inexorablement. 
Ainsi, la formule pérorée par Marcus Nispel et Michael Bay brille surtout par son obsolescence. Bref, pas de quoi pavoiser devant ce slasher qui séduira sans doute les plus irréductibles. Les autres seront priés de rebrousser chemin.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vendredi_13_(film,_2009)