chambre 1408

 

Genre : épouvante, horreur
Année : 2007
Durée : 1h44

Synopsis : Bien qu'il soit un auteur réputé de romans d'épouvante, Mike Enslin n'a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n'est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier... En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l'existence d'une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l'hôtel, Enslin décide d'y passer une nuit. Face à ce qu'il va vivre, son scepticisme va voler en éclats. Pour lui, la question n'est plus de savoir si le paranormal existe, mais d'espérer survivre à la nuit de tous les cauchemars.

La critique :

On ne compte même plus les adaptions de Stephen King au cinéma : Carrie au bal du Diable (Brian de Palma, 1976), Les Vampires de Salem (Tobe Hooper, 1980), Shining (Stanley Kubrick, 1980), Les Démons du Maïs (Fritz Kiersch, 1984), Dead Zone (David Cronenberg, 1987), Cujo (Lewis Teague, 1983), Les Evadés (Frank Darabont, 1994), Stand By Me (Rob Reiner, 1986), Christine (John Carpenter, 1983), The Mist (Frank Darabont, 2007), Dolores Clairbone (Taylor Hackford, 1995), ou encore Simetière (Mary Lambert, 1989), pour ne citer que ces exemples.
Stephen King fait donc partie de ces auteurs prolifiques qui ont le plus inspiré le cinéma, en particulier horrifique. Il n'est donc pas surprenant qu'une de ces nouvelles, intitulée 1408 et publiée dans le recueil Tout est fatal, soit adaptée par les soins de Mikael Hafström en 2007, et sous le titre de Chambre 1408.

En outre, Chambre 1408 est le cinquième long-métrage du cinéaste suédois. Aux Etats-Unis et à travers le monde entier, le film se soldera par un certain succès commercial. Mieux, le métrage remportera le Prix du public au festival du film de Fajr en 2008. Quant aux critiques, elles sont presque unanimement panégyriques. Reste à savoir si Chambre 1408 mérite un tel dithyrambe. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film réunit John Cusack, Samuel L. Jackson, Mary McCormack et Tony Shalhoub. C'est donc un casting rachitique qui a été prodigué et réuni pour les besoins du film.
En même temps, le scénario de Chambre 1408 se résume à une sorte de huis clos horrifique opposant un seul et unique protagoniste, un certain Mike Enslin (John Cusack), à des forces démoniaques et comminatoires.

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De facto, la trame scénaristique est de facture basique et conventionnelle. Attention, SPOILERS ! Bien qu'il soit un auteur réputé de romans d'épouvante, Mike Enslin n'a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n'est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier... En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l'existence d'une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l'hôtel, Enslin décide d'y passer une nuit. Face à ce qu'il va vivre, son scepticisme va voler en éclats.
Pour lui, la question n'est plus de savoir si le paranormal existe, mais d'espérer survivre à la nuit de tous les cauchemars
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Pour la petite anecdote, les bonus dvd (collector) et Blu-ray du film proposent une fin alternative, se terminant par la mort de Mike Enslin, inhumé aux côtés de sa fille. N'ayez crainte, point de décès ni d'oraison funèbre dans cette production horrifique hollywoodienne ! Ne réalise pas Shining qui veut. Clairement, Mikael Hafström ne possède pas le talent ni l'érudition d'un Stanley Kubrick. En l'occurrence, Chambre 1408 partage de nombreuses accointances avec le fameux Shining, ne serait-ce que pas son décor opulent, à savoir un hôtel bourgeois et auréolé d'une réputation sulfureuse ou plutôt ténébreuse. La raison ?
Une chambre, la 1408, est précédée par de nombreux suicides et des morts mystérieuses. Tel est l'avertissement rédhibitoire du directeur des lieux, Gerald Olin (Samuel L. Jackson).

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Une scène d'introduction rigoureuse et diablement efficace (c'est le cas de le dire !) puisqu'on nous promet du sang, des démons à profusion, des fantômes, des chairs putrescentes et une chambre déguisée en antre de l'horreur. Pis, la plupart des domestiques n'osent même plus s'approcher de cet endroit machiavélique sous peine d'être électrocutés ou réduits à de vulgaires morceaux putrescents. Pourtant, une fois débarqué sur les lieux, Mike Enslin découvre une chambre plutôt sommaire, avec son lit près de la porte d'entrée et sa salle de bains attenante. Le journaliste est désappointé.
Ca tombe bien, nous aussi. Point de rivière ensanglantée qui semble jaillir du nulle part ni de monstre aux crocs acérés provenant d'un univers parallèle. Dès lors, Chambre 1408 s'apparente à un huis clos horrifique de facture classique et plutôt redondante : des portes qui claquent, une radio qui décompte le temps qui reste à vivre à notre héros téméraire, des robinets qui coulent inopinément...

Hélas, tous ces effets stylistiques se révèlent rapidement obsolètes, imprimant un sérieux air de déjà-vu. Pourtant, Mike Enslin le proclame haut et fort. Le grimaud n'a jamais vécu une expérience aussi terrifiante et sensorielle. Sauf que nous, si. Conscient de l'inanité et de la vacuité de son script, Mikael Hafström sort enfin l'artillerie lourde. Des fantômes numériques émergent enfin du néant puis se jettent par la seule fenêtre de la chambre. Enfin, Enslin commence à prendre conscience de la nocuité de cette chambre luciférienne. Trop tard ! Voilà notre cacographe empêtré dans les propres réminiscences de son passé. Un couple sur le point de péricliter, un mari débonnaire et aux abonnés absents et puis enfin, la seule bonne idée du film : notre héros confronté à la propre mort de sa fille, le cadavre gisant dans les bras du patriarche. Certes, John Cusack se démène et s'agite dans tous les sens. 
Une  chimère. Au moins, le spectateur incrédule retiendra son excellente performance. Bref, Chambre 1408, c'est un peu comme le train-fantôme dans les fêtes foraines, avec ses iconographies démoniaques en toc et ses décors en carton-pâte qui périclitent : une sorte d'arnaque commerciale qui nous promet des sensations fortes pour une somme souvent indécente. Les spectateurs les plus impressionnables ou les moins exigeants - vous choisirez - priseront peut-être cette pellicule inoffensive.
Les autres tonneront et pesteront, à raison, contre l'escroquerie de ce long-métrage famélique.

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver