sharknado

Genre : nanar hors catégorie, horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013
Durée : 1h24

L'histoire : Suite à une série de tempêtes sur les côtes californiennes, des milliers de requins, projetés par des tornades, viennent s'échouer dans les villes et semer la terreur parmi la population. Fin, propriétaire d'un bar, aidé par sa famille et deux amis, parviendra à éradiquer le danger en prenant tous les risques.
 

La critique :

A ce niveau du n'importe quoi, on est droit de se poser la question essentielle : "Par où vais-je commencer ?". Comment aborder l'inabordable, comment décrire l'indescripible sommet de la connerie ? Je vais d'ailleurs vous faire un aveu : je ne m'en suis pas encore totalement remis. Pourtant, je m'étais conditionné psychologiquement, je m'étais entraîné en visionnant auparavant quelques bouses infâmes qui, je l'espérais, m'auraient préparé au choc qui m'attendait. Erreur ! 
Rien sur terre ne peut se comparer à Sharknado.

J'espère que le réalisateur, l'illustre Anthony C. Ferrante, était bien conscient de l'énormité de la chose au moment où il tournait ce nanar monumental, sinon il faut l'enfermer d'urgence dans un asile ! Je conseille par contre, à ceux qui aiment les films trépanés des méninges, de lui faire ériger une statue... Lorsque la bêtise dépasse l'entendement, on ne peut que s'incliner !

Parmi l'équipe de bras cassés qui se sont fourvoyés dans cette galère, nous retrouvons Ian Ziering (le Steve de Beverly Hills 90210), Tara Reid (American Pie) et John Heard (C.H.U.D). Soit un has been, une bimbo passée de date et un never been, bref de vraies catastrophes ambulantes ! Il faut vraiment être dans un besoin désespéré de croûter à la fin du mois pour accepter de tourner dans une pareille ineptie. Coupable de bien d'autres aberrations cinématographiques, la société Asylum place, avec Sharknado, la barre de la stupidité à une hauteur qui donne le vertige...
Attention spoilers: Un cyclone surpuissant s'abat sur les côtes californiennes. En passant au dessus de l'océan, il ramène dans ses vents ascensionnels des milliers de requins qui se retrouvent prisonniers des tornades successives. Peu à peu, les squales, plus affamés que jamais, tombent du ciel et ne tardent pas à faire régner la terreur parmi la population de Los Angeles. Les requins s'infiltrent partout : dans les rues transformées en bras de mer, dans les maisons, dans les égoûts, dans la piscine d'une résidence pour retraités, partout...

Heureusement, qu'il y a l'intrépide Fin, patron d'un bar et surfeur occasionnel. Celui-ci est inquiet pour son ex-femme (dont il est toujours amoureux) et pour ses enfants. Avec l'aide de deux potes, il décide de les évacuer et de partir à la chasse aux requins. Le petit groupe unira ses forces pour combattre les créatures méchamment dentées et triomphera des vilaines bestioles à grand coup de tronçonneuse. Alléluia ! Sharknado s'impose instantanément comme un nanar culte. Dernier rejeton en date des improbables productions aquatiques d'Asylum, cet OVNI est devenu, en très peu de temps, la référence ultime en matière de requins périmés. C'est du Z et ça assume grave. 
Je ne m'étendrai pas sur le nombre incalculable de faux raccords, je vous ferai grâce de la "qualité" plus que foireuse des images de synthèse, je passerai sous silence l'incroyable niaiserie des dialogues et je ferai l'impasse sur l'indigence de l'interprétation. Tara Reid, notamment, est aux abonnées absentes, jouant à merveille le rôle qui lui sied le mieux, celui de la potiche. On frôle le néant absolu. Non, rectification, on ne le frôle pas, on y plonge la tête la première.

 

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Heureusement, Sharknado se rattrape par cette idée génialement conne sur laquelle repose son "scénario". Des requins qui tombent du ciel, il fallait y penser ! Vous me direz qu'il fallait aussi être sérieusement imbibé de la pulpe pour avoir pu concevoir une telle absurdité. Après avoir commencé très fort, le film (téléfilm d'ailleurs) connaît une grosse baisse de régime en son milieu, au point de le faire flirter avec le navet. Mais Sharknado se doit d'être vu pour son final ahurissant qui s'achève en véritable feu d'artifice. Inutile alors de vous préciser que les scènes autant débiles que jouissives s'enchaînent à toute allure. Quelques unes pour le plaisir ? Une journaliste se prend un requin en pleine tronche alors qu'elle présente le journal télévisé, des requins volants vont se griller contre des pylones électriques et explosent en mille morceaux, un autre saisit en plein vol et à pleines dents un hélicoptère venu larguer une bombe dans une tornade... Le point culminant se produit quand le héros, pour protéger sa fille, se jette avec une tronçonneuse dans la gueule grande ouverte d'un squale qui lui arrivait plein pot dessus.

N'ayez crainte, il s'en sortira sans une égratignure. Comme par magie, après ce dernier exploit, les tornades s'arrêtèrent net et la pluie de requins également. Il faut croire que les producteurs étaient ric-rac financièrement (une constante chez Asylum) et qu'ils ont décidé d'arrêter les frais sur cette dernière scène, sans autre forme d'explication... "Sacrée journée !" s'écrie alors notre héros couvert d'entrailles. Sacré film que ce Sharknado ! Phénomène de curiosité dans le monde entier, ce film a suscité un engouement incroyable de la part du public, notamment sur internet où il resta quelques temps à la première place des recherches Google. Déjà classé parmi le top 10 des pires films de l'histoire, Sharknado se révèle être un putain de délire catastropho-aquatique, d'une nullité abyssale certes, mais à la frénésie communicative. Un spectacle sans queue ni tête, mais dont il émane quelque chose d'incompréhensiblement sympathique. Pour conclure, je ne saurais trop conseiller aux amateurs de nanars (mais seulement à eux !) de ne pas louper ce spectacle unique sous peine de passer à côté d'un très très grand moment. Alors si vous êtes prêts à tenter l'expérience, dépêchez-vous car Sharknado 2 et Sharknado 3 sont déjà disponibles.

Côte : Nanar

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore