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Genre : horreur, found footage, drame, home invasion (interdit aux - 18 ans)
Année : 2012
Durée : 1h13

Synopsis : Une jeune famille juive vient de déménager dans un nouveau quartier. Mais un soir, lors de l’anniversaire d'Alex, plus jeune enfant de la famille, trois néo-nazis viennent interrompre la fête. Le cauchemar ne fait que commencer…  

La critique :

James Cullen Bressack débute sa carrière cinématographique vers le milieu des années 2000 et réalise essentiellement des courts-métrages, par ailleurs méconnus du grand public. Ainsi, le cinéaste américain se spécialise essentiellement dans l'horreur avec Heroine Junky for Dummies (2005), Lunar Impossible (2006), Reflecting Love (2008), The Moving Chair (2008), CollEDGE (2008), The Music-Box Killer (2008) et Unmimely Demise (2011), entre autres.
Puis, James Cullen Bressack réalise son tout premier long-métrage en 2011, My Pure Joy. Mais c'est à partir de 2012 que le réalisateur suscite à la fois les invectives et les quolibets avec Hate Crime, à ne pas confondre avec le film homonyme de 2005, conçu par les soins de Tommy Stovall.

En outre, le film de James Cullen Bressack est victime de sa sulfureuse réputation. Le métrage est carrément banni au Royaume-Uni, notamment pour ses nombreuses séquences de viol et son réalisme brut de décoffrage. Inutile de mentionner les acteurs, à moins que vous connaissiez les noms de Jody Barton, Nicholas Clark, Greg Depetro, Debbie Diesel, Tim Moran et Ian Roberts ; mais j'en doute... En l'occurrence, Hate Crime s'inscrit à la fois dans la mode du home invasion et du found footage. Le home invasion a effectué son grand retour en 2009 via le remake de La Dernière Maison sur La Gauche (Dennis Iliadis). Ensuite, par l'intermédiaire (essentiellement) de la vidéo, ce sont toute une pléthore de productions impécunieuses qui tentent de renouveler un genre en désuétude, notamment Torment (Jordan Parker, 2012), Kidnappés (Miguel Angel Vivas, 2010), ou encore Intruders (Adam Schindler, 2015), pour ne citer que ces exemples.

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Par certaines accointances, le scénario de Hate Crime n'est pas sans rappeler le synopsis de Funny Games (Michael Haneke, 1997). A la seule différente que le film de James Cullen Bressack ne cherche pas à disséquer le rapport que le spectateur entretient avec l'image. Attention, SPOILERS ! Une jeune famille juive vient de déménager dans un nouveau quartier. Mais un soir, lors de l’anniversaire d'Alex, plus jeune enfant de la famille, trois néo-nazis (qui se font appeler Un, Deux et Trois) viennent interrompre la fête. Le cauchemar ne fait que commencer...
Certes, le scénario de Hate Crime ne brille pas vraiment par son ingéniosité. En revanche, le long-métrage se démarque par son style direct, abrupt et radical. D'ailleurs, dès l'arrivée des trois "nazillards" dans la maisonnée, c'est le plus jeune gosse de la famille qui est assassiné.

La suite ? Les trois sociopathes revendiquent haut et fort leur xénophobie et leur antisémitisme par toute une série d'invectives et d'acrimonies. Pour les âmes sensibles, merci de quitter leur siège et d'aller faire un petit tour. Pendant presque une heure et dix minutes de bobine, nos trois lascars azimutés vont s'employer à torturer et à supplicier le reste de la famille. Toutes leurs perfidies et leurs ignominies seront minutieusement filmées par une caméra subjective.
Au programme des tristes réjouissances : un père à l'agonie régulièrement morigéné et rudoyé par des agresseurs cagoulés, une énucléation dans les règles, puis le frère cadet de la famille convié à violer sa propre mère... En l'occurrence, c'est cette fameuse séquence incestueuse qui provoquera les foudres de la censure.

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En revanche, le long-métrage de James Cullen Bressack n'est pas exempt de tout reproche. A priori, Hate Crime est conçu, pensé et ratiociné comme une dénonciation des crimes raciaux, hélas de plus en plus en vogue aux Etats-Unis. Malheureusement, sur la forme comme sur le fond, Hate Crime ne s'apparente aucunement à un film politique, revendicatif et/ou idéologique. Il faudra attendre les toutes dernières minutes de bobine avant de voir apparaître quelques explications sur ce fait divers horrible et sadique. Car Hate Crime serait inspiré d'une histoire vraie et relaterait le véritable supplice d'une famille juive... Néanmoins, toutes ces informations sont à minorer et à mettre au conditionnel...
En vérité, le film est surtout victime de sa forme et convie allègrement le spectateur à visionner toute une série de tortures, de viols, d'agapes et de bacchanales, le tout filmé dans une certaine euphorie et joyeuseté. 

In fine, Hate Crime souffre également de ses propres redondances et atermoiements, notamment après la mort de l'un de nos trois joyeux lurons. A contrario, le film de James Cullen Bressack taraude longtemps après son visionnage et pose toujours cette question du voyeurisme sans réellement apporter de réponse ni une réflexion quelconque. En l'état, Hate Crime s'inscrit dans cette tendance moderne et extrême qui consiste davantage à exacerber une violence outrancière, sans toutefois la décortiquer ni l'analyser. Encore une fois, la forme le remporte sur le fond... 
Toujours la même ritournelle... Mais ne soyons pas trop sévères... Le long-métrage de James Cullen Bressack possède de solides arguments, par ailleurs déjà mentionnés, et peut s'enorgueillir de délivrer l'uppercut annoncé. On tient donc là un vrai film choc et à réserver à un public particulièrement averti. Parfaitement non-notable, donc !

 

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver