Dans sa définition basique, le nanar est un mauvais film, voire un très mauvais film, voire un film incroyablement désastreux... mais sympathique. Oui, de ces oeuvres calamiteuses se dégage chez le spectateur et de manière inexplicable, un sentiment de compassion et même d'adhésion. Nombre de cinéphiles se sont d'ailleurs spécialisés dans ce genre bien précis. On les appelle "nanardeurs", "bisseux" ou encore "zedards". En ce qui concerne le nanar, les deux sites français de référence restent définitivement Nanarland (le bien nommé) et feu Naveton Cinéma, créé en 2011 par notre chef bien aimé, Alice In Oliver, et qui a cessé toute activité en novembre 2014.
A l'instar de mes précédents classements sur les films trash, extrêmes et scandaleux et sur les films barges, inclassables et expérimentaux, je me suis amusé à établir un Top 50 des plus les plus catastrophiquement savoureux que j'ai pu visionner. Une petite annotation accompagne chacun d'entre eux. Quant aux 10 premiers, ils ont le droit à quelques lignes de commentaire supplémentaire qui situeront exactement le niveau de "nanardise" de ces "oeuvres". Bonne lecture !

1. Turkish Star Wars (Cetin Inanç, 1982)

turkish s wars

 

Qui d'autre que ce nanar turc hors du commun aurait pu se retrouver en tête de ce classement ? LE monument du genre. Le seul, l'unique, l'inénarrable Turkish Star Wars est ce qui se fait de mieux (ou de pire, c'est selon) dans la débilité et l'amateurisme. Au programme, plagiats musicaux et cinématographiques, monstres en mousse, costumes grotesques, décors en carton-pâte, bagarre à pisser de rire, un "Alain Delon" turc au sourire ultra-brite et à l'oeil malicieux qui bondit sur ses adversaires par sauts trempolinesques. Rien, strictement rien n'est épargné au spectateur. A ce niveau de nullité, ce n'est plus de l'incompétence, c'est du génie !

2. Crocodile Fury (Ted Kingsbrook, 1988)

croco f

 

Un sérieux rival (et pour dire le seul) pour Turkish Star Wars. Le site Nanarland l'a même placé en tête de son classement. Il faut dire qu'il a de très solides arguments à faire valoir : une histoire kafkaïenne mêlant tous les genres, un montage complètement "nazebroque", des acteurs asiatiques avec des noms américains et surtout un crocodile en caoutchouc fermenté au possible à qui le héros murmure des mots doux pour apaiser son appétit gargantuesque. Bref, un véritable morceau d'anthologie...

3. Super Inframan (Shan Hua, 1975)

super_inframan

 

C'est sans aucun problème que cet objet filmique non identifié (OFNI) se hisse sur le podium du classement. Nous tenons là un engin qui éparpille façon puzzle à peu près tout ce que le cinéma a pu engendrer de crétineries redoutables. Retrouvez votre âme d'enfant et plongez-vous avec délice dans ce festival d'extraterrestres en pyjamas, de dragons moisis et de monstres de carnaval tous plus ridicules les uns que les autres. Un nanar surpuissant.

4.  Robo Vampire (Joe Livingstone, 1988)

robo vampire

Avec Robo Vampire, nous pénétrons dans une autre dimension, celle des nanars hors norme qui défient la logique et dépassent l'entendement. Au programme, un Robocop low cost, des vampires-zombies affublés de gants de toilette et des maquillages d'un ridicule absolu. Quant à l'histoire, s'il s'en trouve parmi vous qui y ont compris quelque chose, qu'il me téléphone d'urgence ! Canapé, pizzas et potes éméchés obligatoires pour apprécier ce "chef d'oeuvre" à sa juste valeur.

5. Devil Story - Il était une fois le Diable (Bernard Launois, 1985)

devil story

A mon humble avis, le plus gros nanar français de tous les temps. Clairement réalisé sous substances illicites, Devil Story réalise la prouesse de faire passer les films de Max Pécas pour du Bergman. Des acteurs unanimement exécrables, une histoire à dormir debout et un réalisateur compètement à l'ouest qui filme avec les pieds. Non, décidément, Bernard Launois nous propose un spectacle aux frontières de l'irréel.

6. Eaux Sauvages (Paul W. Kener, 1979)

eaux sauvages

Nanar de légende, ce maître-étalon du "portnawak" accumule les scènes d'un vide abyssal et les dialogues dégénérés pour les porter à un niveau de stupidité inaccessibles au commun des mortels. De deux choses l'une : soit les dialoguistes du film original avaient 5 grammes d'alcool dans le sang, soit ce sont les doubleurs français qui s'étaient envoyé une sévère biture avant leur taf. Le film est disponible en VF sur YouTube, jetez-vous y dessus, c'est cadeau !

7. Myra Breckenridge (Michael Sarne, 1970)

myra breckenridge

Lointain ancêtre de Priscilla folle du désert et considéré par beaucoup d'observateurs comme l'un des pires films jamais réalisés, Myra Breckenridge est un nanar absolument phénoménal. Bénéficiant d'un casting de has been cinq étoiles (Mae West qui joue les pin-ups à 77 ans !) et kitsch à un niveau stratosphérique, ce film va vous faire tourner la tête. Je vous avertis : risque sévère de persistance rétinienne...

8. White Fire aka Vivre pour Survivre (Jean-Marie Pallardy, 1985)

white fire

 

Rien à dire, ce film anglo-franco-turc mérite largement son classement. Tout simplement prodigieux de ridicule. White Fire atteint des sommets de crétinisme et démantibule sans la moindre difficulté 99.99 % de la concurrence nanardesque. Allez donc faire un tour sur YouTube et jetez un coup d'oeil (entre autres) sur la baston à la tronçonneuse. Attention, c'est vraiment du lourd...

9. L'Homme Puma aka L'incroyable homme puma (Alberto De Martino, 1980)

homme puma

 

Superman de pacotille au charisme de bigorneau, l'homme puma voltige dans les airs suspendu par des fils visibles à l'écran. Si l'on ajoute à cela des bagarres aussi pitoyables que ridicules, on obtient une aberration filmique. Mais pourquoi diable cet acteur très sérieux qu'était Donald Pleasence s'est-il fourvoyé dans cette aventure ? Réponse : il faut bien payer ses impôts...

10. Les hommes d'une autre planète (Chen Hun Ming, 1976)

hommes autre planète

Avec cette ICTA (Improbabilité Cinématographique Totalement Aware), on entre dans la catégorie des très gros poids lourds du nanar. Un scénario stupide, des acteurs affligeants, des effets spéciaux (ah, ah) élaborés par des techniciens sortis d'un chômage de longue durée et des combats fascinants de crétinerie entre monstres moisis. Bref, un vrai bonheur !

11. Le Clandestin (Greydon Clarh, 1988)

clandestin

 

Très connu des nanardeurs, ce film fortement ranci du trognon atteint le néant artistique avec un rare savoir-faire. Avec en prime la présence d'un chat le plus moisi que vous aurez l'occasion de voir de toute votre existence.

12. Hitman le Cobra (Godfrey Ho, 1987)

hitman le cobra

- "Philip, je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute enculé !"
- Ta gueule, sale enculé !"
Classique du nanar qui suinte le derche, Hitman le Cobra reste évidemment incontournable.

13. Blood Freak (Steve Hawkes § Brad F. Grinter, 1972)

blood f

Un vétéran du Vietnam ingurgite des volailles gavées d'OGM et se transforme en créature monstrueuse mi-homme mi-dindon. Tout est dans le pitch. Colossal d'abusrdité !

14. Plan 9 From Outer Space (Ed Wood, 1959)

plan 9

Le classique des classiques. Longtemps considéré comme le nanar ultime. Pas la peine de faire l'article, tout le monde le connaît.

15. L'attaque de la moussaka géante (Panos H. Koutras, 1999)

attaque moussaka g

Le titre en lui-même est annonciateur d'un gigantesque nanar. Et le film ne déçoit aucunement sur ce point. Tout simplement énorme !

16. La revanche de Samson (Sisoro Gautama Putra, 1985)

revanche samson

Sévèrement lobotomisé de la bulbe, ce film indonésien nous offre un festival de dialogues nullissimes, d'acteurs à fausses moustaches et un cyclope fortement avarié.

17. Das Komabrutale Duell (Heiko Fipper, 1999)

das k duell

 

Un scénario incompréhensible, des bagarres ahurissantes de mollesse, des jets de sang orangés. Le nanar le plus gore de l'histoire du cinéma.

18. Ricky-Oh The Story of Ricky (Ngai Choi Lam, 1991)

story of r

Ken le survivant made in Hong-Kong. De la barbaque hachée menue. Une vraie tuerie nanardeuse !

19. Horror Cannibal (Bruno Mattei, 2003)

horror canni

 

Mattei se plagie lui-même par de nombreux stock-shots de Virus Cannibale. Inénarrable de nullité donc génial.

20. Maniac (Dwain Esper, 1934)

maniac 1934

 

L'histoire de Frankenstein revisité par un réalisateur encore plus mauvais qu'Ed Wood, ça fait rêver non ?

21. Postal (Uwe Boll, 2007)

postal

Le réalisateur teuton pète une fois de plus un câble dans cette adaptation du jeu vidéo éponyme. Pour info, Ben Laden fait partie du casting...

22. I Love Snuff (Jean-Louis Costes, 1996)

i love snuff

Fauché, amateur, vulgaire, ordurier, porno. C'est tout ? Non, c'est du Jean-Louis Costes. Et c'est pour ça que ce film est génial...

23. Sharknado (Anthony C. Ferrante, 2013)

sharknado

Les productions Asylum accablent le spectateur par un spectacle désopilant d'imbécilité : des requins qui volent, des CGI foireux et un casting de bras cassés.

24. Virus Cannibale (Bruno Mattei, 1980)

virus c

N'oublions pas ce cher Bruno, le roi du Z, sans qui ce classement serait forcément incomplet !

25. Killer Klowns From Outer Space (Stephen Chiodo, 1988)

killer k

J'ai une tendresse particulière pour ce nanar qui mêle horreut et débilité avec un talent certain.

26. Le retour des tomates tueuses (John De Bello, 1988)

retour des T tueuses

Rien que pour le plaisir de revoir un George Clooney jeune et frisotté dans une histoire affligeante de bêtise.

27. Un million d'années avant J.C. (Don Chaffey, 1966)

un million d'années avant jc

La bombe atomique Raquel Welsh en peau de bête, ça le fait grave. Sinon le film ? Ah, ah, ah !

28. The Necro Files (Matt Jaissle, 1997)

necrofiles

Si vous voulez voir un bébé zombie tout pourri volant en quête de chair fraîche, c'est ici que ça se passe...

29. Invasion of the Saucer Men (Edward L. Khan, 1957)

invasion saucer men

Le film qui a inspiré Tim Burton pour ses extraterrestres à tête de chou fleur dans Mars Attacks ! Moisi à souhait.

30. Bad Taste (Peter Jackson, 1987)

bad taste

Les débuts complètement déjantés et ultra gore d'un Peter Jackson encore étudiant. Un régal. Cultissime !

31. C'est facile et ça peut rapporter 20 ans (Jean Luret, 1983)

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Quand on a deux experts du genre comme Michel Galabru et Robert Castel sous la main, c'est facile aussi de faire un nanar...

32. Le Professeur Foldingue (Tom Shadyac, 1996)

professeur foldingue

Osez me dire que vous n'avez pas rigolé devant la scène du repas de "famille" d'Eddie Murphy ?

33. Les Sous-Doués (Claude Zidi, 1980)

sous doués

Qui n'a jamais vu Daniel Auteuil et sa bande en train d'essayer de tricher au bac ? Un classique de la comédie potache.

34. Ils sont fous ces sorciers (Georges Lautner, 1978)

ils sont fous ces s

Jean Lefebvre et Henri Guybet en franchouillards maraboutés pour avoir pissé sur un totem sacré, ça vaut le coup d'oeil.

35. The Deadly Spawn (Douglas McKeown, 1983)

deadly spawn

Petit joyau fun et décalé de la SF made in 80's. Réalisé avec trois bouts de ficelle mais très divertissant.

36. Ogroff aka Mad Mutilator (Norbert Moutier, 1983)

ogroff

Aux confins de l'amateurisme le plus absolu, ce film d'horreur ultra fauché est l'objet d'un véritable culte chez les amateurs de Z.

37. The Toxic Avenger (Michael Herz § Lloyd Kaufman, 1984)

toxic avenger

 

C'est kitsch, c'est gore, c'est sexy. Le must des productions Troma.

38. Brice de Nice (James Huth, 2004)

brice de nice

Alors Brice, ça farte ? Jean Dujardin en surfeur demeuré plus vrai que nature. Un phénomène de société à sa sortie.

39. Y-a-t-il un pilote dans l'avion ? (Jim Abrahams, David § Jerry Zucker, 1980)

y atil un pilote avion

Une pléiade de stars défile dans ce film culte. Une avalanche ininterrompue de gags aussi débiles que jouissifs.

40. The Necro Files 2 (Ron Carlo, 2003)

necro files 2

Un zombie obsédé sexuel très sérieusement membré veut venger la mort de son frère...

41. Décadence (Jean-Clément Gunte, 1998)

décadence 98

Un ovni sanguinolent à l'interprétation totalement surréaliste. Le gore helvète, ça envoie grave...

42. La soupe aux choux (Jean Girault, 1981)

soupe aux choux

Ah, De Funès et Carmet qui pètent sous les étoiles... Quel grand moment de poésie !

43. It conquered the world (Roger Corman, 1956)

it conquered the world

Au programme, un extraterrestre avarié à mi-chemin entre le tronc d'arbre et le chapeau de clown... C'est du lourd. Merci Monsieur Corman !

44. La Mort au Large (Enzo G. Castellari, 1981)

mort au large

Les Dents de la Mer du (très) pauvre. Pitoyable mais rigolo.

45. L'équipée du Cannonball (Hal Needham, 1981)

équipée du cannonball

Burt Reynolds, Jackie Chan et Roger Moore dans un film court-circuité des neurones, vous en rêviez ? Hal Needham l'a fait.

46. Le Chêne d'Allouville aka Ils sont fous ces Normands (Serge Pénard, 1981)

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Ultra recherché en vidéo, ce film sympathique bénéficie de la présence de trois nanardeurs de premier ordre : Jean Lefebvre, Bernard Menez et Henri Guybet.

47. On n'est pas sorti de l'auberge (Max Pécas, 1982)

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Obligé d'avoir un Max Pécas dans ce classement...

48. Porky's (Bob Clark, 1982)

porky's

Teen movie déjanté des heighties, Porky's fait se rencontrer l'univers de Russ Meyer avec celui d'American Pie !

49. Les diplômés du dernier rang (Christian Gion, 1982)

diplomés dernier rang

Surfant sur la vague du succès de Les Sous-Doués, Bruel et Galabru en font des tonnes. Nul mais marrant.

50. Nuits de Cauchemar (Kevin Connor, 1980)

nuits de cauchemar

A la limite du nanar, cette perle d'humour macabre est devenue un petit classique de l'horreur.

 

Hors classement : Cyber Tracker 2 (Richard Pepin, 1995)

cyber tracker 2

Ceux qui avaient lu ma chronique sur ce film savent que je ne l'ai pas vu. C'est donc en toute logique qu'il figure hors classement. Mais les commentaires des "chanceux" (et surtout courageux) qui l'ont visionné sont unanimes : cet objet mutant qui mélange impunément Alien, Robocop et Bioman dépasse l'imagination dans le n'importe quoi.

 

Top 50 établi par :

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore