the-final-dvdrip-vostfr-2010

Genre : horreur, drame (interdit aux - 16 ans)
Année : 2010
Durée : 1h33

Synopsis : Un groupe de lycéens se venge des élèves qui les ont tourmentés jusque-là.

La critique :

Le nom de Joey Stewart risque de ne pas vous évoquer grand-chose et pour cause. Le cinéaste est essentiellement connu pour avoir réalisé plusieurs épisodes de séries télévisées, notamment Walker, Texas Ranger, The Client List, Top Chef, Chase et Inspector Mom. Bref, rien de bien transcendant ni de particulièrement jubilatoire. C'est en 2010 qu'il signe son tout premier long-métrage, à savoir The Final. Inutile de le préciser mais le film n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures et a dû se contenter d'une petite sortie (très) discrète en DTV (direct-to-video).
Ironie du sort, c'est la société Elephant Films qui a publié le long-métrage en dvd et en Blu-ray. Pourquoi ironie du sort ? Tout simplement parce que The Final s'inscrit dans le sillage et la continuité d'Elephant (Gus Van Sant, 2003).

En effet, le film de Joey Stewart s'inspire (en grande partie) d'un terrible fait divers qui concerne le massacre de douze étudiants dans le lycée de Columbine. Toutefois attention, The Final se démarque radicalement d'Elephant puisque le film joue également la carte du torture porn. En l'état, le long-métrage se démarque également de toutes ces productions actuelles qui jouent la carte de la complaisance et de la surenchère. Non, The Final n'est pas un nouvel ersatz de Saw (James Wan, 2004) ni de Hostel (Eli Roth, 2006). De surcroît, le scénario du film opte pour une transposition libre de la fusillade de Columbine.
Si le film s'inspire (encore une fois) de ce terrible fait divers, il adopte une tonalité bien différente sur fond de vindicte adolescente. En outre, la distribution de cette modeste série B ne réunit pas des acteurs très connus du grand public.

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A moins que vous connaissiez les noms de Marc Donato, Jascha Washington, Whitney Hoy, Lindsay Seidel, Laura Ashley, Justin S. Arnold et Travis Tredford ; mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! (1) Dans un petit lycée du Texas, un groupe d'adolescents constamment persécutés et humiliés par leurs camarades, organisent un bal de fin d'année pas comme les autres. Triés sur le volet, les élèves les plus populaires sont conviés à une party qui s'annonce la plus mortelle de l'année.
Drogués puis enchaînés, ils y apprendront une leçon qu'ils retiendront jusqu'à leur mort... (1). Indubitablement, on tient un film choc et plus complexe qu'il n'y paraît. Si le massacre se déroule bien à l'extérieur du lycée, et plus particulièrement lors d'un bal de fin d'année (je renvoie au synopsis), les prémisses de l'horreur débutent réellement dans un bahut (à priori) sans histoire.

Ainsi, le scénario de The Final se focalise sur quatre jeunes éphèbes (Emily, Jack, Ravi, Andy et Dane) conspués, rudoyés et régulièrement gourmandés par leurs camarades de lycée. Pour Joey Stewart, la middle-class lycéenne semble se diviser en deux castes radicalement opposés : les petits bourgeois altiers qui réprimandent les plus faibles, et les opprimés condamnés à subir les furibonderies de leurs congénères. Joey Stewart opère également une dichotomie entre ces mêmes adolescents indociles et leurs propres parents. Dans The Final, les adultes sont donc les grands absents du scénario.
C'est seulement lors d'une escapade nocturne que Kurtis, un des lycéens kidnappés, sera de nouveau fait prisonnier par un ancien soldat du Vietnam...

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Par ailleurs, ce n'est forcément la partie la plus éloquente du film... La grande force de The Final repose sur son ton résolument impartial, radical et brut de décoffrage. A aucun moment, Joey Stewart ne prend fait et cause pour ses tortionnaires ni pour ses victimes. S'il est en effet difficile de supporter les tortures perpétrées par notre bande de petits sadiques, il est impossible, en contrepartie, de s'émouvoir pour ces victimes pusillanimes, couardes, rogues, faraudes et prétentiardes.
De facto, il se dégage de The Final une sensation de malaise quasi permanent puisque le spectateur est carrément convié à assister à toute une série d'ignominies dans les règles. Au programme des tristes réjouissances : un sportif aguerri poignardé et paralysé pour le restant de ses jours, une belle adolescente défigurée à l'acide sulfurique, des doigts amputés... et j'en passe !

Le chef de la bande, Dane, invite aussi ses malheureux convives à réflexionner sur la question suivante : "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?". Evidemment, la question ne trouvera pas de réponse. En outre, les malheureuses victimes de Dane et de sa bande de dégénérés ne piperont pas le moindre mot, condamnés à regarder leurs pairs agonir et exhaler leur dernier soupir. Certes, un tel sujet aurait mérité davantage de méticulosité et surtout une meilleur analyse.
En résumé, Joey Stewart n'est pas Gus Van Sant mais signe une pellicule à la fois révulsante et fascinante. De surcroît, cette vindicte juvénile semble trouver sa genèse dans le délitement de la cellule familiale. Hélas, sur ce dernier point, Joey Stewart se montre curieusement élusif. Au risque de nous répéter, impossible de ne pas penser à Elephant tant les analogies sont évidentes. Bref, on tient là une série B horrifique surprenante qui mérite mieux, et même beaucoup mieux, que son statut de petit film anonyme.

Note : 14.5/20

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(1) Synopsis du film sur : http://www.ecranbis.com/2012/03/final-critique-et-test-dvd.html