dracula et les femmes

Genre : horreur, épouvante 
Année : 1968
Durée : 1h32

Synopsis : Dans un village, une jeune femme est retrouvée morte et portant la marque d'un vampire. L'évêque et le curé monte au château de Dracula, l'un deux fait une chute, et se blesse. Le sang coulant de sa blessure réveille le prince des ténèbres enfoui sous la glace. L'homme de Dieu devient son serviteur et l'aide dans ses terribles méfaits.

La critique :

Freddie Francis fait partie de ces honnêtes artisans du cinéma bis qui a oeuvré et participé - soit en tant que cinéaste ou directeur de la photographie - à plusieurs films notoires, notamment La Révolte des Triffides (1962 et aussi son tout premier long-métrage), Le Train des Epouvantes (1965), They came from beyond space (1967), ou encore Les Docteurs et les Assassins (1985). Parallèlement, Freddie Francis suscite les convoitises de la Hammer, une société de production spécialisée dans les films d'épouvante. On lui doit notamment L'Empreinte de Frankenstein (1964) et Dracula et les Femmes (1968). En outre, c'est le cas de Dracula et les Femmes qui nous intéresse aujourd'hui.
Le film est le troisième chapitre d'une saga en huit épisodes - donc une octalogie - débutée en 1958.

Dracula et les Femmes est donc précédé par Le Cauchemar de Dracula (Terence Fisher, 1958), Dracula, prince des Ténèbres (Terence Fisher, 1966) et sera suivi par Une Messe pour Dracula (Peter Sasdy, 1970), Les Cicatrices de Dracula (Roy Ward Baker, 1970), Dracula 73 (Alan Gibson, 1972), Dracula vit toujours à Londres (Alan Gibson, 1974) et Les 7 Vampires d'Or (Roy Ward Baker, 1974). Pour la troisième fois de sa carrière, Christopher Lee endosse derechef la cape et les crocs acérés du célèbre vampire. Viennent également s'ajouter Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Barbara Ewing, Ewan Hooper et Michael Ripper.
A l'origine, c'est Terence Fisher qui était envisagé pour réaliser Dracula et les Femmes.

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Mais le cinéaste est victime d'une grave blessure à la jambe avant le tournage (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_et_les_Femmes). Il est donc remplacé par Freddie Francis qui a déjà officié pour le compte de la Hammer. Attention, SPOILERS ! (1) Un village d'Europe Centrale vit encore dans la terreur du vampirisme depuis qu'une jeune femme fut découverte exsangue dans le clocher de son église. Une année passe après que  Dracula a été anéanti, et Monseigneur Muller, en visite de routine, constate que les paroissiens persistent à déserter le lieu de culte.
Décidé à combattre les superstitions, il entreprend d'exorciser le château du vampire, accompagné du prêtre local, à la foi faiblissante. En chemin, ce dernier, épuisé, se laisse distancer et, à la suite d'une frayeur, fait une chute bénigne, causant un flot de sang qui atteint les lèvres de Dracula, emprisonné dans la glace du torrent.

Le vampire reprend alors « vie » et, avec l'aide du prêtre tenu par son emprise, se rend à Kleinnenberg, exercer sa vengeance sur Monseigneur Muller, ainsi que ses proches, pour avoir osé le bannir de son château (1). Certes, dans les années 1960, la Hammer est encore au faîte de sa gloire. A juste titre, la firme britannique est considérée comme le parangon de l'épouvante. Mais vers le milieu de la même décennie, la Hammer montre déjà quelques sérieux signes d'essoufflement. 
Dès 1968, l'hégémonie de la société britannique est déjà contrariée par une autre forme d'épouvante, cette fois-ci beaucoup plus contemporaine, et marquée par l'arrivée de Rosemary's Baby (Roman Polanski, 1968). Parallèlement, un autre film d'horreur marque durablement les persistances rétiniennes : La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero.

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Dracula, la Momie, le loup-garou et Frankenstein sont priés de retourner dans leurs sépulcres au profit de nouvelles perfidies : l'AntéChrist et les macchabées cannibales. En l'occurrence, la Hammer opte pour un long-métrage de facture classique et laconique. Pas question de prendre des risques. C'est dans ce contexte que la firme mise sur des acteurs bien connus du grand public. Ainsi, Christopher Lee revêt une nouvelle fois les oripeaux de Dracula.
Plus que jamais, le film de Freddie Francis s'échine à reprendre la fameuse dialectique de Nosferatu le Vampire (Friedrich Wilhelm Murnau, 1922). Là aussi, Dracula préfigure cette peur ancestrale. Son aura démoniaque et méphistophélique continue de hanter les habitants d'une petite communauté.

Pour éradiquer cette menace ineffable, deux prêtres sont chargés d'exorciser le château du vampire (je renvoie au synopsis). Hélas, suite à toute une série de péripéties, la créature surgit d'outre-tombe. Narquois, le monstre s'acoquine et s'énamoure d'une certaine Maria Muller, déjà convoitée et courtisée par Paul. Dès lors, le film se transforme rapidement en huis clos anxiogène. Peu de séquences se déroulent finalement en extérieur. L'essentiel du long-métrage prend sa place dans une auberge à la merci et surtout sous les roueries de Dracula, plus cupide que jamais.
Rien à redire sur la performance des acteurs. Derechef, Christopher Lee incarne une créature manipulatrice, pernicieuse et luciférienne. En revanche, la réalisation de Freddie Francis se montre beaucoup trop sobre et conventionnelle pour susciter l'adhésion sur la durée. Ensuite, la conclusion finale se révèle plutôt décevante, annonçant déjà un probable futur chapitre. En l'occurrence, ce nouveau long-métrage sur les turpitudes de son célèbre vampire peine réellement à se renouveler, d'où une impression assez mitigée lors du générique final. Mais ne soyons pas trop sévères, Dracula et les Femmes reste un bon cru de la Hammer, toutefois inférieur à Le Cauchemar de Dracula, soit (probablement) la référence ultime de la saga. Tout à fait recommandable, donc !

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_et_les_Femmes