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Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2004

Durée : 1h23

Synopsis : Mordu par un zombie alors qu'il était en voyage de noce, un jeune marié a une incontrôlable envie de goûter de la chair humaine.

La critique :

Les zombies au cinéma ou un genre qui a connu son apogée dès 1968 avec La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero. Dans ce classique du cinéma d'épouvante, le cinéaste décrit une société américaine en pleine décrépitude et bientôt envahie par des macchabées. George Romero s'échine dans cette direction spinescente et dans une critique acerbe des Etats-Unis avec ses films suivants, notamment Zombie (1978) et Le Jour des Morts-Vivants (1985).
Entre 1980 et 1990, les zombies sont tournés sous l'angle du pastiche et de la parodie gore via plusieurs pellicules égrillardes et érubescentes, notamment Braindead (Peter Jackson, 1992) et Le Retour des Morts-Vivants (1985). Puis, en 2004, les morts-vivants sont traités sous la forme de la comédie sociale et contemporaine avec Shaun of the Dead (Edgar Wright).

Bref, cinquante ans après la sortie de La Nuit des Morts-Vivants, nos chers macchabées putréfiés continuent d'envahir nos écrans. Toutefois, le genre zombie peine réellement à se renouveler depuis une bonne dizaine d'années. Une anomie heureusement contestée par un certain David Gebroe, un cinéaste britannique indépendant, qui souhaite apporter sa modeste pierre à l'édifice avec Zombie Honeymoon, sorti discrètement en DTV (direct-to-video) en 2004.
Inutile de mentionner les acteurs, à moins que vous connaissiez les noms de Tracy Coogan, Graham Sibley, Tonya Cornelisse, David M. Wallace et Neal Jones ; mais j'en doute. 
Zombie Honeymoon marque également la toute première réalisation de David Gebroe, par ailleurs inconnu au bataillon. 

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Toutefois, cette production impécunieuse se révèle assez ambitieuse et possède de solides arguments. A priori, le scénario est de facture basique et conventionnelle. Attention, SPOILERS ! (1) Denise et Danny, jeunes mariés, nagent en plein bonheur. Tout s'écroule dès leur lune de miel, lorsque Danny est mordu par un zombie. Quelques minutes après l'annonce de son décès, il se relève pourtant frais et dispo... et se transforme lentement mais sûrement en zombie humain avec des envies irrépressibles de dévorer de la chair humaine... (1). Dans Zombie Honeymoon, il n'est nullement question de la fin du monde ou d'un virus qui contamine subrepticement toute la population humaine.
Sur la forme, le long-métrage s'apparente à un huis clos et plus particulièrement à un couple en voie de zombification (je renvoie au synopsis).

Plus précisément, c'est Danny, tout juste marrié à Denise, qui voit son corps se déliter et se désagréger après avoir subi l'attaque d'un zombie. Alors qu'il est allongé sur la plage, le jeune homme avale les éructations méphitiques d'un macchabée... Et les premiers symptômes ne tardent pas à se manifester. Pis, Danny devient totalement incontrôlable et accumule les cadavres dans sa maisonnée, éveillant ainsi les suspicions de la police.
D'ailleurs, un agent subit les foudres et les pulsions cannibalistiques du jeune marrié, au grand dam de son épouse. Certes, Denise déplore le comportement fou-furieux de son énamouré. 
En vain. Par amour, elle finit même par accepter les furibonderies de Danny. 

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Elle devient alors, bon gré mal gré, la complice de nombreux meurtres et d'étripages dans les règles. Il s'agit bel et bien de pulsions irréfragables. Paradoxalement, Danny ne ressent nullement le besoin de s'attaquer à son amoureuse. A aucun moment, David Gebroe ne prend parti pour ses deux protagonistes. Résolument impartial et filmé la caméra à l'épaule, Zombie Honeymoon s'apparente quasiment à une idylle amoureuse version zombie et cannibale.
En outre, le long-métrage se démarque par son originalité et son ingéniosité. Ainsi, le spectateur sera convié à suivre la longue putréfaction de Danny, hélas condamné à voir son corps s'alanguir et invariablement dépérir. Seul petit bémol. Après seulement 45 petites minutes de bobine, le spectateur aura aisément deviné la suite des animosité. 

Vous l'aurez donc compris. Danny est bel et bien condamné à exhaler son dernier soupir. Peu à peu, son corps et son visage se tuméfient jusqu'à se métamorphoser en dépouille fétide. Face à ce mal inextricable, il n'existe point de panacée. De facto, en dépit de ses bonnes intentions et d'un manque évident - voire flagrant - de budget, Zombie Honeymoon ne parvient pas à se hisser en haut du panier. Mais pour une production fauchée comme les blés, le film délivre de bons effets gore, ainsi que plusieurs saynètes outrancières, de quoi ravir les fans de pellicules sanguinolentes. 
Toutefois, pas de quoi tressaillir ni aucune raison de sursauter d'effroi au plafond ! Bref, un petit film horrifique indépendant probe et tout à fait recommandable, à défaut d'être inoubliable. Chronique courte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Note : 12.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film : http://www.cinemafantastique.net/Zombie-honeymoon.html