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Genre : science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017

Durée : 2h02

Synopsis : Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. 

La critique :

Est-il encore nécessaire de présenter Ridley Scott, à qui l'on doit, entre autres, Blade Runner (1982), Thelma et Louise (1992), Gladiator (2000), Hannibal (2001), Kingdom of Heaven (2005), American Gangster (2007), ou encore Seul sur Mars (2015) ? Toutefois, c'est Alien : le huitième passager (1979), son deuxième long-métrage, qui va définitivement le propulser au firmament de la gloire. A l'origine, Alien : le huitième passager s'inspire à la fois d'un nanar de science-fiction, It ! The Terror From Beyond Space (Edward L. Cahn, 1958), et surtout d'une série B d'épouvante, La Planète des Vampires (Mario Bava, 1965). Avec Alien : le huitième passager, Ridley Scott s'approprie et réinvente le film de monstre à travers un huis-clos cosmologique.
Surtout, le cinéaste vient de créer une nouvelle forme de terreur au cinéma, le xénomorphe, cet extraterrestre belliqueux et à la complexion longiligne, qui ne ressent pas la peur ni la moindre once d'émotion.

La saga Alien se poursuit sous l'égide d'autres réalisateurs éminents. James Cameron (Aliens : Le Retour, 1986), David Fincher (Alien 3, 1992) et le "frenchy" Jean-Pierre Jeunet (Alien, la résurrection,) viennent s'ajouter aux inimitiés. Certes, plus de trente années se sont écoulées depuis le premier volet et Ridley Scott n'a jamais abandonné l'idée de reprendre, un jour ou l'autre, la franchise Alien, mais avec une nouvelle vision, une nouvelle doxa dominante.
Ce sera Prometheus (2012) censé explorer la genèse du monstre "xénomorphique". Cette quête effrénée conduit une équipe d'astronautes vers nos démiurges, par ailleurs d'origine extraterrestre. Si nos voisins aliens ont créé la vie terrestre, ils ont aussi créé les ténèbres. Via Promotheus, Ridley Scott déploie un scénario sagace et ambitieux qu'il ne parvient pas réellement à transcender sur la longueur étirée de sa pellicule.

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Cette préquelle divise les fans de la franchise. On nous avait promis le ou l'un des meilleurs films de science-fiction de tous les temps. On a eu une série B science-fictionnelle de luxe. Pendant longtemps, Ridley Scott évoquera la mise en chantier d'un Prometheus 2. Mais finalement, le metteur en scène et scénariste se rétracte. Les événements du prochain Alien se dérouleront donc dix ans après la fin de Prometheus. Le nouveau film doit alors s'intituler Alien : Paradise Lost.
Mais, quelques mois avant la sortie du film, Ridley Scott opte, in fine, pour Alien : Covenant, sorti en 2017, et actuellement dans les salles. La distribution du long-métrage réunit Michael Fassbender, déjà présent dans Prometheus, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demian Bichir, Carmen Ejogo et Jussie Smollett.

A l'origine, l'actrice Noomi Rapace devait reprendre son rôle dans Prometheus, celui de la scientifique Elizabeth Shaw, mais Ridley Scott souhaite mettre en exergue un nouveau personnage féminin. Quant à Alien : Covenant, le film doit marquer une nouvelle ère, celle d'une trilogie consacrée à la genèse des créatures voraces et belliqueuses. Ridley Scott souhaite derechef produire, réaliser et diriger les opérations. Attention, SPOILERS ! (1) En 2104, l'équipage du Covenant, un vaisseau spatial, transporte plus de 2000 terriens cryogénisés et de nombreux embryons vers une galaxie lointaine.
Mais en cours de route, l'équipage reçoit un étrange message d'une autre planète et décide de s'y rendre persuadé qu'elle pourrait être idéale à coloniser. 
Pas de bol, le Covenant va devoir faire face à une menace terrible.

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D’invisibles bactéries contaminent quelques membres d'équipage qui accouchent chacun d’une créature monstrueuse guidée par un pur instinct de destruction (1). Finalement, rien n'a vraiment changé depuis Alien : le huitième passager. A l'instar du film qui a couronné la notoriété du cinéaste, Alien : Covenant dépêche lui aussi ses protagonistes sur une planète à priori affable et avenante. Alien : Covenant, c'est donc le retour aux sources, celui qui marque l'affection de Ridley Scott pour le cinéma bis, celui de It ! The Terror From beyond Space et de La Planète des Vampires.
A la seule différence que Scott vient de créer une mythologie : les xénomorphes, souvent comparés à des dragons prédateurs et furibonds. 
Mais ces créatures protéiformes n'incarnent pas vraiment le mal. Ce sont des monstres qui tuent essentiellement pour assurer leur propre survie.

Gare à ne pas rencontrer la bête sous peine d'être affreusement déchiqueté car les bestioles ne font pas de prisonniers... Ou alors c'est pour mieux s'accaparer leurs hôtes et pondre de nouveaux xénomorphes. L'intrigue d'Alien : Covenant reste invariablement identique. Pour les êtres humains avides et cupides, l'alien constitue une arme de destruction massive mais aussi un organisme parfait qu'il convient de sonder, de décortiquer et même d'exporter à travers l'univers au nom de la guerre et de la science. Seule réelle nouveauté, Ridley Scott évoque une contamination par aéroportée, une sorte de virus ou de bactérie capable de s'immiscer dans les cavités nasales et auriculaires.
Le monstre se nourrit donc de nos fêlures et Scott établit cette fameuse jonction entre Prometheus et Alien : Covenant.

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Hélas, cette nouvelle suite ne parvient guère à convaincre, la faute à des personnages sans relief. Seul Michael Fassbender, par ailleurs en mode duplicité, sauve l'interprétation de l'indigence intégrale. Katherine Waterston est un peu trop timorée pour faire oublier l'excellente prestation de Noomi Rapace dans Prometheus. Par courtoisie, on évitera toute comparaison avec Sigourney Weaver. De surcroît, certaines séquences manquent sérieusement d'éloquence.
Jadis, on se surprenait à tressaillir devant les apparitions impromptues de la créature dolichocéphale. Dans Alien : Covenant, les saynètes de frousse sont rapidement éludées au profit d'une intrigue elle aussi peu probante. In fine, Alien : Covenant suscite tout de même certaines interrogations. Par exemple, pourquoi vouloir, mordicus, apporter des explications sur la genèse des xénomorphes ? Ridley Scott risque sans doute de saccager sa franchise à poursuivre obstinément le mythe.
Et Alien : Covenant manque de peu de le détruire, d'où un certain désappointement lors du générique final. Cruelle déception.

Note : 08/20

 

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(1) Synopsis du film sur : FilmsActu http://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-alien-covenant-est-le-pire-film-de-la-saga-critique-28882.htm