Capricorn+One

Genre : Thriller, action, survival

Année : 1977

Durée : 2H06 

Synopsis : Houston au Texas. Il se prépare la plus grande aventure spatiale de l’histoire de l’humanité. La mission Capricorn One dont le but est d’aller sur la planète Mars. Trois astronautes surentraînés entrent dans la fusée qui doit les amener vers Mars. Quelques minutes avant le départ les trois astronautes sont évacués. Il y’a un changement de programme dont ils n’ont pas été informés.  

 

La critique :

Capricorn One, réalisé par Peter Hyams en 1977. Voilà un film vraiment amusant car quelque part, il se range dans la catégorie des films qui font la jonction entre le cinéma américain des années 70 - « le nouvel Hollywood » - et le cinéma américain des années 80, « la pompe à fric ». En réalité, le film de Hyams fait partie des œuvres qui vous montrent qu’on avait une certaine liberté d’expression dans le cinéma des années 70, mais que cette liberté a parfois un prix. 
Ce prix, c’est l’aspect du cinéma des années 80. A savoir étouffer un peu le débat en rendant le film plus industriel, en rajoutant des séquences d’action parfois improbables, un esprit manichéen, un happy end…Avec Capricorn One, Peter Hyams, un réalisateur inégal, signait là sa quatrième réalisation cinématographique.

Attention SPOILERS ! Houston au Texas. La tension est grande ! La mission Capricorn One s’apprête à devenir la plus grande aventure de l’histoire de l’humanité. Il s’agit en effet d’une mission spatiale dont le but est d’aller sur Mars. Le phénomène est suivi sur toutes les télévisions. Trois astronautes surentraînés, Brubaker, Willis et Walker, pénètrent dans la fusée qui les amènera vers Mars. Quelques minutes avant le départ, ils sont tous trois évacués. 
Ils sont discrètement transportés dans un fourgon, un hélicoptère puis un avion sans que personne ne les informe de ce qui se passe. Ils sont amenés dans une base militaire secrète en plein désert. Là le docteur Kelloway les informe qu’ils ne partent plus. Le voyage en question étant en réalité impossible, les trois hommes n’auraient pu en réchapper.

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Cependant, ce voyage représente beaucoup pour la NASA, ainsi qu’un énorme enjeu électoral pour le président. Pas question d’échouer ! Les trois astronautes sont alors conduits dans un  hangar où le décor de Mars a été reproduit. Kelloway leur explique qu’ils vont tourner un faux film pour faire croire au monde entier qu’ils sont bien allés sur Mars. Au début, les trois astronautes refusent de contribuer à cette supercherie, mais face aux menaces de mort qui pèsent sur leurs familles, ils finissent par accepter. Kelloway les informe que dans « l’histoire », le vol du retour est censé dévier de sa trajectoire pour atterrir beaucoup plus loin que l’endroit prévu et leur laisser ainsi le temps d’aménager toute une mise en scène. Toutefois, les trois hommes découvrent bien vite que leur navette est censée se désintégrer dans l’espace et qu’ils doivent mourir. Ils parviennent à s’échapper de la base et une chasse à l’homme commence…
Le point fort de Capricorn One, c’est bien évidemment son scénario qui mélange thriller, politique et survival.

Il est ici question d’un faux voyage sur la planète Mars et donc d’une supercherie à grande échelle conçue pour servir des enjeux politiques et financiers. En ce sens, Capricorn One s’inscrit dans la parfaite tradition du « thriller paranoïaque ». Franchement? le sujet du film est fascinant. Vous l‘aurez compris, à travers ce faux voyage sur Mars, c’est la théorie du complot qui remet en cause le voyage sur la lune qui est réellement évoquée. A ce titre, l’affiche a le mérite d’annoncer les hostilités : « Le plus grand mensonge de tous les temps » ou encore « seriez-vous choqués si vous appreniez que le plus grand événement de l’histoire récente ne s’est pas passé du tout ? ». 
Capricorn One se nourrit donc de la théorie du complot concernant le voyage sur la lune.  Une théorie alimentée par divers faits étranges et suspects qui se sont produits à l’époque.

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Capricorn One propose donc un débat passionnant et on a du mal à imaginer un film qui s’engagerait sur cette voie aujourd’hui. Le film de Peter Hyams pose des questions vraiment pertinentes sur les complots que pourrait concevoir un Etat. C’est un film qui traite de la manipulation de masse qu’orchestrent les politiques et certaines organisations puissantes. Vous vous en doutez, le gouvernement et La NASA en prennent donc pour leur grade et ce, pour notre plus grand plaisir.
Certes, présenté comme ça, Capricorn One a l’air d’être un film génial. Cependant, le métrage n'est pas exempt de tout reproche. Le film a sans aucun doute souffert de la pression des studios qui ont imposé un thriller mélangeant survival et action. En réalité, on a parfois l’impression que la théorie du complot sert juste de moteur au reste du film qui finit peut-être par oublier son propos. Une fois encore, nul doute que les studios ont voulu euphémiser leurs ardeurs, histoire de l’ouvrir à un plus grand public et de pas s’attirer trop d’ennuis. Les années 70 c’est aussi ça, des gens plein d’idées mais après faut trouver les producteurs qui auront les "cojones" de vous suivre.   

A la première vision, j’avais trouvé Capricorn One un peu rébarbatif dans sa seconde partie qui aurait dû être la plus rythmée. A la seconde, je dois avouer que j’ai pris du plaisir devant tout le film, sans doute parce que je connaissais déjà son parti pris. Hyams parvient finalement à nous maintenir en haleine et dans le fond, son film se révèle être un mélange assez improbable de différents genres. Il y a certaines scènes d’action superbes, à l’image de la poursuite de l’avion par les hélicoptères de l’armée. Cependant, cette séquence a aussi un élément improbable : l’astronaute accroché à l’aile qui reste stable malgré les vrilles et les loopings. C’est l’un des défauts majeurs du film.
On peut aussi parler de l’aspect un peu manichéen de l’œuvre et de son côté typiquement hollywoodien avec la famille, le devoir et le happy-end habituel. Parlons du casting maintenant. Le film réunit Elliott Gould, James Brolin, Sam Waterston, O.J. Simpson, Hal Holbrook et Brenda Vaccaro. Dans le lot, seuls Elliott Gould et Hal Holbrook tirent leur épingle du jeu. Pour les autres, leur prestation est honnête mais sans plus. A noter aussi l’apparition caustique de Telly Savalas en pilote d’avion. 
Bref, Capricorn One est un  film assez inégal qui aurait été sans doute 100 fois mieux sans l'hégémonie des studios hollywoodiens. En résute une œuvre inégale mais couillue, qui s’attaque à un sujet fascinant. Le genre de film qui manque aujourd’hui, quoi.  

 

Note : 15/20

 

vince Vince