massacre à la tronçonneuse 2

 

Genre : horreur, gore (interdit aux - 12 ans)
Année : 1986

Durée : 1h40

Synopsis : Au Texas, deux jeunes gens sont retrouvés morts dans leur voiture, massacrés à coups de tronçonneuse. La police tente de faire passer cette affaire pour un banal accident d'automobile. Mais, les victimes étant en contact téléphonique avec une animatrice de radio au moment du crime, celle-ci a pu en enregistrer la "bande-son".

La critique :

Massacre à la Tronçonneuse, une oeuvre macabre et putride, qui résonne comme le panthéon de Tobe Hooper, son film majeur, celui qui va marquer durablement les persistances rétiniennes de plusieurs générations de fans de films d'horreur. Les explications sont multiples. La première se trouve dans son aspect à la fois ordurier et documentaire. Massacre à la Tronçonneuse s'inspire directement d'un fait divers barbare et sordide : Ed Gein, surnommé le boucher de Plainfield, s'adonne à son exercice favori. Etriper des femmes, les cannibaliser, puis revêtir leur peau pour transfigurer la figure maternelle. Tobe Hooper s'accapare ce récit outrageant, sauvage et mortifère.
Ed Gein se transmute ainsi en Leatherface, un tueur sadique armé d'une tronçonneuse rutilante, qui assaille plusieurs étudiants d'infortune.

Mais Massacre à la Tronçonneuse ne serait pas tout à fait le même film s'il ne s'inscrivait pas dans une époque à la fois anomique et insouciante. Le long-métrage marque la quintessence d'une Amérique décrépie et en plein marasme, encore troublée par le scandale du Watergate et la guerre du Vietnam. Censuré puis adoubé à l'objet de culte, Massacre à la Tronçonneuse est décortiqué et analysé sous tous les angles. Pas de doute. On tient là l'un des plus gros chocs de l'histoire du cinéma horrifique.
Un premier film et déjà un premier chef d'oeuvre. Tobe Hooper jubile. A contrario, le cinéaste se demande ce qu'il va pouvoir réaliser par la suite. Jamais, il ne réitérera le même choc frontal ni viscéral. Certes, Tobe Hooper s'orientera vers la bisserie carnassière et aquatique, avec Le Crocodile de la Mort, en 1977.

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Par la suite, il enchaînera avec Massacres dans le Train Fantôme (1981) et Poltergeist (1982). Ensuite, Tobe Hooper s'enlise sur un long chemin escarpé. Les années 1980 parachèvent une filmographie erratique et parsemée de navets, catégorie à laquelle L'Invasion Vient de Mars (1986) appartient. Tobe Hooper doit à tout prix se ressaisir et donc revenir à la terreur originelle, celle qui a fait frémir et pousser des cris d'orfraie dans les salles obscures.
C'est dans ce contexte qu'il décide de réaliser Massacre à la Tronçonneuse 2 en 1986. Douze années se sont donc écoulées depuis l'uppercut de l'oeuvre originelle. Mais peu importe, les fans exultent et attendent avec impatience la suite des aventures de Leatherface et de sa famille de dégénérés. Le prétexte ?

Tobe Hooper regrette que personne (ou presque) ne se soit aperçu des quelques traits d'humour qui ponctuaient, ici et là, le premier volet. Opportuniste, le cinéaste a bien l'intention de rectifier le tir. En outre, Massacre à la Tronçonneuse 2 doit déifier l'humour noir, cynique et macabre. C'est donc dans cette direction spinescente qu'oblique ce second chapitre. Cette fois-ci, pas question d'effaroucher le public par des considérations politiques et idéologiques.
Massacre à la Tronçonneuse 2 doit donc s'apparenter à une série B violente, sanguinaire et goguenarde. Tobe Hooper s'entoure de Tom Savini pour les maquillages et de la présence du duo Menahem Golan/Yoram Globus pour assurer la production du film. 
La distribution de ce deuxième épisode réunit Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Johnson, Ken Evert, Harlan Jordan et Kirk Sisco. 

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En outre, le scénario de Massacre à la Tronçonneuse 2 ne brille pas vraiment par sa sagacité. Attention, SPOILERS ! Depuis plus de 10 ans, le Texas Ranger Lefty Enright, l'oncle de Sally et Franklin, cherche sans relâche à venger le meurtre brutal des enfants de son frère par Leatherface et sa famille de cannibales. Aujourd'hui c'est son jour de chance : une présentatrice de radio vient d'enregistrer la bande son du meurtre par Leatherface de deux jeunes hommes qui étaient en communication téléphonique avec la radio au moment du crime.
Autant le dire tout de suite. A aucun moment, Massacre à la Tronçonneuse 2 ne parvient à égaler la fougue, la nonchalance, la violence et l'irrévérence de son auguste épigone.

Pendant longtemps, cette suite souffrira justement de la comparaison avec son illustre modèle, avant d'être réhabilitée au fil des années. Comme nous l'avons déjà souligné, Tobe Hooper sait qu'il ne réitérera pas le même uppercut en pleine face. De facto, difficile de ne pas être désappointé par cette suite. En l'occurrence, Massacre à la Tronçonneuse 2 s'apparente à un slasher probe et tout à fait recommandable, à condition de faire fi du premier volet.
En outre, Massacre à la Tronçonneuse 2 se contente de réciter benoîtement les codes et les préceptes qui ont fait le succès du premier chapitre. Les amateurs de tripailles, de rituels morbides et nécrophiliques seront donc en terrain connu et quasiment conquis. 
Les autres, ceux qui ont divinisé et sacralisé la folie jubilatoire du film originel, se demanderont comment Tobe Hooper a pu se dévoyer dans une production aussi stérile. Seule petite nouveauté, Tobe Hooper tente vainement d'humaniser le "visage" (si j'ose dire...) de Leatherface. Pour le reste, la petite famille de décérébrés répond à l'appel.
Dès lors, Massacre à la Tronçonneuse 2 se résume essentiellement à toute une série de tintinnabulations et de cris hystériques, quitte à écraser durablement les tympans. Prière de fermer les esgourdes et surtout les yeux sur l’interprétation trop enjouée du casting, Caroline Williams en tête. Seul Dennis Hopper, par ailleurs en mode cabotinage, semble réellement s'amuser. 
C'est déjà ça mais c'est trop peu pour sauver cette suite de sa vacuité et de son inanité. A réserver aux irréductibles du genre.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver