blair witch

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2016

Durée : 1h30

Synopsis : James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer.

La critique :

A tort, on croit souvent que c'est Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999) qui est à l'origine du found footage. Pourtant, il faut remonter à 1980 et à Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato) pour voir le genre triompher en vidéo. En vérité, c'est le film Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara, 1962) qui signe l'avènement d'un genre cinématographique et qui va vraiment connaître son apogée entre le milieu des années 2000 et les années 2010, notamment avec le succès de la saga Paranormal Activity, initiée par Oren Peli.
Ce regain de popularité trouve sa genèse dans notre propre voyeurisme. Et c'est ce qu'ont parfaitement assimilé Paco Plazza et Jaume Balaguero avec Rec (2007), ou encore Matt Reeves et J.J. Abrams avec Cloverfield (2008).

Depuis, c'est une véritable pléthore de productions, le plus souvent horrifiques, qui tentent de se frayer un chemin par l'intermédiaire du DTV (direct-to-video), entre autres, V/H/S (David Bruckner, 2012), Grave Encounters (The Vicious Brothers, 2011), Evil Things (Dominic Perez, 2009), A Night In The Woods (Richard Parry, 2012), The Tunnel (Carlo Ledesma, 2011), ou encore Megan Is Missing (Michael Goi, 2011). Après un second chapitre, intitulé Blair Witch 2 : le livre des ombres (Joe Berlinger, 2000), qui tentait vainement de se démarquer de son auguste épigone, la saga Blair Witch semblait condamner à exhaler son dernier soupir.
C'était sans compter sur cette mode insatiable des remakes et autres préquels infatués, dont Hollywood nous a gavés jusqu'à la nausée.

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Depuis le premier volet, Eduardo Sanchez et Daniel Myrick ont plus ou moins disparu des radars, enchaînant les productions fastidieuses. Pendant longtemps, les deux auteurs évoqueront un troisième opus, inlassablement poursuivis par le spectre et surtout le succès de leur premier film, le seul de leur fébrile carrière. En vain. Le projet est finalement abandonné au sort et aux mains d'Adam Wigard sous le titre laconique de Blair Witch, sorti en 2016.
Ce troisième avatar de la série fait volontairement fi des événements du second épisode, comme si Blair Witch 2 n'avait jamais existé. Tant mieux, le film de Joe Berlinger s'est depuis longtemps glissé dans les affres des oubliettes. En sus, Adam Wigard fait partie de ces nouveaux parangons du cinéma horrifique. 

On lui doit notamment V/H/S (déjà précité), The ABCs of Death (2012), V/H/S/2 (2013) et You're Next (2013). Pour la petite anecdote, les acteurs n'étaient même pas conscients de tourner la suite directe de Le Projet Blair Witch. En effet, toute l'équipe technique et artistique croient tourner un film sobrement intitulé The Woods, un simulacre pour éviter les mascarades de la presse cinéma. A la vision de Blair Witch, on se demande pourquoi Adam Wigard a pris autant de précaution pour finalement réaliser un found footage aussi prosaïque. Par ailleurs, le public ne se leurrera pas.
A peine sorti en salles, le film obtient des scores décevants et des critiques plutôt défavorables. Non, Blair Witch ne réitérera pas le choc de son illustre devancier. A l'instar de Blair Witch 2, lui aussi semble condamner à se nimber de poussière.

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La distribution du film réunit James Allen McCune, Callie Hernandez, Brandon Scott, Corbin Reid, Wes Robinson et Valorie Curry. Attention, SPOILERS ! James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer.
Plus de quinze années se sont écoulées depuis la sortie de Le Projet Blair Witch.

De nombreuses productions tenteront de le mimer, avec plus ou moins de réussite. A ce sujet, Grave Encounters parvenait à entretenir cette filiation avec le film de Myrick et Sanchez. En vérité, Blair Witch n'est qu'une suite déguisée de The Blair Witch Project. En outre, il serait plus honnête de parler de remake et/ou de séquelle. Ce troisième volet débarque trop tardivement et se doit d'affronter une rude concurrence. Surtout, le public s'est lassé des Paranormal Activity et autre V/H/S relatant des présences méphistophéliques via une caméra subjective.
Pour renouer avec l'engouement du grand public, il aurait fallu renouveler la formule et apporter sa modeste pierre à l'édifice. Or, à aucun moment, Blair Witch d'Adam Wigard ne parvient à entretenir l'illusion.

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Même le premier segment, qui s'ingénie à donner des précisions sur les investigations menées dans la forêt ensorcelée, ne présente aucun intérêt. Quant à la seconde partie, qui se déroule directement dans les bois envoûtés, elle se résume à une sorte de remake du premier volet, avec son lot de cris hystériques et de symboles impromptus accrochés un peu partout dans les arbres. Il faudra donc s'armer de patience et attendre docilement la troisième et dernière partie pour éventuellement tressaillir. Enfin tressaillir... A condition de montrer énormément de mansuétude et d'indulgence.
Enfin, dans ses vingt dernières minutes, Adam Wigard tient son sujet et convie les spectateurs et ses personnages à l'intérieur de la fameuse maisonnée délabrée du premier. Une chimère. Si le film fait vaguement illusion dans sa conclusion finale, il se contente d'ânonner la recette horrifique tristement déployée par la grande majorité des found footage depuis une quinzaine d'années. Lors du générique final, une seule question demeure en suspens : qui pouvait encore y croire ?
Visiblement, pas même Adam Wigard. Désormais, espérons que plus personne n'ait la mauvaise idée de reprendre cette saga là où elle aurait dû logiquement s'arrêter, soit à la fin du premier volet.

Note : 08/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver