highlander 3

Genre : fantastique
Année : 1995

Durée : 1h40

Synopsis : Dans le Japon féodal, l'Immortel Connor McLeod est à la recherche d'un maître afin d'apprendre l'art de la magie. Il est poursuivi par Kane, un homme lui aussi immortel mais aux desseins maléfiques. Ce dernier trouve d'ailleurs le sage en premier et le tue. Malheureusement pour lui, le quickening provoque un effondrement et il se retrouve piégé sous terre. Il est libéré après quatre siècles et, plus en colère que jamais, il repart à la recherche de Connor

La critique :

Personne n'y croyait. Christophe Lambert non plus. Et pourtant, après un Highlander, le retour (Russell Mulcahy, 1991) laborieux et catastrophique, la saga se devait de revenir aux préceptes anônnés par le premier chapitre. C'est dans cette dialectique qu'est réalisé Highlander 3 en 1995. Dépité, Russell Mulcahy, réalisateur des deux premiers volets, a choisi de quitter le navire et cède logiquement sa place à Andrew Morahan, inconnu au bataillon. Enfin inconnu...
Pas vraiment puisque le metteur en scène s'est essentiellement illustré dans l'univers du clip musical. En l'occurrence, Highlander 3 constitue le tout premier long-métrage du cinéaste. Ce troisième volet se doit de consoler les fans, encore courroucés par les directions spinescentes entreprises par Highlander, le retour.

Cette suite a commis l'exploit de disperser totalement la saga, transformant les Highlanders en de vulgaires aliens provenant de la planète Zeist. Ces hommes du passé sont devenus des hommes de l'avenir et guerroient dans une époque futuriste et en déliquescence. Désarçonnés, les fans tanceront et vilipenderont Christophe Lambert. L'acteur a bien retenu la leçon. Une chimère. Preuve en est avec Highlander 3. Hormis l'acteur "frenchy", la distribution de ce troisième chapitre réunit Mario Van Peebles, Deborah Kara Unger, Mako, Martin Neufeld et Louis Bertignac.
A l'instar du deuxième opus, Highlander 3 se soldera par un échec commercial au box-office. Même les critiques et la presse cinéma brocardent ce troisième opus qu'elles jugent ubuesque et amphigourique. 

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Reste à savoir si le long-métrage mérite de telles opprobres et gémonies... Réponse dans les lignes à venir... Mais la réponse est hélas positive. Attention, SPOILERS ! Dans le Japon féodal, l'Immortel Connor McLeod est à la recherche d'un maître afin d'apprendre l'art de la magie. Il est poursuivi par Kane, un homme lui aussi immortel mais aux desseins maléfiques. Ce dernier trouve d'ailleurs le sage en premier et le tue. Malheureusement pour lui, le quickening provoque un effondrement et il se retrouve piégé sous terre. Il est libéré après quatre siècles et, plus en colère que jamais, il repart à la recherche de Connor. Alors, qui de neuf sur la planète "Highlander" ?
Premier point positif, le seul par ailleurs de ce troisième méfait, Highlander 3 fait fi des évènements du second volet.

Ici, point de planète Zeist ni de bouclier protégeant la Terre des radiations mortelles du Soleil. Quant à Sean Connery, qui effectuait un retour impromptu dans Highlander, le retour, l'acteur écossais a décliné poliment l'invitation, au grand dam de Christophe Lambert, tristement esseulé. Quant au scénario d'Highlander 3, il s'apparente à un remake infatué et à peine déguisé du premier chapitre. En résumé, remplacez Kurgan (le méchant du premier épisode) par Kane et Brenda (l'amoureuse de Connor McLeod) par une certaine Alex Johnson, et vous obtenez peu ou prou le même film.
Seule réelle nouveauté, Connor McLeod est cette fois-ci affublé d'un moutard adoptif. Le grand bad guy de ce troisième volet n'est qu'une copie avariée de Kurgan, à la seule différence que ce dernier est doté de pouvoirs magiques complètement "nazebroques".

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Rarement, on aura vu un Mario Van Peebles aussi falot devant la caméra, l'acteur mimant comme il peut l'excellent Clancy Brown dans le rôle de Kurgan. Pis, Andrew Morahan pille, ici et là, plusieurs saynètes du premier épisode. Par exemple, il reprend à son compte la scène du kidnapping. Sauf que cette fois, c'est le mioche éploré de McLeod qui doit subir les cris hystériques et les furibonderies de Kane. Pour le reste, que dire ? Certes, Highlander 3 tente de retrouver l'essence et la fougue du premier volet. Hélas, Andrew Morahan est un clippeur de bas étage.
Ses effets stylistiques, par ailleurs périmés, finissent par estourbir le spectateur. Même les combats sont caduques et avariés, à l'image du pugilat final qui se déroule dans une sorte de fonderie.

Alors, était-ce un clin d'oeil (in)volontaire au final de Terminator 2 : Le Jugement Dernier (James Cameron, 1990) ? En l'état, difficile de répondre et peu importe par ailleurs... Toujours est-il qu'Highlander 3 ne fait jamais illusion. Même les sauts dans le passé, cette fois-ci sous la Révolution Française, se révèlent obsolètes et desservent le scénario du film. Si le jeu de Mario Van Peebles laisse clairement à désirer, que dire de la piètre prestation de Deborah Kara Unger, plus insignifiante que jamais ? Même Christophe Lambert, avec ses rictus forcés et imbéciles, ne parvient pas à illusionner sur le triste spectacle qui nous est présenté. Nous aussi, on aimerait se gausser.
Une hérésie. L'acteur français, alors en pleine gloriole hollywoodienne, s'échinera et acceptera même de tourner un Highlander : Endgame (Douglas Aarniokoski, 2000), encore plus calamiteux que ce troisième volet. Un exploit en somme.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver