les enchaines

Genre : Drame / Suspense / Espionnage

Année : 1946

Durée : 2h10

Synopsis : La fille d'un espion nazi mène une vie dépravée jusqu'à ce qu'un agent secret lui propose de travailler pour les Etats-Unis afin de réhabiliter son nom. Elle épouse donc un ancien ami de son père afin de l'espionner tout en continuant d'aimer en cachette l'agent secret. Lorsque le rôle qu'elle tient est découvert, tout bascule.

La critique :

Nouveau bijou à rajouter dans la filmographie exhaustive d'Alfred Hitchcock avec un long-métrage tourné en 1946, j'ai nommé Les Enchaînés. Pour l'occasion, le réalisateur retrouve deux comédiens qu'il a déjà dirigés par le passé, à savoir Cary Grant, qui collabore pour la seconde fois avec le metteur en scène après Soupçons, réalisé en 1941. Quant à Ingrid Bergman, l'actrice avait déjà joué en 1944 dans La Maison Du Docteur Edwardes. A noter que les deux comédiens retrouveront chacun Alfred Hitchcock par la suite, Cary Grant pour La Main Au Collet et La Mort Aux Trousses en 1955 et 1958, et Ingrid Bergman qui sera à l'affiche du film Les Amants Du Capricorne en 1949.
Pour l'anecdote, le film fut projeté avant sa sortie au Festival De Cannes, mais plusieurs bobines furent inversées durant la projection, rendant le long-métrage difficilement compréhensible.

Autant dire que, dans ces circonstances, Les Enchaînés fut assez mal accueilli par les festivaliers. Au casting du film, on retrouve également Claude Rains, acteur britanique connu notamment pour son rôle dans L'Homme Invisible de James Whale, réalisé au début des années 30, et pour avoir succédé à Lon Chaney dans Le Fantôme De l'Opéra en 1943. Souvent abonné aux seconds rôles, l'acteur, qui joua notamment face à Bette Davis dont il était le comédien préféré, se retrouva parfois au casting de films prestigieux comme Casablanca, dans lequel il incarnait un policier véreux. 
En préparant Les Enchaînés, Alfred Hitchcock pense immédiatement à lui pour le rôle de Alexander Sebastian, un riche homme d'affaire, mais surtout un ancien nazi n'ayant pas renoncé à ses idéaux et préparant un énorme trafic. C'est afin d'en savoir plus que l'agent secret T.R. Devlin se fait inviter à la soirée d'une jeune femme, Alicia Huberman, dont le père vient d'écoper de vingt années de prison pour espionnage au profit des Allemands.

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La jeune femme n'a jamais fait partie des nazis, mais il s'avère qu'Alexander Sebastian est un de ses amis d'enfance et que celui-ci à toujours été amoureux d'elle. Les responsables des services secrets comptent donc utiliser la jeune femme qui servira de taupe pour leur propre compte. Sauf que, dès le départ, la mission s'annonce difficile, car Devlin et Alicia Huberman sont rapidement tombés amoureux, et cela bien avant de savoir en quoi consistait le travail demandé.
Malgré tout, une fois mis au courant, l'agent secret tentera de masquer ses sentiments et laissera la femme retrouver par un faux hasard Alexander à Rio De Janeiro. Celui-ci retrouvera ses sentiments d'antan et finira par demander Alicia en mariage, malgré l'opposition de la mère d'Alexander, une femme dure et très protectrice avec son garçon, qui se méfie de sa future belle fille, tandis que celle-ci continue de livrer des informations concernant un étrange trafic.

Devlin jouera l'agent de liaison et tentera de toutes ses forces de résister à ses sentiments. Un soir, lors d'une réception mondaine, le riche homme d'affaire aperçoit Devlin et Alicia Huberman en train de s'embrasser. Plus tard, la disparition d'une clef et d'autres indices lui permettront de découvrir la vérité concernant son épouse. Lui et sa mère échafaudent alors un plan consistant à empoisonner la jeune femme à petit feu afin de mieux la faire disparaître plus tard. 
L'agent Devlin devra alors prendre de gros risques pour sauver celle qu'il aime par-dessus tout. C'est donc une histoire d'amour sur fond d'espionnage auquel nous convie Alfred Hitchcock. Comme à son habitude, le cinéaste s'est réservé une apparition et on peut le voir quelques secondes lors d'une soirée chez Alexander Sebastian, avant de disparaitre avec un verre à la main, pour laisser la place à Cary Grant.

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Le couple au coeur de cette histoire se retrouve pris au piège dans une affaire délicate et la raison voudrait qu'ils se séparent une bonne fois pour toute, mais ni l'un ni l'autre n'en sont capables. Devlin tentera bien d'expliquer à ses supérieurs à quel point la mission est dangereuse, hélas sans grand succès. Dans les rôles principaux, Cary Grant et Ingrid Bergman sont parfaits, jouant des amoureux dont les rapports sont constamment mis en péril. Tandis que le premier incarne un homme que rien ne semble ébranler (ce qui n'est bien sûr qu'une façade), la comédienne joue une femme obstinée, libre, parfois provocante et amoureuse. Quant à Claude Rains, l'acteur est parfait dans la peau de ce riche homme d'affaire à la fois émouvant et pusillanime.
Les Enchaînés n'a donc pas à rougir de la comparaison avec les meilleurs long-métrages d'Alfred Hitchcock, très inspiré pour l'occasion.   

Note : 16/20

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