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Genre : Documentaire, shockumentary

Année : 1995

Durée : 53 minutes

 

Synopsis : En 1945, à la sortie de la guerre, la tyrannie nazie touche à sa fin. Les alliés fêtent la victoire et préparent la reconstruction d’un monde dévasté. Mais, pour des milliers de juifs survivants, la guerre ne s’arrête pas là et une vengeance impitoyable se prépare.

   

La critique :

On parle souvent de la Seconde Guerre Mondiale et des persécutions des juifs d’Europe. Cela fait partie des sujets historiques les plus abordés. Toutefois, on évoque de façon assez abstraite la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, une période de troubles et de confusion après le conflit et les crimes qui ont dévasté l’Europe. Ce documentaire, intitulé La vengeance des Juifs après la seconde guerre mondiale, nous propose de revenir sur un épisode sombre et oublié de l’après-guerre, « La vengeance des juifs » comme l’intitule le documentaire. Attention SPOILERS !
1945, la Seconde Guerre Mondiale se termine, les alliés fêtent la victoire et parlent déjà de la reconstruction d’une Europe dévastée. Cependant, pour des milliers de juifs dont les familles ont été tuées par les nazis, la fin de la guerre n’est que le commencement d’une nouvelle et le début de la vengeance.

Cependant, les alliés commencent déjà à traquer les dignitaires nazis. De nombreux procès pour crimes de guerre sont organisés. Cependant, il y a des millions de dossiers à traiter et les alliés débordés relâchent finalement plusieurs soldats prisonniers. Cela était dû aussi à un manque d’argent et de moyens, ce qui permet à certains criminels de guerre de passer à travers les mailles du filet. C’est alors que vont se monter des brigades de traqueurs de nazis. 
Leur but : traquer et capturer les nazis pour ensuite les traîner devant un tribunal pour crime contre l’humanité. Ce qui sera le cas pour Eichmann. Parallèlement, il va aussi se monter d’autres brigades agissant dans l’ombre et opérant de véritables vengeances. Réunissant des renseignements, ils traquent les anciens nazis.

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Une fois qu’ils ont trouvé une personne suspecte, ils se rendent chez elle, déguisés en policiers et prétextent l’amener au poste. L’homme suit et une fois en voiture, ils l’amènent dans un coin perdu, lui font avouer son crime et l’assassine. Ces brigades vont se renforcer grâce à l’armée. En effet pendant la guerre, de nombreux juifs se sont enrôlés dans les forces britanniques. Les Juifs de Palestine ont ensuite fait pression sur le gouvernement anglais pour avoir leur propre corps d’arme indépendant. 
Ils forment ainsi une brigade qui, à partir de 1944, combattra en Italie aux côtés des alliés, et qui leur servira plus tard lors de la création d’Israël. Pourtant, par la suite, ce groupe armé ne rejoindra pas les troupes alliées pour la victoire décisive au cœur de l’Europe, et seront destinés à une autre mission. Cette mission consiste à protéger les juifs d’Europe dispersés qui affluent à la frontière italienne.

Ensuite, l’armée juive les fait passer en Palestine avec l’appui des britanniques pour violer les lois de l’immigration. Un réseau d’immigration clandestine est donc créé. Se met alors en place l’opération baptisée Bérihah « l’Evasion », mouvement fondé par Abba Kovner, poète et écrivain juif. Des milliers de juifs rejoindront alors la Palestine grâce à ce mouvement. Ces brigades forment aussi des groupuscules clandestins destinés aux meurtres des nazis. 
Ils sont aidés par les alliés qui leur fournissent des renseignements. Le procédé est toujours le même, trouver les suspects, leur faire subir un interrogatoire, avant de les assassiner. Par la suite, Kovner va lui-même se lancer dans cette vengeance. Il va, par exemple, s’allier à l’armée juive (future armée d’Israël) pour mettre en place des expéditions punitives.

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Le projet prend alors une autre ampleur, car pour les dirigeants du mouvement, ce n’est pas que les nazis, mais tout le peuple allemand qui est responsable. Ils lancent alors le projet d’assassiner des milliers d’allemands. A partir de ce moment-là, de nombreux membres se retireront estimant que la vengeance allait trop loin. Pourtant, une bonne partie va rester pour mettre le projet à exécution. Pour cela, ils décident d’empoisonner les réservoirs d’eau reliés à des villes et des villages allemands pour réussir une extermination de masse. Certains membres de la brigade se feront alors engager comme employés dans la station d’épuration et de distribution d’eau.
Les opérations sont dirigées de la Palestine et le poison en question sera conçu à Paris. Le projet sera à deux doigt de réussir mais finira par échouer, et Kovner sera par la suite arrêté. 

Le second projet consistait à empoisonner un camp de prisonniers allemand à Nuremberg. Pour cela des membres se feront engagés dans la boulangerie chargée de ravitailler le camp en pain. Ils empoisonneront les pains en question et iront les distribuer au camp. Des milliers de soldats allemands seront touchés mais seuls quelques-uns mourront. En Europe à la fin des années 40, le chaos qui régnait se contient et l’ordre revient. Il devient alors plus difficile pour les brigades d’agir. 
D’autres tenteront des projets de vengeance mais échoueront. Au final, les dirigeants de ses brigades meurtrières se rendront en Palestine et deviendront par la suite membre de l’Etat-major d’Israël. Ce documentaire aborde alors ce sujet tabou et méconnu. La réalisation s’appuie sur plusieurs images d’archives et sur les témoignages d’anciens membres de la brigade. Ces derniers racontent alors leur expérience. Parmi certains d’eux, on retrouve, des années après, la déception de ne pas avoir pu se venger comme ils l’auraient voulu. Une fois encore, le documentaire est souvent captivant en raison de son sujet, rarement abordé dans les manuels d'histoire. Toutefois, le propos aurait pu être davantage étayé.                

Note : 15/20

vince Vince