cyborg

 

Genre : science-fiction, action, arts martiaux 
Année : 1989

Durée : 1h22

Synopsis : Dévastée par l'anarchie sociale et la peste, l'Amérique du 21ème siècle est plongée dans un cauchemar barbare. Seul Pearl Prophet, une magnifique mi-humaine / mi-robot, a les connaissances nécessaires pour développer un vaccin. Mais Pearl est capturée par des pirates cannibales qui veulent garder l'antidote pour eux... et dominer la Terre ! Seuls les talents de combattant de Gibson Richenbaker peuvent la sauver. Et, avec elle, le reste de la civilisation.

La critique :

Après le succès surprise de Karaté Tiger : le Tigre Rouge (Corey Yuen, 1986), Jean-Claude Van Damme (JCVD) obtient enfin son tout premier rôle au cinéma dans Bloodsport en 1988. A l'origine, le film de Newt Arnold est condamné à prendre la poussière dans les bacs des vidéos clubs. Mais les fans jubilent devant les prouesses athlétiques de JCVD. En l'espace de deux longs-métrages, l'acteur belge vient de chiper la vedette à Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Steven Seagal et Chuck Norris. 
JCVD enchaîne alors avec L'Arme Absolue (Eric Karson, 1988) et Cyborg (Albert Puyn, 1989), deux autres séries B notoires qui passeront relativement inaperçues lors de leur sortie au cinéma. Aujourd'hui, c'est donc le cas de Cyborg qui nous intéresse. Cette pellicule impécunieuse n'est, in fine, qu'un nouveau succédané de Mad Max (George Miller, 1979).

A la fin de la décennie 80, la "Mad Maxploitation" fait encore fureur. Une mode post-apocalyptique qui inspire évidemment Albert Puyn. Le cinéaste a surtout officié dans des séries B désargentées. Il réalise son tout premier long-métrage en 1982 avec L'Epée Sauvage. On lui doit également Captain America (1990), Nemesis (1993), Kickboxer 2 : Le Successeur (1991), Les Chevaliers du Futur (1993), ou encore Nemesis 2 (1995). Ce modeste artisan du cinéma bis n'a jamais réellement brillé et ce n'est pas Cyborg qui risque d'inverser cette dialectique.
Si le film ne restera pas dans les annales du noble Septième Art, il remporte à l'inverse un succès d'estime par l'intermédiaire des vidéos clubs. Cyborg se transmute donc en une trilogie et est suivi par Cyborg 2 ou Glass Shadow (Michael Schroeder, 1993) et Cyborg 3 : The Recycler (Michael Schroeder, 1994). 

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Les deux films suivants n'entretiennent qu'un rapport ténu avec le premier chapitre. Dans le cas de Cyborg 2, il permet à Angelina Jolie d'obtenir son tout premier rôle au cinéma. Pour Cyborg 3 : The Recycler, il se démarque surtout par la présence étonnante de Malcolm McDowell. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout ! A l'origine, Cyborg premier du nom est conçu pour être à la fois la suite de Les Maîtres de l'Univers (Gary Goddard, 1987) et une adaptation du super-héros Spider-Man.
Mais point d'homme-araignée dans Cyborg ! Et point d'androïde non plus, si ce n'est la présence d'une jeune femme vaguement robotisée, histoire de justifier le titre insensé de cette pellicule fauchée comme les blés. Hormis JCVD, la distribution du film réunit Vincent Klyn, Deborah Richter, Alex Daniels, Dayle Haddon et Ralph Moeller.

Pour la petite anecdote sanglante, "JCVD aurait accidentellement crevé l'œil de Jackson Pinckney", un des cascadeurs du film, "avec un couteau. Pinckney aurait porté plainte et aurait reçu un dédommagement de 485 000 dollars" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyborg_(film). Attention, SPOILERS ! Dévastée par l'anarchie sociale et la peste, l'Amérique du 21ème siècle est plongée dans un cauchemar barbare. Seul Pearl Prophet, une magnifique mi-humaine / mi-robot, a les connaissances nécessaires pour développer un vaccin. Mais Pearl est capturée par des pirates cannibales qui veulent garder l'antidote pour eux... et dominer la Terre ! Seuls les talents de combattant de Gibson Richenbaker peuvent la sauver.
Et, avec elle, le reste de la civilisation. Premier constat, le scénario de Cyborg ne brille pas vraiment par sa sagacité et pourrait se résumer ainsi : une Amérique chaotique et en pleine décrépitude depuis la propagation de la peste, des hordes de barbares qui sèment la terreur, la mort et la désolation parmi la populace (tout du moins, ce qu'il en reste...), un vaccin qui permettrait d'éradiquer la contamination, un JCVD monolithique qui défend la veuve et l'orphelin et une histoire de vengeance en filigrane.

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Voilà pour l'ensemble des inimitiés ! Aussi sera-t-il nécessaire de fermer les yeux et les oreilles sur les nombreuses ellipses et incohérences scénaristiques, ainsi que sur les bruitages idiots qui parsèment régulièrement les scènes de baston. D'ailleurs, les Inconnus se gausseront de cette pellicule famélique à travers une parodie jubilatoire, le trio transformant les aventures de Jean Valjean (joué par un Didier Bourdon grimé en JCVD) en toute une série de bastons grotesques et ridicules. Autre petite anecdote, tous les personnages du film portent le nom de marques de basses et de guitares.
Sur ce dernier point, le nom du héros campé par JCVD - alias Gibson Rickenbacker dans le film - est une sorte de ripopée entre la célèbre guitare électrique et le personnage de Max Rockatansky. De surcroît, Albert Puyn n'élude pas les clichés habituels du genre.

Finalement, Cyborg pourrait se caricaturer à un pugilat d'une heure et 25 minutes de bobine (environ) entre un JCVD plus impavide que jamais et un Vincent Klyn aux grognements stériles. Les autres personnages secondaires, Deborah Richter (dans le rôle de Naddy Simmons) en tête, ne justifient aucunement leur participation. De surcroît, les rares effets spéciaux du film brillent surtout par leur obsolescence, à l'image de cette opération chirurgicale qui voit une jeune femme se transmuter en cyborg, encore une fois le seul androïde du film ! Mais au moins, les producteurs ont eu l'ingéniosité de ne pas intituler "Cyborg" au pluriel. C'est déjà ça... Et pourtant...
Contre toute attente et malgré ses défauts pléthoriques, Cyborg se révèle curieusement sympathique... A condition de le voir pour ce qu'il est : une série B qui mélange (plus ou moins) savamment action, science-fiction, arts martiaux et post-apocalyptique, dans la plus grande tradition du genre. Par conséquent, ma note finale pourra paraître incroyablement clémente car ne soyons pas dupes, le film mérite moins, beaucoup moins...

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver