balade sauvage

Genre : Drame (interdit aux moins de 12 ans)

Année : 1974

Durée : 1H30

Synopsis : Kit, un jeune homme de 25 ans, tombe amoureux de Holly, une jeune fille. Le père de cette dernière voit d’un mauvais œil cette relation. Kit finit par l'assassiner, puis avec Holly, ils se lancent dans une équipée sauvage en laissant de nombreux cadavres derrière eux.    

La critique :

Quel film culte que La Balade Sauvage ! En fait, il ne s’agit ni plus ni moins que du premier film de Terrence Malick, le réalisateur avait alors 30 ans à l'époque, soit en 1974. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Malick ne perd pas son temps, premier film, premier chef d’œuvre majeur ! En réalité, le film s’inspire de l’histoire vraie du couple formé par Charles Starkweather, un délinquant qui se prenait pour James Dean, et Caril Ann Fugate. Tous deux s’embarquèrent dans une équipée qui coûta la vie à pas moins de onze personnes. Attention SPOILERS !
En 1959, dans une toute petite ville du Dakota du Sud, Holly une jeune fille naïve d’une quinzaine d’années vit un quotidien répétitif. Un jour, elle rencontre Kit un jeune homme de 25 ans, marginal qui travaille comme éboueur. Les deux jeunes personnes s’éprennent bien vite l’une de l’autre. Le père de Holly, un homme dur voit d’un mauvais œil cette relation.

Un jour, Kit perd son travail et va voir Holly. Il tue le père de cette dernière et part en cavale amenant la jeune fille avec lui. Les deux marginaux se lancent dans une équipée sauvage sur les routes. Cependant, très vite, Kit montre un comportement meurtrier et se met à tuer quiconque se met en travers de son chemin. Tout ceci ne paraît être qu’un jeu pour les deux amants, pourtant toutes les polices de la région se lancent à leur poursuite. Le scénario a été écrit par Malick lui-même en se basant donc sur celle de Charles Starkweather. Le script est donc centré sur cette balade sauvage entre deux amants. Cela dit, comme souvent chez Malick, ce n’est pas tellement l’histoire qui compte, mais surtout la façon dont elle est racontée. La réalisation est somptueuse et impose, d’entrée de jeu, le style du réalisateur, à savoir le contemplatif.

 

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Tout est déjà dans ce premier film et un soin important est apporté au paysage et à chaque image. Ensuite, le film peut s’appuyer sur les deux superbes prestations de Martin Sheen et Sissy Spacek. Il faut alors savoir qu’à l’époque, les deux comédiens connaissaient là leur premier grand rôle au cinéma. Sheen est superbe dans le rôle de Kit, ce délinquant sociopathe qui se prend pour James Dean, notamment quand il prend la même pose que ce dernier dans Géant
Quant à Sissy Spacek, elle colle parfaitement à cette jeune fille naïve au visage d’ange qui se retrouve prise dans cette équipée sanglante. Sa narration en voix-off apporte énormément au film. On retrouve là encore un détail récurrent chez Malick, une narration détachée par rapport aux événements décrits. On peut également parler de la bande sonore du film très travaillée. Que ce soit les sons de la nature ou la musique composée par George Aliceson Tipton, ou encore la composition « Gassenhauer » de Carl Orff.

Au-delà de la forme du film très réussie, La Balade Sauvage se révèle être plus complexe par son fond. Malick aborde ici la monotonie d’un quotidien qui finit par peser sur les personnages et les pousse vers une balade sauvage et meurtrière qui leur donne l’impression d’exister et d’être libre. Cette impression de liberté est soulignée par la mise en scène de Malick. Les deux personnages principaux sont très travaillés psychologiquement et ils mériteraient sans doute une analyse approfondie sur leur comportement. Malick propose en quelque sorte une révision de Bonnie And Clyde, version psychanalytique et meurtrière. La Balade Sauvage s’impose donc comme le premier film de Terrence Malick et également comme l’un des plus grands chefs d’œuvre de la carrière du réalisateur. 
Autant dire que La Balade Sauvage aura une influence considérable par la suite, influençant de nombreux films et plusieurs générations de cinéastes. On trouve dans ce film un témoignage de l’esprit des années 70. Bref, un chef d’œuvre et un film magnifique à voir absolument.    

   

Note : 17/20

 

vince Vince