Dead_End

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2003

Durée : 1h25

Synopsis : A la veille des fêtes de Noël, Frank et sa famille se rendent en voiture chez les parents de sa femme pour y passer le réveillon. Mais le père a le malheur de prendre un raccourci. Sur leur route, ils croisent bientôt une femme en blanc, qui augure de mauvais présages.

La critique :

Plus de cinquante années après sa création, la série télévisée La Quatrième Dimension - The Twilight Zone dans la langue de Shakespeare - continue de susciter l'enthousiasme de plusieurs générations de films et de cinéastes. Inspiré en partie par la théorie de la Relativité Générale d'Albert Einstein, le concept de "Quatrième Dimension" renvoie non seulement au temps qui passe, mais aussi à la possible existence d'une zone crépusculaire qui échappe à toute logique rationnelle.
Cette série américaine populaire a probablement inspiré les grandes lignes du scénario de Dead End, réalisé par Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa en 2003. Si le long-métrage n'a pas spécialement bénéficié d'une sortie dans les salles de cinéma, il s'est néanmoins illustré dans divers festivals.

Ainsi, Dead End a notamment remporté Grand Prix du film fantastique européen et Prix du public, lors du Festival international du film fantastique de Bruxelles, le Prix du jury jeune lors du festival du premier film de Douai, ainsi que le Prix du public lors du festival du film fantastique et d'horreur de Saint-Sébastien en 2003. Bref, toute une pléthore de récompenses qui augurent, à priori, un grand film d'épouvante. Reste à savoir si Dead End mérite un tel panégyrisme. Réponse dans les lignes à venir...
Sur ce dernier point, Dead End reste le seul et unique (ou presque...) long-métrage de Jean-Baptiste Andrea, réalisateur et scénariste français. Dead End est donc une co-production franco-américaine. Depuis ce tout premier essai, Jean-Baptiste Andrea s'est montré assez timoré, même si on lui doit Big Nothing (2006), La Confrérie des Larmes (2013), ainsi que le scénario d'Hellphone (James Huth, 2007).

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La distribution de Dead End réunit Ray Wise, Lyn Shaye, Mick Cain, Alexandra Holden, Billy Asher et Amber Smith. Attention, SPOILERS ! (1) Le soir de Noël, comme tous les ans, Frank se rend en voiture chez ses beaux-parents avec sa femme Laura, son fils Richard, sa fille Marion et le petit ami de cette dernière, Brad. Pressé par le temps, il décide d'emprunter un raccourci pendant que les autres dorment dans la voiture. Bientôt, il croise une étrange femme en blanc avec son bébé sur le bord de la route, apparemment choquée. Marion cède alors sa place à l'inconnue, celle-ci ayant visiblement besoin de soins.
Lorsqu'ils trouvent une maison sur leur chemin, fils, Frank et sa femme descendent afin de chercher du secours. Le petit ami de Marion reste donc seul dans la voiture, aux côtés de la femme vêtue de blanc.

Celle-ci lui indique que le bébé, Amy, est déjà mort. Brad observe alors le bébé, crie. Peu après, Marion, qui avait entrepris de continuer sa route à pied, voit passer une vieille voiture noire avec Brad à son bord. Elle rejoint alors sa famille en courant. Brad est ensuite retrouvé mort, visiblement écrasé. Au fur et à mesure les différents membres de la famille connaissent le même sort. Marion est vivante et elle a été prise en stop par un passant qui l'emmène à la ville afin qu'on la soigne.
Dès lors, tout semble aller de travers (1). Après la lecture de ce synopsis, on en revient toujours et encore au concept de la série La Quatrième Dimension ! En effet, le script de Dead End n'est finalement qu'un avatar de l'épisode L'Auto-Stoppeur (1960). Là aussi, il est question d'une route désertique conduisant tout droit vers la mort... 

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Par ailleurs, c'est une jeune femme éplorée et marchant seule sur la route qui avertit Frank (Ray Wise) et sa famille du sort funeste qui les attend... Néanmoins, Jean-Baptiste Andrea opacifie son récit en brossant un portrait volontairement caricatural de la middle class américaine. Il faudra donc se contenter d'un patriarche poltron et pusillanime, d'une mère hystérique et limite érotomane, d'un jeune homme qui se masturbe devant des magazines érotiques et d'un couple lambda.
Ce côté goguenard et pittoresque vient donc euphémiser le ton mortifère de cette production, tergiversant sans cesse entre le fantastique, le road movie et le genre horrifique. Dès lors, Jean-Baptiste Andrea multiplie les situations incongrues. 
Le cinéaste "frenchy" peut notamment s'appuyer sur les excellentes partitions de Ray Wise et Lyn Shaye, plus cabotins que jamais. Toutefois, Dead End n'est pas exempt de tout reproche. Premier défaut et pas des moindres, la trame scénaristique reste assez prévisible, notamment lors de sa révélation finale. Ensuite, dommage que Jean-Baptiste Andrea n'ait pas étayé davantage cette ambiance putride et morbide, privilégiant trop (beaucoup trop...) les sarcasmes et les épigrammes, d'où une sensation ou plutôt un sérieux air de déjà-vu lors du générique final. 
Curieux que cette courte gaudriole (à peine une heure et 25 minutes de bobine) ait obtenu un tel plébiscite lors de sa présentation dans divers festivals. Certes, l'ensemble se révèle plutôt sympathique, à défaut d'être totalement indispensable. Que dire de plus ?

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver