tyson 2009

Genre : Documentaire

Année : 2008

Durée : 1H26

Synopsis : Mike Tyson, légende de la boxe poids lourds, raconte son histoire en interview à travers des films et des images d’archives. Il se souvient alors, de sa jeunesse délinquante, de sa rencontre avec Cus D’Amato, de son ascension sur les rings, de sa conquête du titre de champion du monde des lourds et de son immense gloire. Mais il se souvient aussi de son divorce, de sa première défaite, de sa condamnation pour viol et de sa chute.

La critique :

Le nom de James Toback n’est pas inconnu, le réalisateur a pu faire parler de lui, en bien ou en mal, avec des films comme Mélodie pour un tueur ou Black and White. En 2008, il décide de se lancer dans le documentaire et de retracer l’histoire d’une légende du ring, j’ai nommé Mike Tyson. Pour cela, Toback décide d’interviewer le boxeur et de le laisser raconter sa vie. Alors certes, on ne peut pas savoir si tout est objectif ou vrai, certains diront même que Tyson n’est pas sincère quand il s’excuse de son comportement, d’autres le trouveront touchant. Mais dans le fond, le but ici, ce n’est pas la rédemption de Tyson, c’est d’avoir un aperçu complet de la vie de ce sportif. 
Pour cela, Toback décide de s’adresser directement à Tyson afin de le laisser raconter son histoire, ses impressions et ses sentiments.

Attention SPOILERS ! Le 30 juin 1966, naissance de Michael Gerard Tyson. Durant la première partie de son enfance, le jeune Mike passe le plus gros de son temps à l’hôpital, en raison de problèmes pulmonaires récurrents (c’est pourquoi il n’a jamais été un boxeur endurant). C’est alors qu’un jour, l’homme qu’il pensait être son père les abandonne, lui, sa mère et ses nombreux frères et sœurs. Pauvre, la famille n’a d’autre choix que de partir vivre à Brownsville dans le Brooklyn, un quartier réputé pour sa violence et sa criminalité. Le jeune Tyson est alors victime de racket. 
Plutôt enveloppé, portant des lunettes, il devient rapidement la « tête de Turc » de ses camarades d’école qui l’humilient régulièrement. Le jeune garçon n’ose pas se retourner et accumule frustration et colère. Un jour, cependant, il craque après un adolescent. Il se rue sur l’adolescent, une bagarre éclate et le jeune Mike finit par démolir son adversaire.

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« Après cela, plus personne ne m’a jamais cherché » déclare Tyson. Les choses vont vite s’accélérer et le jeune garçon de 13 ans se met à fréquenter un gang de voyous. L’inévitable arrive : un jour, il est arrêté et se retrouve dans un centre de détention. Il y retournera à plusieurs reprises, jusqu’au jour où on décide de le transférer dans la maison de correction de Tryon. C’est là bas qu’il est repéré par Bobby Stewart, gardien et ancien boxeur. Ce dernier commence à lui apprendre la boxe et repère bien vite les capacités du jeune garçon. En 1979, Tyson est libéré sur parole, plutôt que de repartir dans l’enfer de Brownsville, il décide, sous les conseils de Stewart, de rencontrer Cus d’Amato, ancien entraîneur du légendaire Floyd Patterson (plus jeune champion du monde des lourds à 21 ans et 11 mois en 1956). 
Très vite, d’Amato repère les talents de Tyson, il devient alors son père adoptif et l’amène vivre à Catskills aux alentours de New York.

Tyson prend donc un nouveau rythme de vie et commence une formation physique et technique ultra intensive, sous la direction de Cus d’Amato. Après l’entraînement, Mike et Cus passent leurs soirées à visionner des films de boxe sur les plus grands combats du siècle, étudiant méthodiquement chaque coup et chaque mouvement. Chaque seconde de la vie du jeune garçon est désormais dédiée à la boxe. Il entame alors une carrière en amateur et fait fureur. 
En 1980, il remporte les jeux olympiques juniors en détruisant tous ses adversaires par KO au premier round, dont un par KO en 8 secondes (c’est le KO le plus rapide jamais enregistré). A 18 ans seulement, après 24 combats en amateur dont deux défaites, face à Henry Tillman, qui lui barre la route des jeux Olympiques de Los Angeles, il part dans le circuit professionnel.

Il fait des débuts fracassants en 1985, année durant laquelle il boxe 15 fois pour autant de victoires. Toutes acquises par KO, dont 11 par KO dès le premier round ! Partout, on parle du nouveau prodige de Cus d’Amato. Mesurant 1m78 et pesant 100 kilos, Tyson n’est pas très massif pour un poids lourd (les lourds de cette époque mesurent en moyenne entre 1m93 et 1m95). Le style de Tyson est donc proche de celui de Joe Frazier ou Rocky Marciano. Le jeune boxeur impressionne : une énorme force de frappe, une vitesse exceptionnelle pour un poids lourd, des esquives et des mouvements de têtes incroyables, des super réflexes, et une extrême agressivité. 
Mais son arme la plus redoutable, c’est son image et son pouvoir d’intimidation. Lors de ses entrées sur le ring, il n y a pas d’effet, il ne porte pas de peignoir, il est vêtu d’un short court noir et de chaussures basses en cuir noir sans chaussettes, comme les vieux boxeurs. 

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A cela, viennent s’ajouter une coupe militaire, un torse bodybuildé et un regard vide. Sur le ring, il se balade comme un fauve en cage et quand le gong résonne, il bondit comme un fou sur son adversaire. Vous l’aurez compris ,Tyson terrorise tous ses adversaires. Ces derniers ne soutiennent pas son regard et lorsque le combat commence, ils sont tétanisés, ils sont figés par la peur et deviennent des proies faciles. Souvent, il met KO ses adversaires d’un seul coup de poing.
Malheureusement, à la fin de cette année 1985, Cus d’Amato, son père adoptif, décède d’une pneumonie. C’est une perte très douloureuse pour le jeune boxeur qui sera désormais entraîné par Kevin Rooney, un autre élève de d’Amato. Tyson continue cependant son ascension et enchaîne les victoires par KO. Le 22 novembre 1986, il rencontre Trevor Berbick, le champion du monde de la WBC, célèbre pour avoir mis Mohammed Ali à la retraite. 

Dès le début, sa victoire semble acquise, lors du face à face précédent le combat, Berbick ne soutient pas le regard de Tyson, il est terrorisé. Tyson attaque d’entrée avec une incroyable agressivité et fait vaciller Berbick dès le premier round. Au début du second round, il l’envoie au tapis sur un superbe enchaînement. A la fin de cette seconde reprise, il achève Berbick d’un crochet du gauche, ce dernier s’effondre, il tente de se relever mais bascule dans les cordes et renverse deux photographes. 
A nouveau, il tente de se mettre debout mais après quelque pas, il s’effondre une seconde fois. Dans un ultime effort, il se relève mais l’arbitre doit le soutenir pour l’empêcher de s’effondrer de nouveau, il est KO. A 20 ans et 5 mois, Tyson devient le plus jeune champion poids lourd de l’histoire, battant ainsi le record de Patterson.

Il connaît la gloire en unifiant le titre et en détruisant tous ses adversaires. En 1988, il participe au combat le plus cher de l’histoire, face à l’invaincu et ex-champion du monde Michael Spinks qui, selon les spécialistes, est le seul à pouvoir l’inquiéter. Tyson fait fureur en détruisant son adversaire en 91 secondes. Cependant, cette année-là voit aussi mourir son promoteur, Jim Jacobs, qu’il considérait comme son frère. Il tombe alors sous l’emprise de Don King, se dispute avec Kevin Rooney et divorce avec l’actrice Robin Given après seulement quelques mois de mariage.
En 1990, Il doit combattre à Tokyo face à un inconnu James Buster Douglas. La seule question de la presse, c’est de savoir à quel round ou plutôt à quelle minute du premier round, Tyson va terrasser Douglas. Mais c’est un Tyson dépressif et hors de forme qui combat face à un Douglas déterminé et courageux.

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Tyson est dominé à la surprise générale et soudain, à la dixième reprise, Douglas envoie Tyson au tapis. Mike est KO, il subit alors sa première défaite qui marque un tournant dans sa carrière. Tyson touche le fond lorsqu’il est accusé de viol par Désirée Washington. Si certains sont sûrs de sa culpabilité, d’autres sont persuadés qu’il s’agit d’un coup monté. Tyson, pour sa part, continue de clamer son innocence, mais il passera 3 ans en prison. Il en ressortira changé à jamais. En effet, il s’est fait tatouer le corps et s’est également converti à l’Islam. 
Il fait son retour sur les rings. Certes, il a perdu de sa technique et de ses qualités défensives mais il conserve son punch et sa vitesse. En 1996, il impressionne en récupérant le titre de champion du monde face à Frank Bruno par KO au troisième round. Il unifie le titre en mettant Bruce Seldon KO au premier round. Il ne lui reste plus que la ceinture IBF détenue par Evander Holyfield. 

Tous croient au retour de « Iron » Mike, il est le favori, certains pensent même qu’Holyfield va faire une crise cardiaque. Dès le début du combat, Tyson domine les premiers rounds. A la sixième reprise, Holyfield ouvre l’arcade sourcilière de Tyson sur un coup de tête apparemment involontaire. Mais les deux têtes ont de nouveau un choc et soudain, Holyfield prend la main et malmène son adversaire avec des enchaînements terribles. Tyson vacille, au onzième round l’arbitre arrête le combat pour lui éviter l’humiliation d’être mis KO. Il subit sa seconde défaite.
Mais ce combat est vite éclipsé par la revanche entre les deux hommes en 1997. Cet affrontement tourne au combat de rue, les deux hommes échangent des coups irréguliers. Au troisième round, Tyson énervé par les coups de tête d’Holyfield, le mord violemment à l’oreille droite.

Sur le ring, Holyfield hurle et fait des bonds de douleur pendant que Tyson recrache un morceau de cartilage arraché sur l’oreille de son adversaire. Tyson se voit retirer deux points, le combat reprend et à nouveau, il mord Holyfield. L’arbitre le disqualifie mais Tyson cherche encore à frapper Holyfield, la sécurité s’interpose et une émeute éclate. Tyson sera suspendu pendant deux ans, cela marque définitivement la fin de sa carrière. Par la suite, il tentera un retour Face à Lennox Lewis, mais n’étant plus que l’ombre de lui-même, il sera mis KO en 8 rounds. 
Il met un terme à sa carrière en 2005 après une nouvelle défaite par abandon face à Kevin McBride. Au final, on retiendra de Tyson « l’enfant violent  de la boxe », mais aussi un grand champion qui a été dépassé par son succès. Champion du monde à 20 ans, tout est arrivé trop vite pour lui. 

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Il en résulte un très bon documentaire, Mike Tyson raconte sa vie avec une sensibilité qu’on ne lui connaissait pas. Mais le plus intéressant, c’est de découvrir l’homme derrière la légende. Cependant, dans un documentaire de boxe, on s’attend aussi à des extraits de combat. Il y en a mais la plupart du temps, Toback décide de découper l’écran en 3 ou en 4 pour montrer plusieurs passages à la fois. C’est peut-être original mais au final, on finit par ne rien voir du combat et c’est vraiment dommage. C’est l’un des seuls points négatifs de ce documentaire. 
Pour le reste, Tyson reste un excellent documentaire qui devrait séduire les amateurs du noble art mais aussi les autres spectateurs. Le film a reçu le prix "un certain regard" lors de son passage au festival de Cannes. A noter que l’édition française offre quelques bonus que l’on doit à Jean Philippe Lustyck : un livret de 42 pages sur le boxeur et un documentaire « Tyson vu par les champions ».

Note : 15/20

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