Mimic

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1997

Durée : 1h42

Synopsis : Pour juguler une épidémie propagée par des insectes, le docteur Susan Tyler et son mari Peter Mann manipulent le code génétique des petites bêtes, créant ainsi une génération de clones qui détruit ses congénères. Trois ans plus tard, le remède a donné vie à une espèce mutante qui habite dans les sous-sols de la ville. Ces insectes ont maintenant la taille de l'homme et sont dotés d'un système de camouflage naturel, le mimétisme

La critique :

Dès son plus jeune âge, huit ans pour être exact, Guillermo del Toro se passionne pour l'univers cinématographique. Etudiant, il s'accointe et s'acoquine avec un certain Dick Smith. Ensemble, les deux hommes collaborent aux effets spéciaux et aux maquillages de Little Big Man (Arthur Penn, 1970) et de L'Exorciste (William Friedkin, 1973). A l'orée des années 1980, Guillermo del Toro édifie sa première société de production, Necropia (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillermo_del_Toro).
Après avoir réalisé deux courts-métrages (Dona Lupe et Geometria), Guillermo del Toro signe enfin son tout premier long-métrage, Cronos, en 1993. Ce tout premier essai lui permet de se distinguer au festival de Cannes et d'affiner son style aux yeux du grand public. En 1997, il décide donc de s'expatrier à l'étranger et notamment chez l'Oncle Sam.

Les producteurs Ole Bornedal et Bob Weinstein décident de lui confier la réalisation de Mimic, sorti en 1997. Ce second long-métrage est aussi l'adaptation cinématographique d'une "nouvelle éponyme de Donald A. Wollheim parue pour la première fois en 1942 dans la revue Astonishing Stories" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mimic_(film). A l'origine, Dimensions Films, qui finance le projet, souhaite que Mimic ne soit que l'un des nombreux segments d'un film à sketches.
Mais le projet est finalement prorogé. Mimic sera bel et bien un film à part entière. Néanmoins, Guillermo del Toro conserve un mauvais souvenir du tournage. En effet, les producteurs lui imposent plusieurs modifications de dernière minute dans le scénario du film.

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Furibond, Del Toro souhaite imprimer son style et n'a pas l'intention de suivre les directives imposées par une oligarchie hollywoodienne. Nanti d'un budget famélique (à peine 25 millions de dollars), Mimic remporte à l'inverse un succès d'estime dans les salles obscures. En outre, le long-métrage se démarque surtout par l'intermédiaire de la vidéo. Plusieurs suites, Mimic 2 : le retour ! (Jean de Segonzac, 2001) et Mimic 3 : Sentinel (J.T. Petty, 2003), seront même réalisées dans la foulée, mais sans la participation de Guillermo del Toro, qui vaque à d'autres occupations. 
La distribution de ce premier chapitre réunit Mira Sorvino, Jeremy Northam, Alexander Goodwin, Giancarlo Gianinni, Charles S. Dutton, Josh Brolin, Alix Koromzay et F. Murray Abraham. Attention, SPOILERS ! 

Pour juguler une épidémie propagée par des insectes, le docteur Susan Tyler et son mari Peter Mann manipulent le code génétique des petites bêtes, créant ainsi une génération de clones qui détruit ses congénères. Trois ans plus tard, le remède a donné vie à une espèce mutante qui habite dans les sous-sols de la ville. Ces insectes ont maintenant la taille de l'homme et sont dotés d'un système de camouflage naturel, le mimétisme. Finalement, Mimic, c'est aussi le retour aux vieux films d'épouvante et de science-fiction des années 1950.
Comment ne pas songer un instant à La Mouche Noire (Kurt Neumann, 1959), à Tarantula ! (Jack Arnold, 1955), ou encore à Soudain... Les Monstres (Bert I. Gordon, 1976), pour ne citer que ceux-là ? Pourtant, Guillermo del Toro parvient à transcender son récit.

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Le cinéaste, producteur et scénariste mexicain se détache de ses augustes épigones pour signer un film d'épouvante plus complexe qu'il n'y paraît. Studieux, le réalisateur prend son temps pour planter le décor et ses divers protagonistes. Ainsi, l'action se déroule presque uniquement dans les coins retranchés et claustrés d'un métro abandonné à la plèbe. Del Toro nous invite à sonder le quotidien de la populace et de ces gueux condamnés à croupir près des rames du métro de la ville.
Deux éminents entomologistes, Susan Tyler et Peter Mann, mènent une enquête précautionneuse sur une invasion de cafards. Mais ces insectes ne sont pas ordinaires, loin de là. Avec le temps, cette nouvelle espèce animale, qui n'aurait rien à envier à la logique darwinienne, s'est transmutée en de formidables prédateurs destinés à menacer la vie humaine dans son territoire urbain.

Pis, ces insectes anthropomorphiques ont même appris à mimer le faciès humain et se terrent dans les coursives du métro. Au moins, Mimic a le mérite de sortir des sentiers battus (si j'ose dire...). 
En outre, Del Toro n'hésite pas à sacrifier et à mutiler quelques bambins intrépides. Par certaines analogies, Mimic n'est pas sans rappeler non plus le cinéma de David Cronenberg. Là aussi, il est aussi question de mutations, d'une atmosphère cafardeuse - c'est le cas de le dire - et d'un climat oppressant qui viennent bientôt tarabuster le quotidien de deux scientifiques aguerris.
Hélas, malgré ses bonnes intentions, Mimic n'est pas exempt de tout reproche. Si on saisit déjà toute la quintessence du cinéma de Del Toro, le film laisse tout de même un arrière-goût d'inachevé. 
Par exemple, toute la seconde partie, qui se déroule directement sur le territoire des cafards protéiformes, est beaucoup trop classique pour susciter l'adhésion sur la durée. Mais ne soyons pas trop sévères. Pour un film des années 1990, Mimic a plutôt bien traversé le poids des années.
In fine, le long-métrage contient suffisamment de saynètes anxiogènes pour maintenir la tension sur la durée. 

Note : 14/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver