La_Malediction 1976

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1976

Durée : 1h51

Synopsis : Ambassadeur des États-Unis à Londres, Robert Thorn réalise que son fils de cinq ans, Damien, n'est autre que la réincarnation de l'antéchrist. 

La critique :

Tout d'abord acteur, Richard Donner officie, dans un premier temps, dans des films expérimentaux et méconnus du grand public. Désarçonné par son propre jeu d'acteur, Richard Donner oblique alors vers le métier de réalisateur et travaille avec plusieurs cinéastes prestigieux, notamment John Frankenheimer, Sidney Lumet et Arthur Penn. C'est par l'intermédiaire de la télévision que le metteur en scène obtient son premier grand succès en réalisant un épisode de la série Au Nom de la Loi.
Il enchaîne alors avec X-15 (1961), Sel, poivre et dynamite (1968) et L'Ange et le Démon (1970). En 1973, la sortie de L'Exorciste de William Friedkin marque une rupture rédhibitoire dans le cinéma horrifique. Cette date fatidique marque aussi la fin de la Hammer, une firme de production principalement spécialisée dans les films d'épouvante.

Les démons et l'Antéchrist sont érigés par l'industrie hollywoodienne et s'immiscent peu à peu sur nos écrans, provoquant de nombreux cris d'orfraie dans les salles de cinéma. Les producteurs Harvey Berhnard, Mace Neufeld et Charles Orme sont bien conscients de ce nouveau phénomène et décident de confier la réalisation de La Malédiction à Richard Donner en 1976. Le film doit suivre la dialectique et la rhétorique pérorées par le chef d'oeuvre horrifique de William Friedkin.
Studieux, Richard Donner s'attelle à la tâche. Mission réussie pour le cinéaste. Non seulement La Malédiction s'octroie les ferveurs du public dans les salles obscures, mais le film est également encensé par les critiques et la presse cinéma. 
De facto, plusieurs suites (Damien : La Malédiction 2, La Malédiction Finale et La Malédiction 4 : L'Eveil) seront tournées dans la foulée. 

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Un remake, 666 : La Malédiction, sera même réalisé en 2006 par les soins de John Moore. A l'instar de L'Exorciste (déjà précité), de Shining (Stanley Kubrick, 1980), d'Amityville, la Malédiction (Stuart Rosenberg, 1979) et de Poltergeist (Tobe Hooper, 1982), La Malédiction va lui aussi s'arroger le titre de film culte et de classique du cinéma horrifique au fil des années. Reste à savoir si le long-métrage mérite un tel panégyrisme. Réponse dans les lignes à venir...
La distribution de ce premier chapitre réunit Gregory Peck, Lee Remick, David Warner, Billie Whitelaw, Patrick Troughton et Harvey Stephens. Pour la petite anecdote, de nombreux acteurs seront envisagés pour interpréter Robert Thorn, rôle finalement tenu par Gregory Peck, notamment Roy Scheider, Charlton Heston et William Holden.

Dans le cas de ce dernier, l'acteur acceptera finalement de jouer le rôle principal dans Damien : La Malédiction 2 (Don Taylor, 1978). Attention, SPOILERS ! Robert Thorn est ambassadeur des Etats-Unis à Londres. 
Plusieurs crimes étranges ont lieu dans son entourage. Keith Jennings, un photographe, et le père Brennan finissent par convaincre Thorn que son fils de cinq ans n'est pas le sien et n'est autre que l'Antéchrist. Premier constat, La Malédiction débute et se conclut sur un extrait de L’Apocalypse selon Saint-Jean. De facto, le film revêt à la fois des dimensions bibliques, théologiques, spirituelles et eschatologiques. Notre monde moderne est donc menacé de péricliter sous le joug de l'Antéchrist, ici symbolisé par un jeune gosse de cinq ans, Damien. 
D'ailleurs, son prénom est intrinsèquement relié au chiffre du Diable : 666. Toujours la même antienne. 

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En outre, La Malédiction repose sur un script basique et conventionnel. Il est donc question de meurtres sadiques et énigmatiques. Tout commence par une jeune forcenée qui se pend lors d'une réception donnée pour l'anniversaire de Damien. Puis, c'est une nourrice mystérieuse qui vient subrepticement prodiguer des soins au jeune bambin, le tout sous la complicité béate de Robert Thorn et de sa femme, Katherine (Lee Remick). Ici, point d'humour ni de gaudriole.
Richard Donner convie le spectateur au sein d'une enquête policière et fantastique qui conduit Robert Thorn à soupçonner sa propre progéniture. Un simulacre. L'ambassadeur n'est pas le géniteur de Damien. Pis, le jeune mouflet serait carrément le "produit" - si j'ose dire - de la Bête. Gare à ne pas contrarier les plans machiavéliques de l'Antéchrist sous peine d'être décapité ou attaqué par des canidés aux dents acérés !

Certes, on pourra déceler, ici et là, quelques baisses de rythme, parfois préjudiciables à la qualité du film. Néanmoins, l'intrigue est rondement menée et Richard Donner parvient à transcender son sujet. En l'occurrence, le long-métrage repose essentiellement sur des séries de crimes énigmatiques. Une logique qui sera réitérée dans les chapitres suivants, par ailleurs inférieurs à leur auguste modèle. Seul petit bémol, La Malédiction ne reproduit pas le choc asséné par d'autres classiques de l'épouvante, déja précités. Dans le même genre, on lui préférera évidemment le film de William Friedkin, ou encore Rosemary's Baby (Roman Polansky, 1968), dans lequel il était déjà question de l'avènement de l'Antéchrist. Mais ne soyons pas trop sévères, malgré ses quarante années au compteur, La Malédiction a plutôt bien traversé le poids des années.

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver