vendredi 13 (1980)

Genre : horreur, slasher (interdit aux - 16 ans)
Année : 1980

Durée : 1h32

Synopsis : En 1957, un jeune garçon, prénommé Jason, meurt noyé au camp de Crystal Lake. L'année suivante, les deux responsables du camp sont tués. Crystal Lake ferme. Mais en 1980, Steve Christy décide de le rouvrir un vendredi 13, jour anniversaire des décès survenus vingt-trois ans auparavant. Lors de la préparation du camp pour son ouverture, les moniteurs du centre disparaissent les uns après les autres pendant la nuit

La critique :

La carrière cinématographique de Sean S. Cunningham démarre dès les prémisses des années 1970. Au départ, le cinéaste cherche son style et hésite entre l'horreur, le thriller et la comédie dramatique. Toutefois, ses premiers essais (L'Amour à deux en 1971, Case of the Full Moon Murders en 1973 et Here Come The Tigers en 1978) passent totalement inaperçus et ne bénéficient même pas d'une sortie dans les salles obscures. Parallèlement, en 1972, il participe à la production de La Dernière Maison sur la Gauche, un rape and revenge réalisé par les soins de Wes Craven.
Ce long-métrage violent et érubescent permet à Sean S. Cunningham de se découvrir une passion pour le genre horrifique. Les sorties de Black Christmas (Bob Clarke, 1974), Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) et de Halloween : la Nuit des Masques (John Carpenter, 1978) marquent une rupture fatidique dans le cinéma d'épouvante.

Le croquemitaine, qui peut se cacher sous plusieurs visages monstrueux (entre autres, Leatherface et Michael Myers), s'adonne à des activités anthropophagiques et criminelles. Des sévices qui échappent à toute logique humaine et rationnelle. Fortement imprégné par cette culture en rupture avec l'horreur traditionnelle, Sean S. Cunningham souhaite réaliser la réponse à Halloween : la Nuit des Masques. Ce sera Vendredi 13, sorti en 1980. Mais le métrage de Cunningham possède d'autres références éminentes, notamment La Baie Sanglante (Mario Bava, 1971).
Le scénario de Vendredi 13 est écrit par Tom Miller qui souhaite créer un meurtrier intrinsèquement relié à la notion de maternité. Par la suite, le cacographe n'appréciera guère la suite donnée - le rejeton défiguré et démoniaque - par les nombreux épisodes qui suivront dans la foulée, et qui érigeront Jason Voorhees comme une figure machiavélique.

Vendredi-13

Nanti d'un budget famélique et aux abonnés absents, Vendredi 13 premier du nom peut néanmoins s'appuyer sur l'érudition de Tom Savini derrière les maquillages du film. Si ce tout premier chapitre se solde par un immense succès commercial et signe l'avènement du slasher au cinéma, il essuie à l'inverse un véritable camouflet auprès des critiques et de la presse cinéma. Certains journaux spécialisés évoquent un slasher ridicule et affublé d'un croquemitaine encore plus grotesque.
Son succès inopiné va engendrer une saga de onze épisodes, ainsi qu'un remake homonyme, réalisé par les soins de Marcus Nispel en 2009. La distribution de ce premier volet réunit Betsy Palmer, Adrienne King, Harry Crosby, Laurie Bartram, Jeannine Taylor et Kevin Bacon. En outre, le scénario de Vendredi 13 est de facture basique et laconique.

Attention, SPOILERS ! En 1957, un jeune garçon, prénommé Jason, meurt noyé au camp de Crystal Lake. L'année suivante, les deux responsables du camp sont tués. Crystal Lake ferme. Mais en 1980, Steve Christy décide de le rouvrir un vendredi 13, jour anniversaire des décès survenus vingt-trois ans auparavant. Lors de la préparation du camp pour son ouverture, les moniteurs du centre disparaissent les uns après les autres pendant la nuit. Finalement, Vendredi 13, c'est ce retour aux pulsions primitives et archaïques. Il suffit de prendre le concept du film pour s'en rendre compte : un camp d'été, Crystal Lake, des étudiants qui festoient, badinent et s'acoquinent, une musique comminatoire et in fine, un mystérieux meurtrier qui assassine avec un opinel. 
A priori, rien de très irrévérencieux ni de particulièrement condescendant dans ce slasher égrillard et beaucoup trop classique pour susciter réellement l'adhésion.

vendredi1306

Cette recette anônnée par Sean S. Cunningham n'est qu'un avatar de Black Christmas et d'Halloween, la nuit des masques (deux films d'horreur déjà précités). A la seule différence que Vendredi 13 se veut encore plus prosaïque que ses augustes épigones. Ici, point d'atermoiement sur les divers protagonistes ni d'analyse sur leur psyché en déliquescence. Pas non plus de croquemitaine invincible, indicible et invulnérable. Juste une banale histoire de vengeance qui trouve sa genèse dans les années 1950. Finalement, Vendredi 13 s'inscrit dans l'insouciance de son époque et de ses principaux personnages. Il marque aussi la quintessence d'une époque hédoniste et libertaire.
Même les séquences sanguinolentes se montrent curieusement élusives et timorées : une hache assénée furtivement dans le crâne d'une mijaurée ou encore un couteau qui transperce la gorge d'un étudiant d'infortune...

La violence de Vendredi 13 se veut âpre et brute de décoffrage sans forcément verser dans la barbaque ni le viscéral. Le tueur de Vendredi 13 n'est qu'une version clonée du psychopathe de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Hélas, Betsy Palmer ne possède pas le talent ni la virtuosité d'un Anthony Perkins. De surcroît, la comparaison avec le chef d'oeuvre hitchcockien s'arrête bien là. Seule réelle nouveauté, point de Laurie Strode ni de héros téméraire qui lutte farouchement contre ce mystérieux sociopathe. En outre, les différents étudiants sont tous interchangeables.
Vendredi 13 se contente de disséminer une ambiance à la fois tendue et goguenarde, dans la grande tradition des slashers des années 1980. Sa simplicité force presque le respect et en partie l'adhésion. On tient donc un slasher correct, probe, sobre et recommandable pour tout fan de films d'horreur qui se respecte. Malheureusement, Vendredi 13 ne possède pas non plus la fougue ni la folie jubilatoire d'un Halloween ou d'un Massacre à la Tronçonneuse. En résulte un slasher assez surcoté au final.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver