django 1966

Genre : Western Spaghetti (Interdit aux moins de 16 ans)

Année : 1966

Durée : 1H27

Synopsis : Un étranger du nom de Django, traînant un cercueil derrière lui, arrive dans une petite ville située à la frontière mexicaine. Deux bandes rivales se livrent une guerre sanglante. Django va s’introduire dans cette bataille pour essayer d’en tirer profit.   

La critique :

Après l’énorme succès de Pour une Poignée de Dollars, réalisé par Sergio Leone en 1964, l’industrie du cinéma italien trouve un nouveau filon : le western Spaghetti. A partir de ce moment-là, nombreux sont les réalisateurs qui se lancent dans ce registre. On voit alors apparaître un nombre incroyable d’ersatz du film de Sergio Leone. Des personnages se nommant Ringo font leur apparition sur l’écran pour le meilleur et souvent pour le pire. En 1966 apparaît un nouveau venu sur le circuit, Django, réalisé par Sergio Corbucci, le rival intime et ami de Sergio Leone, qui fait lui aussi écho au succès de la trilogie des dollars. Attention SPOILERS ! Django, un étranger qui traîne derrière lui un cercueil, arrive dans une région désolée, sinistrée et dévastée par une guerre entre deux bandes rivales. 
D’un côté, la bande du Major Jackson, un américain raciste et de l’autre, celle du général Rodriguez, un mexicain révolutionnaire.

Les deux clans sont prêts à commettre n’importe quelle horreur pour vaincre ou affaiblir leurs rivaux. Dans ce contexte instable, Django s’installe dans un saloon miteux dirigé par un patron et cinq prostitués. Très vite, il fait part de ses talents de tireur en abattant froidement un groupe de sbires appartenant au clan Jackson. Pour ce dernier, la mort de Django devient une priorité. Le héros se lie alors au clan Rodriguez et entame une guerre contre Jackson avec lequel il semble avoir un compte à régler. Mais dans cet univers violent et cruel, les choses ne vont pas se passer comme prévu.
Voilà donc pour la trame du film qui reprend largement le scénario du film de Leone, comme l’avaient déjà fait beaucoup de westerns Spaghettis à la même époque. Cependant Django est bien plus qu’un simple rejeton de Pour une Poignée de Dollars

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Corbucci se démarque de l’histoire originale pour introduire des sentiments tels que l’amour et la vengeance. Franco Nero prête ses traits inquiétants au personnage de Django, un cowboy solitaire et fine gâchette qui semble être attiré avant tout par l’appât du gain. Cependant, le personnage se dévoilera sous un jour plus affable. En un sens, là où le personnage de Clint Eastwood était en grande partie un stéréotype, celui de Franco Nero se révèlera plus profond et plus humain.
Mais l’originalité de Django vient surtout du style de Corbucci. Certes, le réalisateur s’inspire beaucoup du style Leone, mais il apporte aussi sa touche personnelle. L’univers de Django ne ressemble pas vraiment à celui du western italien classique, il est teinté d’une ambiance à la fois fantastique surréaliste et morbide. 

Ainsi Corbucci oublie le soleil torride et le désert pour un décor de ville fantôme engoncée dans la boue et sous un temps grisâtre. Mais ce qui va par-dessus tout contribuer au succès de Django, c’est sa violence outrageante qui fera scandale à l’époque. En effet, le réalisateur ne retient pas ses coups et signe plusieurs saynètes rutilantes : massacres hallucinants, tortures, meurtres et bien sûr célèbre séquence de l’oreille. La violence se lit à travers chaque personnage du film.
Django s’inscrit clairement dans le cinéma bis, mais il confère au western un nouveau souffle et une nouvelle esthétique parfois très proche du registre fantastique. Le western crépusculaire est annoncé. Par la suite le nom de Django apparaîtra sur l’affiche de beaucoup de westerns souvent fort médiocres et n’ayant rien à voir avec le film de Corbucci. Bref un excellent western choc et violent à découvrir, et aussi l’une des plus belles réussites de Sergio Corbucci.  

                      

Note : 16,5/20

vince Vince