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Genre : horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année : 2014

Durée : 1h39

Synopsis : Lorsque le clown engagé pour animer l'anniversaire de son fils leur fait faux bond, un père de famille doit prendre la relève et lui-même revêtir un déguisement de clown pour assurer le spectacle. Mais très vite, il réalise que le costume est devenu une seconde peau dont il ne pourra se débarrasser. A moins d'accomplir une mission macabre. 

La critique :

Les clowns meurtriers au cinéma. Un thème qui va largement inspirer le cinéma horrifique. Evidemment, les fans du cinéma d'épouvante citeront aisément Ca - Il est revenu (Tommy Lee Wallace, 1990). Mais d'autres longs-métrages, la plupart du temps des séries B désargentées, parviennent à se frayer un chemin escarpé via le direct-to-video (DTV). C'est par exemple le cas de Camp Blood (Brad Sykes, 2000), 100 Tears (Marcus Koch, 2007), le fantasque Les Clowns Tueurs venus d'ailleurs (Stephen Chiodo, 1988), Dead Clowns (Steve Sessions, 2004), ou encore Amusement (John Simpson, 2008).
Vient également s'ajouter le bien nommé Clown, réalisé par Jon Watts en 2014. En vérité, tous ces longs-métrages s'inspirent presque d'un seul et unique sociopathe décérébré, hélas tristement célèbre, j'ai nommé John Wayne Gacy.

Surnommé "le clown tueur" par les médias, ce psychopathe se déguisait justement en clown pour appâter et amuser les enfants dans les hôpitaux. Parallèlement, le forcené collectionne les cadavres dans sa demeure à Chicago. Evidemment, le cas psychopathologique de ce tueur en série va inspirer plusieurs oeuvres cinématographiques, dont Clown fait partie. Clown est aussi produit par Eli Roth, le célèbre réalisateur de Cabin Fever (2002), Hostel (2006), Hostel : chapitre 2 (2007) et The Green Inferno (2013), le remake de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980).
En l'espace de quinze petites années, Eli Roth est devenu le ou l'un des nouveaux parangons du cinéma gore et horrifique. Néanmoins, on attend toujours impatiemment son chef d'oeuvre ultime, celui qui le propulsera au sommet de la gloire. 

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Clown est-il destiné à revêtir les oripeaux d'un film culte en devenir ? Réponse dans les lignes à venir... En outre, Eli Roth joue à la fois les producteurs avisés et tient le rôle principal. Viennent également s'ajouter Peter Stormare, Elizabeth Whitmere, Andy Powers, Christian Distefano et Laura Allen. Attention, SPOILERS ! Lorsque le clown engagé pour animer l'anniversaire de son fils leur fait faux bond, un père de famille doit prendre la relève et lui-même revêtir un déguisement de clown pour assurer le spectacle. Mais très vite, il réalise que le costume est devenu une seconde peau dont il ne pourra se débarrasser. A moins d'accomplir une mission macabre. Bon autant le préciser de suite. 
Clown n'a pas bénéficié d'une sortie au cinéma et a dû se contenter d'une sortie discrète en vidéo.

A priori, le scénario de Clown est de facture basique et conventionnelle... Tout du moins en apparence. Au moins, le long-métrage a le mérite de se démarquer de la concurrence pléthorique et surtout de Ca - Il est revenu, la célèbre adaptation d'un roman de Stephen King. Seule réelle accointance entre les deux films, on parle bien derechef d'un démon qui cache sournoisement ses plans machiavéliques derrière le costume d'un clown acariâtre. En outre, Eli Roth joue les David Cronenberg avisés.
En effet, le producteur chevronné se focalise sur le célèbre accoutrement de ce bateleur au nez rouge qui badine et amuse les enfants. C'est donc totalement par hasard qu'un patriarche tombe sur une caisse contenant un costume de clown. 
Mais une fois le nez rouge et les vêtements enfilés, le père ne parvient plus à se débarrasser d'une tenue corsetée et qui semble s'emparer de son corps. 

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Peu à peu, le comportement du Patriarche change et inquiète son proche entourage, en particulier son épouse, Denise. Bientôt, le père se transmute en clown meurtrier et démoniaque. Ses cibles privilégiées ? Des jeunes enfants. Mais attention, l'histrion au regard carnassier ne les kidnappe pas pour les distraire, mais pour les dévorer. C'est, sans aucun doute, la plus grande surprise de cette série B horrifique. Jon Watts et Eli Roth proposent plusieurs séquences de crimes savamment troussées.
Pour une fois, le cinéma d'horreur n'hésite pas à mutiler, à estropier et à dilapider des jeunes gosses de 7 ou 8 ans, tout au plus. Mieux, les deux comparses parviennent à rendre leur saltimbanque luciférien réellement terrifiant ! Derrière cette histoire de clown belliciste et revanchard, se tapit une autre question sous-jacente qui semble tarabuster Eli Roth et son fidèle prosélyte : quel monstre cachons-nous derrière notre costume de tous les jours, celui que nous portons au travail ou dans notre vie quotidienne ? Dommage qu'Eli Roth n'étaye pas davantage son propos.
Le producteur aurait pu (aurait dû...) se centrer encore plus sur la psyché en déliquescence d'un patriarche tourmenté par un esprit méphistophélique. Hélas, Eli Roth élude la profusion de détails et/ou d'explications sur cette créature d'un nouveau genre. D'où l'impression, parfois, d'assister à une pellicule au scénario inachevé. Mais le producteur signe une série B horrifique étrangement mature et très éloignée des pitreries et de la goguenardise de ses premiers essais, en particulier Hostel.
Bref, en quelques mots : plutôt une bonne surprise à défaut d'être exceptionnel. Que dire de plus ?

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver