ONg Bak

 

Genre : arts martiaux, action (interdit aux - 12 ans)
Année : 2003

Durée : 1h45

Synopsis : Nong Pradu, un village paisible niché dans une vallée boisée de Thaïlande, est en deuil après le vol de son Bouddha sacré : Ong-Bak. Ting, entraîné secrètement au Muay Thai, art ancien de boxe thaï, se désigne pour aller le récupérer dans la fournaise de Bangkok. 

La critique :

Difficile de renouveler le film d’arts martiaux tant le genre contient de nombreuses pépites qui ont d’abord atteint leur quintessence sous la caméra avisée d’Akira Kurosawa, avec Les Sept Samouraïs (1954). Mais résumer ce joyau du Septième Art à un simple film d’arts martiaux serait totalement réducteur. En effet, Les Sept Samouraïs reste avant tout un drame humain. Viennent également s’ajouter plusieurs films de et/ou avec Bruce Lee, en particulier La Fureur de Vaincre (Lo Wei, 1972) et Opération Dragon (Robert Clouse, 1973), qui propulsent l’artiste martial au sommet de la gloire. 
D’autres longs-métrages marquent, eux aussi, durablement les persistances rétiniennes. Au hasard, comment ne pas citer La 36eme Chambre de Shaolin (Liu Chia Lang, 1978), Il Etait Une Fois en Chine (Tsui Hark, 1991), Combats de Maître (Liu Chia-Liang, 1994), La Rage du Tigre (Chang Che, 1971), Le Sabre Infernal (Chu Yuan, 1976), ou encore The Blade (Tsui Hark, 1995) ?

Après les années 1990 qui sont signé le quart d’heure de gloire de Jean-Claude Van Damme (JCVD), le cinéma d’arts martiaux recherche le digne épigone de Bruce Lee. Une hérésie… ou presque. Puisqu’en 2003, le cinéaste thaïlandais, Prachya Pinkaew, réalise Ong-BakDès sa sortie au cinéma, le long-métrage pulvérise tous les scores au box-office et devient la nouvelle égérie du cinéma d’arts martiaux. A tort, le film est souvent considéré comme une production estampillée « Luc Besson ».
Certes, le réalisateur "frenchy" promeut largement le film et plébiscite le long-métrage, qu’il juge révolutionnaire. Un tel dithyrambe tient essentiellement dans les cascades, les coups de semonce, la vélocité, la célérité et les nombreux exploits de sa star principale, j’ai nommé Tony Jaa.

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En outre, Ong-Bak n’est pas le premier film de l’acteur thaïlandais. Le comédien s'est déjà illustré dans Mortal Kombat : destruction finale (John R. Leonetti, 1997). Toutefois, Ong-Bak constitue son film le plus proverbial. Pour la première fois de sa carrière, l’interprète toise le haut de l’affiche. Les critiques et la presse sont unanimement panégyriques. Tony Jaa serait carrément le successeur de Bruce Lee. Reste à savoir si l’acteur mérite un tel plébiscite.
Réponse dans les lignes à venir. Viennent également s’ajouter toute une pléthore de comédiens aux noms les plus imprononçables, notamment Petchtai Wongkamlao, que l’on a pu voir dans Killer Tattoo (Yuthlert Sippapak, 2001), The Holy Man (Note Chern-Yim, 2005), L’Honneur du Dragon (Prachya Pinkaew, 2005) et L’Honneur du Dragon 2 (Prachya Pinkaew , 2013).

En raison de l’immense succès commercial du premier Ong-Bak, le film se transmutera en trilogie par la suite. La raison d’une telle gloriole ? La réponse se trouve probablement dans les prouesses fulgurantes et ahurissantes de son interprète principal. En l’occurrence, Ong-Bak ne contient aucun effet spécial. Toutes les cascades du film sont réalisées par les acteurs, plus prestes que jamais. Même remarque concernant les chorégraphies. Afin de rendre les combats plus réalistes, les acteurs sont nantis de prothèses. Ainsi, les coups de poing, les coups de pied et les coups aériens les plus improbables sont réellement délivrés. Pour le reste, le scénario d’Ong-Bak brille avant tout par son ingénuité.
Attention, SPOILERS !  La statue bouddha Ong-Bak est un ornement précieux qui trone dans le temple du village Nong Pradu. 

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Vénérée par les villageois, Ong-Bak assure la paix et la prospérité du village. Un soir, une bande de voyous pénètre dans le temple et enlève la tête de Ong-Bak, faisant sombrer le village dans le désarroi le plus total. Le jeune Ting, éduqué dans la pratique de l’art ancestral du muay thaï (la boxe thaïlandaise) est envoyé dans la grande ville afin de récupérer Ong-Bak et de ramener la paix dans le village. Sinon, c’est tout ? Oui, c’est tout…
Ainsi, Ong-Bak premier du nom fonctionne un peubeaucoupénormément… exclusivement comme un jeu de vidéo de bastons, s’échinant à multiplier les séquences de combat les plus extravagantes.
Pas de problème ! L’incroyable Tony Jaa s'attelle docilement à la tâche. Ainsi, le féru de boxe thaïlandaise (entre autres…) ne lésine pas sur les prises aériennes et même les sauts périlleux effectués sur ses propres adversaires, eux-mêmes désarçonnés par autant de virtuosité. 

Mais Tony Jaa n’en a cure, envoyant arrogamment ses ennemis au tapis. Ainsi, chaque nouvel opposant constitue le boss éminent qu’il faut vaincre pour accéder au niveau suivant. Par certaines accointances, Ong-Bak n’est pas sans rappeler les vieilles pellicules d’antan, comme si Bruce Lee retournait dans la pagode de Le Jeu de la Mort (Robert Clouse, 1978). Seul petit regret, toutes ces kyrielles de ralentis qui ponctuent régulièrement le film.
Avide d'action, Prachya Pinkaew ne peut s'empêcher de montrer plusieurs fois la même séquence, histoire de réitérer, il est vrai, les incroyables prouesses de sa vedette principale. Néanmoins, cette myriade de ralentis ne stoppe pas pour autant l’action, par ailleurs stratosphérique. Les contempteurs pesteront et clabauderont, à raison, contre l’inanité et la vacuité du scénario, un prétexte comme un autre pour justifier les cascades outrecuidantes de l’ami Tony Jaa, d’une agilité rarement égalée.
L’acteur n’a pas à rougir de la comparaison avec les plus illustres interprètes de la catégorie, qu’ils se nomment Bruce Lee, Jackie Chan ou encore Jet Li.

 

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver