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Genre : horreur, gore, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2016

Durée : 1h26

Synopsis : Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium...  

La critique :

Qu'on se le dise. On commence sérieusement, sévèrement, furieusement à se lasser de toutes ces malédictions, sous fond de paranormal et de démonologie, qui pullulent au cinéma et dans les bacs à dvd ; que ce soit sous l'égide James Wan (Insidious et Conjuring, principalement), ou sous la férule d'Oren Peli (la saga Paranormal Activity). Même Poltergeist a connu une relecture homonyme et par ailleurs inutile sous le regard avisé mais peu inspiré de Gil Kenan en 2015.
Et pourtant, les activités méphistophéliques continuent de fourmiller sur nos écrans ou sur le marché de la vidéo. Preuve en est avec Le Rite (Mikael Hafström, 2011), La Dame en Noir (James Watkins, 2012), Sinister (Scott Derrickson, 2012), ou encore Le Dernier Rite (Peter Cornwell, 2009), pour ne citer que ces exemples.

D'emblée, un constat s'impose. Toutes ces productions, de qualité erratique, se ressemblent, à la seule différence que parfois, elles s'agrémentent de found footage et/ou d'un fait divers à priori authentique. Une façon comme une autre de flagorner un large public. Inutile alors de préciser que l'on n'attendait pas forcément grand-chose de The Autopsy of Jane Doe, réalisé par un certain André Ovredal en 2016. Le cinéaste norvégien signe son premier thriller en 1996, Future Murder.
Toutefois, The Troll Hunter (2010) reste son long-métrage le plus proverbial. Tourné comme un faux documentaire, The Troll Hunter s'apparente à un nouvel avatar de Le Projet Blair Witch (Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, 1999). Toutefois, le film recueille des avis assez enthousiastes de la part des critiques et de la presse cinéma. 

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Depuis The Troll Hunter, André Ovredal s'est montré plutôt timoré. En l'occurrence, The Autopsy of Jane Doe a ouvert les hostilités lors de la 6e édition du festival du film fantastique de Paris, le PIFF. A l'instar de The Troll Hunter, le film s'est octroyé les ferveurs du public et de la critique, provoquant de nombreuses tintinnabulations lors de sa projection. Reste à savoir si The Autopsy of Jane Doe mérite un tel panégyrisme. Réponse dans les lignes à venir...
Pour la petite anecdote, le métrage est aussi sorti sous l'intitulé de The Jane Doe Identity et réunit le casting suivant : Emile Hirsch, Brian Cox, Olwen Kelly, Ophelia Lovibond et Michael McElhatton. Attention, SPOILERS ! Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. 

Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium. A priori, rien ne distingue véritablement The Autopsy of Jane Doe de sa concurrence pléthorique, à la seule différence - et elle est immense - que le film se situe dans une morgue. Une fois plongés dans cette ambiance mortifère, soit dès les premières secondes de bobine, vous ne ressortirez plus indemnes de cette sépulcre !
Oui, The Autopsy of Jane Doe est bien un film de frousse, dans la pure tradition du genre. Toutefois, ici point de fillette possédée par une force incube, ni d'exorciste qui lutte farouchement contre une force indicible et luciférienne.

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Ainsi, la première demi-heure du film s'échine à une longue démonstration clinique et chirurgicale. Il y a bien longtemps que le cinéma horrifique n'avait pas étalé autant de scalpels, d'intestins et de boyaux sous les yeux ébaubis du spectateur. De facto, merci d'oublier et de phagocyter toutes ces productions étriquées et stéréotypées qui abondent sur nos écrans et dont James Wan est friand. Dans son genre, The Autopsy of Jane Doe vient foutre une trempe à toute la concurrence et s'impose comme l'une des meilleures oeuvres d'épouvante depuis... euh... très longtemps !
D'ailleurs, il est assez surprenant que le film soit seulement interdit aux moins de 12 ans. Rien que pour sa première demi-heure, The Autopsy of Jane Doe justifie son visionnage. Puis, dans sa seconde partie, le long-métrage happe littéralement le spectateur à la gorge... et sur son siège.

Pour y parvenir, André Ovredal prend son temps pour disséquer ce mystérieux cadavre. Certes, la jeune femme décédée présente de nombreuses anfractuosités. La dépouille a les poumons carbonisés et chaque organe est savamment tuméfié de l'intérieur. Et pourtant, rien ne semble transparaître à l'extérieur de ce corps étrangement opaque, à la grande surprise de nos deux chirurgiens émérites. "Un macchabée reste un macchabée" argue le fiston à son patriarche.
Mais les deux hommes se leurrent. Puis, la tension s'accélère lorsque le père et le fils découvrent de bien curieuses calligraphies sur la peau de l'infortunée. En l'état, difficile d'en révéler davantage. André Ovreval dissémine, ici et là, plusieurs pistes élusives. Ainsi, la terreur monte crescendo jusque l'inexorable et le dénouement final, d'une redoutable sagacité. On pense évidemment au cinéma horrifique de Lucio Fulci (Frayeurs et L'Au-Delà en particulier), mais The Autopsy of Jane Doe possède son propre climax. Indubitablement, ce long-métrage risque probablement de s'octroyer le titre de film culte avec les années. James Wan, Oren Peli, Eli Roth et consorts sont sommés de retourner gentiment dans leurs pénates. En trois mots : une excellente surprise !

Note : 16/20

sparklehorse2 Alice In Oliver