ip man 3

 

Genre : arts martiaux
Année : 2015

Durée : 1h45

Synopsis : Lorsque qu'une bande de gangsters dirigée par un promoteur immobilier corrompu cherche à prendre le contrôle de la ville, Ip Man reprend du service.  

La critique :

En l'espace de quelques films, le personnage de Yip Man, un chinois populaire dans son pays, est devenu la nouvelle égérie du cinéma d'arts martiaux. Dès le premier film, sobrement intitulé Ip Man (Wilson Yip, 2008), l'argument de vente était clair et limpide. Le long-métrage vantait et exaltait les exploits du maître de Bruce Lee, celui qui a aguerri et initié le Petit Dragon à la boxe chinoise (ou le wing chun). Un argument qui va s'avérer probant, surtout pour Donnie Yen, qui obtient enfin son premier grand rôle au cinéma. Pendant longtemps, l'acteur asiatique sera sommé de marcher dans le sillage de Jet Li et donc cantonné (sans mauvais jeu de mot...) à enchaîner les petits rôles dans plusieurs productions notoires, notamment Il était une fois en Chine 2 : la secte du lotus blanc (Tsui Hark, 1992), Iron Monkey (Yuen Woo-Ping, 1993), Blade 2 (Guillermo Del Toro, 2002), Seven Swords (Tsui Hark, 2005), ou encore Dragon Tiger Gate (Wilson Yip, 2006).

Avec Ip Man, Donnie Yen tient enfin sa revanche sur ses nombreux avatars asiatiques. Après un second chapitre, Ip Man 2 : le retour du grand maître (Wilson Yip, 2010) légèrement inférieur à son illustre épigone, le maître chinois est de retour dans un troisième et inévitable opus, et sobrement intitulé Ip Man 3, toujours réalisé par les soins de Wilson Yip en 2015. Attention à ne pas confondre ce troisième épisode avec le film quasiment homonyme, Ip Man 3 : la légende est née (Herman Yau, 2010), qui narre la jeunesse insouciante de ce combattant d'une incroyable vélocité.
Plutôt réticent à l'idée de tourner un nouveau chapitre, Donnie Yen accepte néanmoins de reprendre le rôle qui l'a popularisé auprès du grand public. Mais l'acteur asiatique le jure. On ne l'y reprendra plus.

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Ip Man 3 constitue donc le dernier volet de la saga, tout du moins, avec Donnie Yen. Histoire de flagorner davantage le grand public, l'affiche du film propose une confrontation entre deux guerroyeurs redoutables, Donnie Yen (toujours la même antienne...) et Mike Tyson "himself". Une affiche mensongère car cette confrontation est rapidement éludée par le scénario de ce troisième opus. Attention, SPOILERS ! (1) En 1959, Ip Man vit à Hong Kong avec sa femme et son deuxième fils.
Vivant de ses cours de wing chun, il va se retrouver à protéger l'école de son fils d'un promoteur américain prêt à tout pour acheter le terrain. Il va alors voir apparaître un rival, Cheung Tin-chi, aussi doué en wing chun mais très pauvre (1). Après un second volet qui avait tendance à multiplier les pirouettes les plus insensées via des câbles à peine dissimulés, Ip Man 3 signe le grand retour à ce classicisme d'antan.

Celui qui a vu Bruce Lee, Jet Li et Jackie Chan triompher au firmament de leur gloire. Finies les prises les plus extravagantes dignes des pires moments de la trilogie Matrix pour un film d'arts martiaux beaucoup plus mature, d'une incroyable sagacité et qui vise tout simplement l'efficacité. En ce sens, Ip Man 3 s'apparente davantage à une suite logique du premier volet. Danny Chan revêt les maigres oripeaux de Bruce Lee mais l'acteur est plutôt secondaire dans le film.
Même remarque concernant Mike Tyson, en vil promoteur immobilier. Certes, l'intrigue amènera Donnie Yen et l'ex-boxeur à ferrailler durant trois longues minutes, tel un round dans les règles du noble art. Mais guère plus. En outre, Mike Tyson n'est qu'un faire-valoir. En vérité, Ip Man 3 signe surtout l'avènement du wing chun, désormais glorifié et exalté dans tous les quartiers populaires de la Chine.

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Qui est digne d'enseigner cette discipline et cette philosophie martiale ? Le fameux Ip Man qui défend toujours et vaille que vaille la veuve et l'orphelin, ou un certain Cheung Tin-chi, lui aussi issu de la plèbe ? Vous l'avez donc compris. L'intérêt principal d'Ip Man 3 ne repose pas vraiment sur son scénario, plutôt famélique en l'occurrence. Cependant, le long-métrage fourmille d'anecdotes, à priori subalternes, qui vont prendre de l'importance au fur et à mesure de l'intrigue.
Ainsi, Ip Man ne se bat plus seulement pour triompher de son assaillant mais pour l'amour de sa dulcinée, hélas atteinte d'un cancer et condamnée à exhaler son dernier soupir. C'est, par ailleurs, la grande surprise de ce troisième chapitre qui se termine en apothéose : sa fin mélancolique, un peu comme si Donnie Yen et Wilson Yip faisaient leurs adieux à cette trilogie homérique. Bref, un troisième opus qui devrait logiquement ravir les fans de la franchise. Que dire de plus ?

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ip_Man_3