28 semaines plus tard

 

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2007

Durée : 1h31

Synopsis : Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires. Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer. Don a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge. Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy et Tammy, qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine. Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé.  

La critique :

On a sans doute trop pavoisé et parlementé sur 28 Jours Plus Tard, réalisé par Danny Boyle en 2002. Certes, par d'habiles stratagèmes et un scénario d'une remarquable sagacité, le cinéaste britannique maintenait l'illusion d'une pellicule condescendante et capable de renouveler le petit univers étriqué des zombies, un genre en désuétude. En vérité, Danny Boyle n'a fait que transcender et reprendre le concept de The Last Man On Earth (Ubaldo Ragona et Sidney Salkow, 1964), qui sera par ailleurs revu et corrigé une première fois par Boris Sagal avec Le Survivant (1971), puis une seconde fois par les soins de Francis Lawrence avec Je Suis Une Légende (2007).
Suite à l'immense succès commercial de 28 Jours Plus Tard, Danny Boyle et les producteurs mercantiles envisagent rapidement un second chapitre et même une trilogie.

A priori, le projet 28 Mois Plus Tard, qui doit clore la franchise en apothéose, est toujours en cours d'écriture. Mais aujourd'hui, c'est le cas de 28 Semaines Plus Tard, sorti en 2007, qui nous intéresse. Vaquant à d'autres occupations, Sunshine (2007) et Slumdog Millionaire (2008) entre autres, Danny Boyle semble se moquer éperdument de ce deuxième volet. 28 semaines Plus Tard échoue donc entre les mains (si j'ose dire...) et derrière la caméra avisée de Juan Carlos Fresnadillo.
Ce réalisateur espagnol s'est surtout illustré en 2001 avec Intacto. Mais depuis la sortie de 28 Semaines Plus tard, le cinéaste ibérique s'est montré plutôt timoré, disparaissant plus ou moins du paysage cinématographique. A l'origine, le projet était de réaliser une suite qui se déroulerait longtemps après les faits exposés dans le premier opus.

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De facto, la suite directe de 28 Jours Plus Tard devait logiquement s'intituler 28 Mois Plus Tard. Mais les producteurs souhaitent établir une liaison inhérente aux événements du premier volet. Tel est le scénario ambitieux de 28 Semaines Plus Tard. La distribution de ce second chapitre réunit Robert Carlyle, Imogen Poots, Rose Byrne, Jeremy Renner, Harold Perrineau Jr., Catherine McCormack et Idris Elba. Attention, SPOILERS ! Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires. 
Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer. Don a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge.

Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy et Tammy, qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. 
Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine. Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé. Dès l'introduction du film, Juan Carlos Fresnadillo a le mérite de présenter les hostilités via toute une série de dates factuelles :
Quinze jours plus tard : la Grande-Bretagne est placée en quarantaine. Vingt-huit jours plus tard : la Grande-Bretagne est détruite par le fléau. Cinq semaines plus tard : toutes les personnes infectées sont mortes de faim.

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Onze semaines plus tard : les forces de l'OTAN, sous commandement américain, entrent dans Londres. Dix-huit semaines plus tard : la Grande-Bretagne est déclarée débarrassée de l'infection. Vingt-quatre semaines plus tard : la reconstruction commence. Vingt-huit semaines plus tard... La Grande-Bretagne multiplie les interventions pour nettoyer les rues de cette contamination exponentielle. Les rares survivants humains sont donc exterminés sans sommation ni distinction avec ceux qui se sont transmutés en zombies anthropophagiques. Au moins, 28 Semaines Plus Tard a le mérite de se distinguer de son auguste épigone. Alors que le premier film s'échinait à suivre le long périple solitaire d'un homme condamné à écumer les rues désertiques de Londres, 28 Semaines Plus Tard se focalise sur une famille en plein marasme : un père qui échappe de peu au haro de zombies carnassiers, une mère qui semble curieusement immunisée contre l'épidémie et leurs deux enfants qui sont condamnés à s'esbigner dans les rues britanniques...

Tel est le programme des tristes réjouissances. Certains fans de ce second chapitre exaltent les qualités esthétiques de ce second chapitre, considéré à mauvais essient, comme une sorte d'allégorie sur l'interventionnisme britannique en Iraq. Pourtant, Juan Carlos Fresnadillo fait fi de toute considération politique et idéologique. 28 jours Plus Tard n'a pas pour vocation de marcher dans le sillage et le continuum de George A. Romero avec Land of the Dead - Le Territoire des Morts (2005). En outre, le cinéaste espagnol dissémine doctement les ingrédients qui ont fait le succès du premier opus. Ainsi, l'armée est toujours à la poursuite de fugitifs éventuellement contaminés.
De facto, le film décortique une société sous la loi martiale et surtout sous le joug des militaires. "Déclencher le code rouge" argue un soldat à l'un de ses hiérarques...

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Ce qui n'est pas sans rappeler, par certaines accointances, notre triste actualité avec le terrorisme et l'état d'urgence. Toutefois, Juan Carlos Fresnadillo élude cet écueil, ainsi que toute diatribe sur cette idéologie fascisante, au profit d'un long-métrage qui oscille entre l'horreur, les zombies dégingangés, l'action pure et dure et même le found footage. Sur ce dernier point, le réalisateur ibérique vise avant tout l'efficacité. Acculés, plusieurs survivants doivent baguenauder dans les coursives d'un sous-sol obombré. Seule la vision infrarouge de leurs armes leur permet de distinguer les ombres malfaisantes de morts-vivants de passage et à la recherche d'une proie à tortorer.
A l'instar du premier chapitre réalisé par Danny Boyle, on regrettera que Juan Carlos Fresnadillo n'étaye pas davantage son sujet pour signer un film d'horreur encore plus violent et démesuré. 
La suite probablement, on l'espère, dans 28 Mois Plus Tard...

 

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver