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Genre : scat-movie, trash, pornographique, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2011
Durée : 3h01


Synopsis : L'incroyable et mystérieux réalisateur japonais Tohjiro déboule à nouveau sur Cinéma Choc. Et avec lui, son nouveau cauchemar dénommé Kuso Limitless. Avec cette oeuvre, à la fois intolérable et fascinante, le cinéaste nippon nous entraîne vers des sommets vertigineux de décadence surpassant dans l'ignominie dantesque, son diptyque Vomit Enema Ecstasy déjà chroniqué sur ce blog.   


La critique :

Chers amis blogueurs, tout d'abord une petite mise au point. Vous avez pu contaster que malgré quelques périodes  d'absence dûes à des problèmes familiaux ou de santé, je n'avais rien perdu du "bon goût" qui avait fait ma mauvaise réputation. Et comme vous vous en êtes sans doute aperçus, mon retour s'est accompagné de films (les GSKD pour ne pas les citer) dont la chronique a été sujette à polémique. Certains m'ont reproché un style trop redondant, de surenchérir dans la description écoeurante de détails malsains plutôt que d'essayer de developper les (supposées) qualités artistiques des films chroniqués. Comme disait l'autre : "On ne peut pas plaire à tout le monde".
Avec près de 50 chroniques sur Naveton Cinéma et plus de 80 sur Cinéma Choc, je pense avoir fait mes preuves et ce n'est pas à mon âge canonique de bientôt un demi-siècle que je vais recevoir des leçons, ni que je vais changer quoi que ce soit aux habitudes depuis trop longtemps ancrées dans mon esprit distordu. Désolé !


Toutefois, désirant ne pas paraître le vieux con que je ne suis pas (encore) et partant du principe que toute expérience est bonne à prendre, j'ai tenté d'appréhender cette nouvelle oeuvre extrême d'une façon différente, par un regard neuf, moins préconçu en quelque sorte. Rassurez-vous cependant, je ne vous épargnerai aucun détail... Mais est-ce vraiment rassurant ? 
Cette clarification étant actée, je vous conseille de bien accrocher vos ceintures car le film qui nous intéresse aujourd'hui pulvérise en matière d'insanités, 99,99% de tout ce qui a déjà été proposé sur Cinéma Choc.
Et partout ailleurs sur la blogosphère également. Bref, selon la formule consacrée : ça va envoyer du lourd ! Souvenez-vous, c'était il y a un peu plus d'un an;  je présentais des monstruosités filmiques nommées Gusomilk. Les quatre opus des Gusomilk s'épanchaient longuement sur diverses formes de scatologie et mettaient en scène des jeunes femmes s'adonnant à une coprophilie active. Scandaleux, innomables, j'avais employé bien des qualificatifs pour essayer de décrire au plus proche la réalité ces aberrations filmiques et croyez-moi, cela n'était nullement exagéré. Oui mais ça, c'était avant. Avant Kuso Limitless.

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Et Dieu (ou le diable) créa Tohjiro... Que Cinéma Choc bénisse l'un ou l'autre car le réalisateur nippon est devenu une véritable  mine d'or pour notre blog. Monument underground du cinéma pornographique mondial, le cinéaste nippon, de par ses réalisations toujours plus extrêmes, se démarque de ses contemporains par des oeuvres à la fois abominables et pourtant, savamment travaillées. Avec ce nouvel attentat visuel, Tohjiro a placé la barre du trash à des hauteurs impensables. Et pourtant ici, je dis MONSIEUR Tohjiro ! Kuso Limitless ou comment l'abjection peut se révéler fascination. Parfois, la frontière peut s'avérer très mince entre les deux.
Ici, elles se rejoignent en une indéniable recherche artistique ; les situations sont à la fois terriblement dégradantes et pourtant, remarquablement esquissées. Avec la souillure corporelle comme moyen d'expression, Tohjiro fait évoluer le cinéma extrême dans une autre dimension, plus extrasensorielle. Je n'hésiterai pas à dire plus mystique, même. A l'instar de son compatriote et "collègue" du cinéma destroy Daikichi Amano, Tohjiro affiche un univers bien personnel qui, par la violence démentielle qu'il propose, en devient carrément hypnotisant.

Le cinéma de Tohjiro n'évolue pas dans un monde de chaos ; il EST le chaos personnifié. Un univers où le spectateur submergé par un déluge d'images impures, peut selon ses sensibilités, glousser de plaisir, vomir les restes de son déjeuner ou tout simplement, s'interroger... Le mentor nippon, à travers ses productions Dogma, reste la référence absolue d'un cinéma ultra déviant qui atteint avec bonheur un réel esthétisme dans l'avilissement paroxystique des corps. Sur ces points précis, Kuso Limitless qui nous intéresse aujourd'hui, atteint des sommets stratosphériques.
Car comme l'indique son titre, c'est du (quasiment) sans limite... 
Attention spoilers : le film commence par un entretien de Tohjiro, situé hors champ, avec une jeune femme timide (paraissant même un peu simple d'esprit) mais souriante, qui sera la seule femme participant au métrage. De sa voix grave et autoritaire, le gourou interroge l'effrontée. L'entretien se déroulant en japonais sans aucun sous-titres, je n'en ai pu saisir la quintessence malgré de gros progrès dans la langue nippone à force de me délecter d'incongruités de ce genre. Non, je plaisante, je n'y ai absolument rien compris !  

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Le film est divisé en quatre "rounds". - Round 1 : en guise d'échauffement, la jeune femme déguste ses excréments joliment cuivrés et subtilement écoulés de son fondement. Cela sans sourciller. Puis un homme (déjà présent dans les Vomit Enema Ecstasy) intervient pour pratiquer sur elle, un étalement facial de matières fécales. L'étalement corporel de merde étant l'alpha et l'oméga de tout scat-movie qui se respecte, le cahier des charges est respecté ; nous sommes donc en terrain connu. L'homme, toujours impassible, accentue son courroux en lui infligeant une fellation (la manière d'y parvenir est originale), tout en n'oubliant pas la traditionnelle éjaculation buccale en gorge très profonde.

- Round 2 : ce segment est le plus violent du film. L'action bascule dans le BDSM puisque la fille se retrouve suspendue tête à l'envers et subit une ingurgitation forcée d'excréments avec étalage méticuleux sur le corps et dans les narines (!) S'en suit une flagellation sévère sur le fessier et le dos qui fait perdre illico à la performeuse son sourire faussement niais et la fait hurler son désarroi... en vain. La douleur réelle est évidente ; en témoignent des épanchements de morve qu'il est impossible de simuler.

- Round 3 : la performeuse se présente face caméra, attachée, jambes écartées, sexe et anus dilatés. Bien qu'elle ait retrouvé un semblant de bonne humeur, une perforation du postérieur avec forçage d'excréments en bouche vient très vite refroidir ses ardeurs joviales. Cette exaction est aussitôt suivie d'une introduction anale par d'énormes seringues remplies d'eau afin de rendre les fientes de la jeune femme plus malléables. La pauvre fille, contrainte d'expulser ses intimes matières dans des bacs en aluminium (avant de les ré-ingurgiter), est alors soumise à un recouvrement entier du corps par ses propres matières fécales, ceci  accompagné d'un fist fucking buccal et d'une violente pénétration vaginale par un godemichet-vrilleur électrique.
- Round 4 : un pur moment arty-trash humoristique (enfin, tout est relatif) que ce dernier segment ! La demoiselle est priée de défèquer dans une assiette déjà assortie de feuilles de palmier (!) Au menu également, des légumes, du riz et des galettes salées qu'elle sera obligée de déguster en accompagnement de ses superbes étrons caramélisés. Les déjections sont proposées sur une table basse, joliment présentées comme un véritable plat, façon resto étoilé...

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Après un fou rire nerveux général, le sérieux de Tohjiro reprend vite le dessus et impose un recouvrement total facial et corporel d'excréments sur la victime ; laquelle subira une double pénétration lors d'un triolisme exacerbé conclu par l'inévitable éjaculation buccale. Après ce dernier tableau, nous avons droit à une sorte de "making of" où l'on voit la jeune femme, entre deux bains, affable et rieuse avec l'équipe de tournage. À signaler que les techniciens sont tous munis de masques médicaux, l'odeur sur le plateau devant être quand même assez insoutenable...
En bonus, quelques extraits d'autres métrages de Tohjiro sont présentés avec au programme, des joyeusetés telles que de l'héméto-scatophilie, de l'uropholie buccale ou du BDSM ultraviolent. Évidemment Kuso Limitless est une oeuvre signée d'un Tohjiro pur jus, si je puis oser cette formule. Et le maître affiche une forme olympique avec un programme de festivités  en totale adéquation avec ses fondamentaux : du hardcore brutal, des fluides corporels à profusion et de l'humiliation perverse.

Donc prière pour les estomacs délicats d'aller faire une longue balade de trois heures et une minute, soit la durée exacte du métrage. Pour les autres, même submergés par un torrent ininterrompu de fientes se déversant à l'écran, ils pourront apprécier une qualité certaine au niveau de la réalisation dans un genre cinématographique où il est très difficile de styliser les situations. Pourtant, ici, elles le sont et de fort belle manière. Une dichotomie (anomalie ?) qui nous prouve que Tohjiro a tout à fait le droit d'être considéré comme un véritable auteur; comme  un cinéaste à part entière.
Et entièrement à part, cela va sans dire ! 
La scatophilie étant l'une des déviances sexuelles les plus extrêmes, elle ne peut être présentée que d'une manière abrupte et frontale. Pour cela, le réalisateur peut compter sur des acteurs-performeurs qui, sans être géniaux, connaissent leur job sur le bout des doigts (sur les autres bouts aussi). Si les acteurs mâles effectuent, comme d'habitude, le minimum syndical avec un sang froid coutumier mais néanmoins implacable, l'actrice elle, joue pleinement dans le registre de la femme-enfant.

Un rôle d'ingénue qu'elle maîtrise à la perfection tant on pourrait la croire légèrement déficiente mentale lors de son entretien initial avec Tohjiro alors qu'elle sourit béatement à chacune de ses réponses. Mais il est vrai que l'absence de sous titres ne facilite pas la compréhension de la conversation (À quand un sous-titrage en anglais dans les productions Dogma ?). Puis, au fil des situations de plus en plus indécentes, la jeune femme libére ses instincts les plus primaires et se livre avec fougue aux ébats scabreux imposés par le scénario. Malgré ces moments d'excitation, la pauvre n'est pas souvent à la fête car elle doit subir les déflagrations répétées de ses partenaires. Et celles-ci sont pour le moins gratinées !
Je pense notamment aux rudoiements sévères par l'intermédiaire d'un fouet lors du deuxième segment du film où son fessier rougi trahit la férocité des coups réellement endurés. En dépit de cette violence, Tohjiro introduit un humour inattendu lors du quatrième "round" (je vous renvoie aux spoilers), qui a le mérite de dédramatiser l'abjection des événements. Une nouveauté bienvenue par rapport aux très sérieux Vomit Enema Ecstasy qui évoluaient (pataugeaient serait le terme exact) dans un marécage à la fois de vomi et de sinistrose ambiante. 
Voici donc Kuso Limitless, le nouveau coup de tonnerre du grand Tohjiro. Et au final, une sacrée bonne surprise que cette oeuvre réservée bien sûr, à un public ultra averti, mais qui ravira les amateurs de cinéma extrême autant par ses débordements graphiques outranciers que par sa qualité artistique intrinsèque. Aussi, une fois n'est pas coutume, j'ai décidé d'attribuer une évaluation à ce film hors norme.

Note : 16/20

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