kalidor

 

Genre : heroic fantasy, aventure, fantastique (interdit aux - 12 ans)
Année : 1985

Durée : 1h29

Synopsis : En équipe avec Kalidor, un valeureux guerrier, Red Sonja jure de venger la mort de ses parents tués par la reine Gedren qui désire conquérir le monde grâce aux pouvoirs d'un talisman

La critique :

On oublie souvent de le dire et de le préciser, mais Richard Fleischer reste avant tout le fils de l'un des pionniers de l'animation cartoonesque et en particulier, le producteur de Betty Boop et Popeye. Le fiston va donc suivre la même trajectoire que son paternel. Au moins, Richard Fleischer peut se targuer d'une filmographie exhaustive, éclectique et prolifique, touchant à tous les registres ; que ce soit la comédie, la dramaturgie, la science-fiction, le péplum, le thriller et le fantastique.
On lui doit plusieurs longs-métrages prestigieux, notamment Vingt Mille Lieues sous les Mers (1954), Les Vikings (1958), Barrabas (1962), Le Voyage Fantastique (1966), L'Etrangleur de Boston (1968), Tora ! Tora ! Tora ! (1970), ou encore Soleil Vert (1972). En 1984, les producteurs lui confient logiquement la suite de Conan le Barbare (John Milius, 1982), à savoir Conan le Destructeur.

Contre toute attente, ce second chapitre est tancé et répudié par les adulateurs du film originel. A l'inverse, le long-métrage connaît un certain succès commercial. Un argument suffisant pour justifier la réalisation de Kalidor - La Légende du Talisman l'année suivante. Cette production marche évidemment dans le sillage et le continuum du dyptique consacré aux aventures de Conan. Par ailleurs, le personnage interprété par Arnold Schwarzenegger devait initialement être Conan lui-même.
Mais l'idée est prestement évincée pour des raisons de droit. De surcroît, John Milius s'oppose aux caprices des producteurs et n'a pas spécialement apprécié les directions funambulesques de Conan le Destructeur. John Milius fait preuve de médiumnité et craint que son personnage ne soit humilié et ridiculisé via une nouvelle adaptation.

005

Indubitablement, John Milius a du flair et même de la clairvoyance. Hormis Arnold Schwarzenegger qui interprète donc le fameux Kalidor, la distribution du film réunit Brigitte Nielsen, Paul L. Smith, Sandhal Bergman, Ernie Jr Reyes, Ronald Lacey, Pat Roach et Janet Agren. Pour la petite anecdote, le titre original du film est bel et bien Red Sonja. Pourtant, l'affiche montre une héroïne en second plan alors que Schwarzy toise la majeure partie du programme.
En outre, Sandhal Bergman, qui incarne une sorte de prêtresse démoniaque, devait initialement interpréter Sonia la rousse. Mais l'actrice, peu convaincue par le script, préfère jouer la femme incube et luciférienne. La production est assurée par l'infatigable Dino de Laurentiis. En l'occurrence, Kalidor - La Légende du Talisman se soldera par un bide commercial.

En sus, le long-métrage sera unanimement vitupéré par les critiques et la presse cinéma. Reste à savoir si le film est bel et bien le naufrage annoncé. Réponse dans les lignes à venir... Hélas, et vous vous en doutez, la réponse est plutôt positive. Attention, SPOILERS ! (1) La maléfique reine Gedren et ses soldats attaquent un temple où des prêtresses gardent un talisman magique assurant de grands pouvoirs à la personne qui le détient, ils tuent toutes les prêtresses et s'emparent du talisman afin de partir à la conquête des pays voisins. La guerrière Sonia la Rousse décide alors de partir en quête de la reine qui a dérobé ce talisman et tué sa sœur, qui faisait partie des prêtresses, afin de se venger et d'empêcher Gedren de nuire. Elle sera aidée dans sa quête par le puissant guerrier Kalidor, ainsi que d'autres compagnons qui se joindront à eux (1). 

image_tech_B_0542114920

A l'origine, Kalidor - La Légende du Talisman est l'adaptation libre d'une bande dessinée publiée par Marvel. Encore une fois, le film tente de profiter du succès de Conan le Barbare. Parallèlement, Kalidor doit ferrailler avec une concurrence pléthorique. En effet, quelques années auparavant, un autre film devient le nouveau parangon du genre heroic fantasy. Il s'agit de Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981) qui bénéficie des effets spéciaux et de l'érudition de Ray Harryhausen.
Certes, pour l'époque, Kalidor est nanti d'un budget dispendieux. Pourtant, lors du générique final, on se demande où sont passés les précieux capitaux avancés par Dino de Laurentiis tant le film se montre pingre en séquences homériques. Même les créatures fantaisistes sont les grandes absentes de cette production famélique.

Hormis une sorte de dragon marin en ferraille et une araignée en plastique, le film de Richard Fleischer a peu d'arguments à revendre. Pour le reste, le scénario de Kalidor s'ingénie à suivre la destinée de Sonia la Rousse. En outre, la trajectoire de la guerrière est un plagiat éhonté du récit de Conan. En résumé, remplacez le combattant musculeux et véloce par une femme vengeresse et furibonde, et vous obtenez peu ou prou le même scénario.
De surcroît, le choix de Brigitte Nielsen pour incarner justement Sonia la Rousse ne plaide guère en faveur de la comédienne, plus transparente et monolithique que jamais. La même année, le public reverra l'actrice dans Rocky 4 aux côtés de Sylvester Stallone et de Dolph Lundgren. 
Bien conscient du faible potentiel de la comédienne, Richard Fleischer lui adjoint un Arnold Scharzenegger en mode cabotinage, un Paul L. Smith qui remplit plutôt correctement son office et enfin, un Ernie Jr Reyes des plus horripilants (Steven Spielberg, 1982).

téléchargement

Le futur héros de la série Le Chevalier Lumière joue un prince qui ne cesse de piailler, de tintinnabuler et de rudoyer son fidèle valet. On se demande comment les producteurs ont pu supporter aussi durablement les facéties d'un aussi piètre acteur. A priori, Kalidor regroupe tous les ingrédients pour se transmuter en un effroyable nanar ! Et pourtant, en dépit de ses défauts à la pelle, le film parvient à entretenir l'illusion grâce à un rythme assez soutenu et à ses décors mirifiques.
Visiblement, une grande partie du budget a été dépensée dans les décors somptueux et majestueux, par ailleurs érigés par Danilo Donati, véritable émérite en la matière. Enfin, durant sa première demi-heure, le long-métrage fait vaguement illusion en se focalisant sur le martyr de Sonja. Hélas, Richard Fleischer délaisse prestement ce climat mortifère pour un ton beaucoup plus pittoresque. Ce qui pourra décontenancer un public beaucoup moins indulgent.
De facto, inutile de comparer Kalidor au sérieux affiché par Conan le Barbare. Aussi sera-t-il nécessaire de visionner Kalidor pour ce qu'il est, une sorte de série B onéreuse qui oscille entre l'aventure, le fantastique et l'heroic fantasy. Ma note finale pourra donc paraître particulièrement clémente car objectivement, le film mérite moins, beaucoup moins...

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kalidor