starwars holiday special

Genre : science-fiction, comédie musicale 
Année : 1978

Durée : 1h37

Synopsis : Suivez la suite des péripéties de Luke Skywalker, Han Solo, la princesse Leia et tous les autres dans une aventure située entre les épisodes IV et V. Cette fois, nos héros se rendent sur Kashyyyk, la planète natale de Chewbacca. En chemin, ils croiseront les agents de l'empire.  

La critique :

A l'heure où la saga Star Wars se poursuit via une nouvelle trilogie et plusieurs épisodes alternatifs, Rogue One : A Star Wars Story (Gareth Edwars, 2016) étant le dernier chapitre en date, la franchise initiée par George Lucas compte néanmoins un "vilain petit canard", un opus honteux, ignominieux et par ailleurs embarrassant... Surtout pour George Lucas, pour le moins discret lorsqu'un journaliste, un peu trop sourcilleux, évoque la simple existence de cet épouvantail.
Ce long-métrage - ou plutôt cet épouvantail - se nomme Star Wars Holiday Special, soit Au Temps de la Guerre des Etoiles dans nos contrées hexagonales. A ce jour, ce téléfilm reste largement méconnu du grand public et pour cause... Mais rappelons un peu les faits... Pour mémoire, La Guerre des Etoiles ne devait constituer qu'un seul et unique chapitre.

Mais dès sa sortie, le métrage devient un véritable objet de culte. Après 2001, l'Odyssée de l'Espace (Stanley Kubrick, 1968), La Guerre des Etoiles devient la nouvelle égérie du space opera. En l'espace de quelques semaines, le film se décline en produits dérivés avec sa litanie de tee-shirts, de figurines, de jouets et de bandes dessinées. George Lucas exulte. Bientôt, La Guerre des Etoiles se transmute en Star Wars - Chapitre 4 : Un Nouvel Espoir.
Le producteur griffonne alors les scénarios des deux opus suivants, L'Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi. Pour Lucas, il faut poursuivre le rêve et cette mythologie intergalactique. 
C'est dans cette dialectique et rhétorique qu'est conçu Star Wars Holiday Special. Chronologiquement, cette nouvelle aventure, en forme de téléfilm, se situe entre l'épisode IV et V. 

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A l'origine, la durée initiale de cette pellicule est de 97 minutes, mais en France, elle est raccourcie de 25 précieuses minutes, soit 72 minutes de bobine, au grand désarroi des fans de la franchise. Star Wars Holiday Special est alors diffusé pour la première fois en 1978 sur la chaîne CBS aux Etats-Unis. Hélas ou heureusement - vous choisirez - George Lucas visionne le téléfilm réalisé par les soins de Steve Binder, un vulgaire tâcheron qui s'est essentiellement illustré dans diverses séries télévisées. Ulcéré par la cancrerie du programme diffusé, George Lucas fulmine.
Non seulement, le producteur atrabilaire fait en sorte que le programme ne soit plus jamais diffusé, mais Lucas se charge de faire disparaître toutes les copies disponibles. Ainsi, Star Wars Holiday Special sombre peu à peu dans les affres des oubliettes.

A contrario, certaines copies pirates sont précautionneusement conservées. Au Temps de la Guerre des Etoiles devient alors, malgré lui, un objet rarissime, avidement recherché par les fans et surtout les adeptes de nanars indigestes. Par ailleurs, une grande partie du casting d'Un Nouvel Espoir est présente dans ce téléfilm funambulesque. On retrouve donc Mark Hamill qui ressort tout juste d'un accident de voiture ayant provoqué une paralysie faciale. 
Viennent également s'ajouter Harrison Ford, Carrie Fisher, Peter Mayhew, Anthony Daniels, David Prowse et James Earl Jones. Attention, SPOILERS ! (1)  Chewbacca et Han Solo tentent d'échapper à des Destroyers Stellaires pour pouvoir rentrer sur Kashyyk fêter la Journée de la vie avec la famille de Chewie : Malla, sa femme, Lumpy, son fils, ainsi que son père, Itchy.

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Pendant ce temps sur Kashyyyk, Malla prépare la fête avec l'aide de son fils et de son beau-père. La famille s'inquiète du retard des deux amis. Luke Skywalker, Leia Organa, C-3PO, R2-D2 et Saun Dann vont les aider à traverser cette attente inquiétante. Ils ne vont pas tarder à avoir la visite de Stormtroopers à la recherche de rebelles (1). Pour ceux qui ont détesté La Menace Fantôme (1999) ainsi que d'autres épisodes alternatifs somme toute assez médiocres, entre autres Star Wars : The Clone Wars (Dave Filoni, 2008), ils risquent d'être sacrément ébaubis et désarçonnés par la nullité, la vacuité et l'inanité de Star Wars Holiday Special. A tel point que l'on regretterait presque d'avoir autant semoncé La Menace Fantôme et L'Attaque des Clones (2002). Pour bien cerner toute la stupidité de Star Wars Holiday Special, il faut tout d'abord rappeler son concept, pour le moins famélique.

Histoire de faire patienter les fans jusqu'à la sortie de L'Empire Contre-Attaque, Steve Binder décide de se centrer sur la famille de Chewbacca, la gigantesque boule de poil et surtout le fidèle coéquipier de Han Solo. Nous apprenons donc que Chewbacca a une femme cuisinière, Malla, un fils geignard et pleurnichard, Lumpy et un frère acariâtre, Itchy. Non, ceci n'est pas une mauvaise gaudriole mais bel et bien le point de départ de Star Wars Holiday Special !
Le téléfilm se focalise alors sur les activités culinaires de la marâtre. Hélas, et vous vous en doutez, cette cuisine "wookie" est pour le moins indigeste. Quant à la hutte de Chewbacca, elle ressemble, à s'y méprendre, à n'importe quel habitat humain. Pour préparer ses mets sapides, Malla suit benoîtement les conseils avisés d'un programme de télévision.

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Parallèlement, le spectateur avisé devra supporter les glapissements et les interminables larmoiements d'un Lumpy qui déplore l'absence de son patriarche. Justement, ce dernier est en pleine expédition spatiale et tente d'échapper aux roueries de Dark Vador. Puis de façon brutale, Au Temps de la Guerre des Etoiles oblique vers le film d'animation ! On croit fabuler... Sur ce dernier point, même l'animation se révèle approximative et obsolète. 
Deux questions passionnantes (sic...) restent néanmoins en suspens. Chewbacca va-t-il réussir à retrouver sa famille pour les fêtes de Noël ? Va-t-il pouvoir déguster la dinde "wookie" savamment préparée par son épouse pubescente ? Les réponses sont hélas positives. A cela, s'ajoute un concert hard rock chevroté par un groupe encore plus débile et qui a, heureusement, disparu des écrans-radars. Et clairement, je n'en finirais pas de citer des exemples complètement "nazebroques" de ce genre !
Pour les "nanar men" les plus téméraires ou les plus déraisonnables - vous choisirez -, le téléfilm est facilement disponible aujourd'hui en streaming, mais je décline toute responsabilité !

 

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du téléfilm sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_temps_de_la_guerre_des_%C3%A9toiles